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Archives quotidiennes : 2 février 2009

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Fils de Charlot, Eugene Chaplin est l’un des hommes les plus adorables qu’il m’ait été donné de rencontrer, début 2007. Il porte en lui une gentillesse authentique et une humilité qui le rendent profondément attachant. Amoureux du cirque comme le fut son père, Eugène, l’un des enfants du prestigieux Charlot, il vivait à cette époque au rythme des tournées du cirque Nock. Et m’a livré la douce philosophie qui est la sienne avant de reprendre la route pour une nouvelle saison.

Eugène Chaplin a un sourire rayonnant qui n’est pas sans rappeler celui de son père, l’inoubliable Charlot. Cette référence perpétuelle ne l’agace pas. Fidèle à la mémoire et au talent de son géniteur, cet homme discret a lui aussi fait son chemin, sous d’autres projecteurs.
« J’ai suivi une école de théâtre, en Angleterre, mais j’ai vite compris que l’homme de la situation, ce n’est pas l’acteur , mais celui qui conceptualise le spectacle: le metteur en scène. C’était ma voie. Au cirque, la mise en scène est plus facile. Il n’y a pas de paroles. On joue avec les émotions… »

À Lausanne où le cirque Nock, dont il est régisseur, replantera son chapiteau pour quelques jours ce printemps, l’artiste se confie sans fausse pudeur, tout en délicatesse. Le cirque lui permet d’allier son amour du spectacle avec le goût des autres, son attachement aux animaux et à la nature.

Les animaux, Eugene Chaplin les aime depuis sa plus tendre enfance. Au Manoir de Ban, à Corsier-sur-Vevey, ses parents, Charlie et Oona Chaplin, ont eu à cœur d’entourer leurs enfants de compagnons à quatre pattes. « Nous avions des poneys, des chiens, des chats… Pour les enfants, la présence d’un cochon d’Inde ou d’un hamster, qui sont des animaux qui ne vivent pas très longtemps, les confronte à la mort. La première fois qu’un animal meurt, c’est un drame. La deuxième fois, on pleure, puis, tout en étant toujours triste, on s’habitue. On l’accepte, même si cela fait mal au cœur, et on intègre peu à peu l’idée de la mort. »

Aujourd’hui, C’est Lili, une chienne bouledogue, qui l’accompagne au quotidien. Celle-ci a tout pour plaire, comme son maître l’explique en riant, tout en s’excusant de ne pas pouvoir nous la présenter  » Je suis désolé, Lili n’est pas avec moi. J’ai préféré la laisser à la maison jusqu’ici. Elle est un peu fragile. Elle a déjà 8 ans. Comme les bouledogues ont une vie plus courte que les autres chiens, je préfère la ménager. En dehors de cela, c’est le chien idéal: il dort tout le temps, est très calme et joue deux heures par jour! Le bouledogue a une sale tête, mais il est très affectueux. Lili est très maladroite. Elle passe à travers les baies vitrées, ronfle la nuit, dort avec la langue qui pend. Elle adore s’asseoir devant la cage des tigres et les regarder comme si elle se demandait « je joue avec eux ou je les attaque? ». Elle est drôle et charmante. Et j’avoue que, quand elle n’est pas là, elle me manque. »

Dans le cadre du cirque Nock qu’il accompagne dans sa tournée le metteur en scène côtoie bien d’autres animaux. Ceux de la ménagerie. En la faisant visiter, il s’attarde devant chaque cage, chaque enclos: « Enfant, nous avions deux chevaux miniatures, plus petits encore que ceux que vous voyez ici. Plus tard, nous avons aussi récupéré des cochons vietnamiens, que nous avions appelés Charles et Diana! Ce sont des animaux qui s’éduquent comme les chiens. »
Au passage, Eugène flatte de la main un bœuf de la ménagerie: « Il est spécialement gentil… ». Chez les lamas, il sourit: « Oui, c’est vrai qu’ils crachent, mais rarement. Il ne faut pas les énerver… » Devant la cage aux tigres, il désigne un tigron, croisement entre un tigre et un lion: « C’est Trischa, la plus douce de toutes. Regardez-la… Elle est très attachée à sa compagne de cage. Les tigres sont comme les hommes. Certains s’entendent, d’autres pas… »

