Via Francigena: tous les chemins mènent à Rome

Le pèlerinage de l’archevêque de Canterbury est remis au goût du jour grâce à une association internationale.

En éditant, en 2004, quarante fiches cartographiques géo-culturelles allant de Canterbury au Grand ST-Bernard, l’Association Via Francigena a franchi une étape supplémentaire vers la réhabilitation de l’itinéraire du pèlerinage du même nom. Celui-ci reprend le tracé du voyage entrepris en l’an 990 par Sigéric, archevêque de Canterbury, qui se rendit à Rome afin d’y rencontrer le pape Jean XV, effectuant le parcours avec les pèlerins « Romipètes ».
Les amateurs désireux de suivre la route de ce pèlerinage très fréquenté au 13e siècle, peuvent également se procurer un guide vade-mecum répertoriant les lieux de passage de Londres au Grand St-Bernard en passant par la France. En ce qui concerne le tronçon situé en Italie, la Via recoupe l’itinéraire de Saint-Jacques de Compostelle.
En Suisse, la route entre dans le canton de Vaud par l’Auberson et le quitte à Bex avant de partir dans le Valais. Chaque ville et village traversé est signalé, dans le guide, et accompagné de courtes informations pratiques destinées aux pèlerins, ainsi que de signalisations de sites à visiter. Ce vade-mecum, deuxième du nom, est une concrétisation, le rôle de l’association étant de promouvoir, stimuler de toutes les manières possibles la deuxième vie de la Via Francigena.. D’abord historiquement et culturellement au niveau européen et avec le Conseil de l’Europe.

En 1994, ce Conseil, ou plus exactement le Conseil d’Orientation de itinéraires culturels de l’Europe, a choisi et accepté ce circuit sur présentation du Ministère du Tourisme italien. Depuis, un réseau de travail œuvre pour redonner vie à cette route redécouverte par les pèlerins de toute l’Europe. L’association possède des antennes dans plusieurs pays dont la Suisse. Elle souhaite revaloriser la route des pèlerins et les villes mineures qu’elle traverse en tenant compte de l’aspect culturel, didactique et touristique d’une telle voie. Si la portion italienne a déjà été revalorisée par le balisage d’une partie de la route, il reste encore beaucoup de travail à faire, notamment en Suisse.
Balisage, liste de chambres d’hôtes et d’auberges, éditions de guides: les membres de l’association veulent rendre à la route une importance similaire à celle de Compostelle. Le but est de redécouvrir cette dimension culturelle, de connaissance et de fraternité européenne au travers de la marche.
L’itinéraire n’est bien sûr pas réservé aux marcheurs en quête spirituelle, mais également aux touristes désireux d’effectuer un voyage lent à travers l’Europe.
Après les fiches-étapes de cartographie, l’association travaille sur d’autres publications, dont un « Manuel de la signalisation Via Francigena Européenne », et le « Guide médiéval de la Via Francigena en Valais ».

Martine Bernier

Informations complémentaires: www.via-francigena.org

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