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Jean-Pierre Coffe est connu pour ses colères, ses indignations devant certaines inepties, alimentaires ou autres, du monde moderne. Ecrivain, il a signé une trentaine d’ouvrage, touche à la radio, au théâtre, est chroniqueur dans l’émission de Michel Drucker « Vivement Dimanche ».
Le public sait moins que, derrière le personnage public, se cache un homme de coeur, d’une élégance rare, pour lequel l’entraide n’est pas un mot inconnu.

- Vous avez une relation très particulière avec la Suisse..
Mes premiers souvenirs me viennent de ce pays. Je suis né en 1938, à Lunéville. Mon père a été tué pendant la guerre. Ma petite enfance a donc été difficile. Après la guerre, la Croix-Rouge a invité des orphelins en Suisse. J’ai été accueilli dans le Jura, chez la famille Fleury. C’était dans une ferme, dans laquelle il y avait des vaches, des porcs, des chevaux, des lapins… Je m’y sentais tellement bien que, de retour chez moi, je me suis fait passer pour malade pour y retourner. Finalement, je suis resté presque deux ans chez eux. C’est là que j’ai développé mon goût pour les aliments simples, mais de qualité.
Aujourd’hui, j’ai un cep de vigne à mon nom à Denens, en Suisse, ce village qui a un festival d’épouvantails. Et chaque année, les gens qui s’en occupent m’envoient une bouteille du vin qu’ils en ont tiré. Ce qui me touche beaucoup…

- Au début des années 1970, vous avez créé une association: « Les Grands-Mères au pair ». De quoi s’agissait-il?
J’ai toujours aimé les gens, et j’avais envie d’accomplir une belle action. Le but de cette association était de placer des personnes âgées dans des familles pour les vacances, de leur permettre de changer d’air, de voir du pays. Plus de 5000 personnes ont pu en profiter. J’étais soutenu financièrement par le Ministère des Affaires Sociales. Puis nous avons changé de ministre, et le budget n’a pas été renouvelé.

- Fin de l’expérience?
Ce sont pas des gens riches qui accueillaient les grands-mamans. Il fallait bien payer les billets pour leur permettre de voyager… Pendant quelque temps, j’ai financé l’association de mes propres deniers, puis j’ai fait faillite et j’ai dû arrêter. Mais ça a été une très belle expérience.

- Le goût des autres, en revanche, ne vous a pas quitté…
C’est vrai. Je ne vis pas à la campagne par hasard. Je rencontre des gens sur les marchés. Ce n’est pas signer des autographes qui m’amuse. En général, j’apprends toujours quelque chose, je découvre beaucoup avec les personnes que je rencontre. Elles me parlent de sujets que je ne connaissais pas et cela me plaît beaucoup.

- Dans votre émission de radio « Ca se bouffe pas, ça se mange », vous avez pris souvent position. Parfois même sur des sujets où vous n’étiez pas attendu. Je pense notamment à la nourriture dans les prisons.
Oui. En 2007, nous avons reçu une lettre d’un auditeur qui purgeait une peine de prison, et qui a attiré notre attention sur l’alimentation en milieu carcéral. Je me suis rendu sur place et j’ai consacré une émission au sujet. Pour améliorer leur ordinaire, les détenus peuvent « cantiner », c’est-à-dire acheter de la nourriture. Mais on leur propose tellement de sucreries que beaucoup d’entre eux, y compris chez les femmes, sont obèses. Cela méritait d’en parler.

- Vous menez plusieurs combats depuis des années, notamment sur les conséquences de l’agriculture intensive, les prix trop élevés de l’industrie alimentaire, et de nombreux autres sujets d’utilité publique. Avez-vous le sentiment que les choses évoluent dans le bon sens?
Si je vous dis non, je vais paraître trop modeste. Mais dire oui serait prétentieux. Ce qui me dérange, c’est le fait que je sois très seul à mener ce combat. Je serais en Suisse, je serais acoquiné à un journal de consommateurs car ils ont le mérite d’être indépendants. Les Suisses ont une conscience citoyenne, civique, de l’importance de l’alimentation. En France, j’ai l’impression que cela ne préoccupe pas grand monde. La vache folle a révélé que l’on peut mourir en mangeant. Il y a encore tellement à faire…
Le Projet Nutrition Santé (PNS) s’attarde sur le fait que environ 22% de la population française est obèse, ce qui va poser un véritable problème économique. Qu’il faut prendre en mains sérieusement.

www. jeanpierrecoffe.com

NB: Il faut remettre cet article dans son contexte. Si Jean-Pierre Coffe y parle autant de la Suisse, c’est parce que ce texte était destiné à un journal helvétique.

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