L’ADIEU AU MANOIR

A la fin du mois d’avril 2006, Eugène, qui est le cinquième des huit enfants de la famille Chaplin, a quitté le Manoir de Ban. Celui-ci deviendra un musée dédié à son père et au cinéma muet, et pourrait ouvrir ses portes en 2007. Quitter la maison de son enfance et les arbres centenaires du parc représente une page qui se tourne pour le metteur en scène: « J’ai fait le deuil de la maison car je la quitte pour une bonne raison. Avec 24 chambres, l’entretien était trop lourd à supporter. Je l’ai occupée pendant près de dix ans avec mon frère. Mais je ne ressens pas trop de nostalgie. Je vois la vie comme un chapitre, et je me réjouis de découvrir la suite du livre… »

« LA SUISSE EST SI BELLE… »

Depuis qu’il a intégré l’équipe du Cirque Nock comme régisseur, Eugène Chaplin avoue avoir découvert des lieux, en Suisse, où il ne se serait jamais rendu sans cette opportunité. « La Suisse est vraiment très belle… Je connaissais bien l’arc lémanique, mais j’ai complété ma connaissance. Neuchâtel est une belle ville, Fribourg a ses attraits, Bâle est formidable, le Tessin est d’une grande beauté, et les Grisons sont magnifiques… C’est là, en voyant ces sommets de 4000 mètres où la neige commence à fondre, que j’ai vraiment réalisé ce qu’était le réchauffement de la planète. Je ne suis pas spécialement Vert, mais il y a matière à réfléchir. Selon moi, la nature va prendre les choses en main, comme toujours. Il va y avoir des bouleversements climatiques qui feront malheureusement des victimes. Puis une nouvelle vie recommencera. Je sais que, à la fin, la nature sera la plus forte… »

Martine Bernier

+ D’INFOS

- Toutes les dates de la tournée du cirque Nock se retrouve sur le site: www.nock.ch
- Pour en savoir davantage sur le musée Chaplin, aujourd’hui ouvert: http://www.chaplinmuseum.com/

Le bruit n’est pas une fatalité. Les nuisances sonores peuvent être atténuées grâce à des travaux dans la maison, ou l’extérieur.

Chacun d’entre nous aspire légitimement, en rentrant chez lui, à un minimum de tranquillité. Mais beaucoup subissent des nuisances sonores, au point de souffrir de stress ou de problèmes physiques.
Les bruits sont classés en deux catégories: ceux qui viennent de l’extérieur et ceux qui sont issus de l’intérieur. Les valeurs limites des bruits extérieurs font l’objet d’une ordonnance fédérale (Ordonnance sur la Protection contre le Bruit), tandis que d’autres, comme les installations sportives ou les places de jeux, ne sont pas directement réglementés. Lorsque les émissions de bruits extérieurs dépassent la norme tolérée, il devient nécessaire de prendre des mesures d’assainissement et d’isolation acoustique. Mieux encore: lorsque l’on dépasse les valeurs d’alarme, les responsables des lieux se trouvent dans l’obligation d’assainir immédiatement en prenant d’abord des mesures de limitation des émissions, puis au niveaude la propagation, et enfin en intervenant sur les bâtiments eux-mêmes.

À Lausanne, le bureau d’ingénieur Gilbert Monay, est l’un des plus importants de Suisse dans le domaine de l’acoustique. Le maître des lieux y travaille avec plusieurs collaborateurs, dont le Dr Victor Desarnaulds, acousticien, diplômé de la Société Suisse d’Accoustique. Cité en référence dans de nombreux ouvrages et revues scientifiques internationales, il a fait de la lutte contre le bruit une véritable vocation.
« Légalement, explique-t-il, c’est au propriétaire de l’installation de l’assainir ou aux responsables de la source de bruit d’intervenir en fonction de l’importance du dépassement des valeurs limites d’immission, du nombre de personne touchées et du rapport coût-utilité . Si vous voulez bâtir dans une zone bruyante, vous devez vous protéger contre le bruit au moment où les valeurs limites d’immissions sont dépassées. Mais si vous emménagez dans un immeuble où le bruit est difficilement supportable, vous pouvez commander une étude pour contrôler les valeurs d’immission. En fonction des résultats, vous pouvez écrire à votre canton ou votre commune pour lui demander d’intervenir. Les demandes sont étudiées au cas par cas. En principe, les travaux d’assainissement de la zone sont subventionnés par la Confédération. Certains propriétaires, qui ne sont pas d’accord d’attendre, font construire à leurs frais des murs de protection, par exemple, avec l’accord des voisins. Ils se font rembourser ensuite. »

Dans votre propre maison, si les bruits extérieurs vous gênent, vous pouvez avoir recours à des solutions pratiques. Fermer les balcons, si vous en possédez devant votre chambre ou votre salon, pour les transformer en loggias non chauffées diminue considérablement les nuisances sonores. « Vous pouvez également faire installer des fenêtres fixes avec ventilation extérieure, précise Gilbert Monay. Il existe des dispositifs que l’on peut adjoindre aux fenêtres, mais, dans ce cas, il faut une ventilation suffisante pour les pièces, sans quoi vous aurez des problèmes de condensation et d’hygiène de l’air . Pour isoler du bruit, une fenêtre doit disposer de très bons joints. Mais, dans les bâtiments anciens, l’aération se fait justement par les joints. Il faut donc trouver un équilibre entre l’économie d’énergie, la qualité de l’air et la protection des nuisances sonores. »
Si vous avez la chance de prévoir la construction de votre propre demeure, demandez à votre architecte d’être très attentif à la disposition des pièces. Le hall, la cuisine ou la salle de bains ne souffriront pas d’être situés du côté de la route, mais les chambres, elles, seront mieux protégées à l’opposé de la maison. Si votre maison doit être mitoyenne, veillez à ce qu’un mur double vous sépare de vos voisins, construit de telle façon que les transmissions latérales par la façade ou la toiture soient correctement interrompues. Pour les murs comme pour les planchers, c’est la masse de l’objet qui vous protégera du bruit (en particulier aux basses fréquences). Plus il sera épais, mieux il vous isolera. Une structure double bien désolidarisée améliore notablement l’isolation. Ainsi, une chape flottante bien isolée sur la dalle permet une isolation optimale. Pour compléter l’efficacité des planchers, il faut être attentif au choix des revêtements de sol, sachant que, par exemple, la moquette diminue notablement les bruits de chocs (bruits de pas ou déplacement de meubles), si la structure est lourde (par ex. béton).
Si vous souhaitez que votre future demeure soit conçue pour être bien protégée des nuisances sonores, vous pouvez demander une étude acoustique à un bureau d’ingénieurs spécialisé. Ces mandats concernent notamment les bâtiments en PPE (Propriété par Etage) pour lesquels les ingénieurs établissent des cahiers des charges pour chaque corps de métier concerné. Chaque détail est ainsi étudié, et surveillé, si nécessaire, en cours de construction. Pour l’intérieur d’un logement ou d’une école, aucune obligation légale n’est imposée, mais des recommandations sont faites.

Dans un appartement en ville, le niveau du bruit moyen extérieur diurne toléré par l’ordonnance fédérale est de 65 décibels. L’exigence minimale en matière d’isolation à l’intérieur des bâtiments est de 52 décibels pour les bruits aériens et 55 dB pour les bruits de chocs. Ces valeurs correspondent à protection de la santé, mais pas à une garantie de confort pour la majorité de la population. C’est l’une des raisons pour lesquelles une commission, dont fait partie Victor Desarnaulds, travaille depuis cinq ans à l’élaboration de la nouvelle norme SIA 181 (Protection contre le bruit dans le bâtiment). Leur travail touche à sa fin, et cette norme, plus stricte et plus complète que la précédente, devrait être mise en vigueur d’ici le début de l’année 2005. Tout en tenant compte du fait que, plus la norme est exigente, plus les coûts renchérissent…

Martine Bernier

Encadré

À quoi correspondent les décibels?

Sur une échelle allant de 5 (seuil d’audibilité) à 135 décibels (seuil de douleur), où se situent les bruits de notre quotidien? La réponse est parfois surprenante:

- 25 décibels: chambre à coucher durant la nuit.
- 35 décibels: salle de lecture d’une bibliothèque.
- 45 décibels: salle de séjour en zone de banlieue.
- 55 décibels: bureau commercial typique.
- 65 décibels: conversation normale.
- 75 décibels: trafic moyen à un carrefour.
- 85 décibels: à l’intérieur d’un autobus.
- 95 décibels: à l’intérieur d’un train métro.
- 105 décibels: chaudronnerie.
- 115 décibels: corne de voiture bruyante.
- 125 décibels: marteau piqueur.

Du dentifrice à l’ordinateur en passant par les murs et les vêtements, elles sont partout. Les couleurs nous aident à donner vie à nos logis, et contribuent à notre bien-être. Mais comment bien les choisir?

Pour Pierre Van Obberghen, l’influence des couleurs sur notre quotidien est permanente. Ce bio énergéticien, acupuncteur et homéopathe belge, genevois d’adoption, consacre sa vie depuis quinze ans à la couleur et la lumière. Fondateur de l’Institut de Couleur Thérapie, à Genève, il a développé un système de diagnostique et de traitement composés d’un « test des couleurs » et d’un procédé inédit de soins par la lumière colorée. Il donne ainsi des cours en Suisse, en France, en Norvège et en Autriche, enseignant la théorie, la symbolique et la psychologie des couleurs.
D’entrée, il précise: « Il faut savoir que les trois couleurs primaires sont le magenta, le jaune et le cyan, et non le rouge, le bleu et le jaune comme on a pu l’apprendre. À partir de ces trois couleurs, vous pouvez créer toutes les autres. En revanche, essayez de mélanger du rouge et du bleu dans l’espoir d’en faire un beau violet: vous comprendrez très vite que ce n’est pas possible. »
Partant de cette base, Pierre Van Obberghen étudie depuis des années le regard que ses congénères portent sur les couleurs. Aujourd’hui, il pense que chacun de nous associe inconsciemment à différentes couleurs certaines parties de son corps, de son esprit et de son émotion. Ce qui explique que nous pouvons éprouver des sensations de bien-être ou de mal-être selon la couleur qui nous est présentée.
« Dans notre vie de tous les jours, les couleurs jouent un rôle important, analyse-t-il. Raison pour laquelle il faut porter une attention toute particulière à la décoration de chacune des pièces de nos maisons et appartements. Pour s’y sentir le mieux possible, il faut choisir les couleurs adaptées. Pour une chambre à coucher, je conseille le bleu. C’est une couleur apaisante, elle représente la nuit, l’évasion, le rêve. Je la surnomme « le prince Valium » de la couleur! Elle incite à la détente. Si vous êtes attentifs, vous verrez que même dans les médicaments, la symbolique est respectée. Vous ne verrez pas une vitamine bleue ou un calmant rouge. Si la personne se réveille fatiguée ou se sent peu tonique dans sa chambre bleue, elle peut y ajouter des touches de couleurs vives, comme un coussin jaune ou rouge. »

Autre pièce, autre horizon. Dans la cuisine, le bleu n’a pas sa place. « Il est plus indiqué d’y introduire le jaune ou l’orange, poursuit le thérapeute. Ce sont des couleurs festives, stimulantes. Elles incitent à la convivialité. De même, ces couleurs ont leur place dans la salle à manger. Le jaune, tonique, est également bien adapté pour un bureau. Il clarifie l’esprit, est très stimulant. »
Au salon, les choses se compliquent: tout dépend de l’ambiance dont chacun a envie. « Si l’on veut du calme, il faut opter pour des couleurs froides, comme le bleu. Si, au contraire, vous voulez y exprimer la chaleur, l’énergie, vous choisirez du rouge, du rose, du magenta pour l’intimité. Ces dernières couleurs portent au sentimental, aux relations affectives. Mais il faut être très prudent pour les pièces communes, et tenir compte de l’avis de chacun. »

Pour une chambre d’enfant, le chromothérapeute préconise le magenta, et toutes les teintes rosées qui symbolisent l’innocence, la protection. Pas question, en revanche d’imposer une couleur à un adolescent: « Demandez-lui quelle teinte il souhaiterait pour sa chambre et donnez-la lui. En le laissant choisir, il se sentira bien dans la pièce. De toute façon, la couleur qu’il va choisir sera en rapport avec ses besoins. »
Symbole de la nature, le vert n’a sa place dans nos logis qu’à certains endroits bien précis. « C’est la couleur de l’indépendance, de la liberté, de l’espace. Je le mettrais plutôt dans les couloirs, les lieux de passage. Par exemple, vous pouvez peindre les encadrures de portes en vert légèrement acidulé. Le turquoise, qui symbolise l’élément liquide, est aussi adapté pour la salle de bains. »
Si toutes les couleurs ont un rôle, Pierre Van Obberghen nuance cependant son discours. Vivre en harmonie avec elles ne veut pas dire qu’il est nécessaire de repeindre son appartement en jaune citron, bleu azur, vert pomme et rouge cerise. « Un appartement blanc est tout à fait adapté, explique-t-il, parce qu’il permet de jouer avec toutes les autres couleurs, grâce à des accessoires. Vous pouvez accrocher des tableaux, mettre des coussins, des vases colorés. Autant d’objets que vous pouvez changer au fil du temps. C’est une couleur légère, qui reflète toutes les teintes de la lumière. »
Si le noir n’est pas nommé dans les couleurs préconisées pour un intérieur, Pierre Van Obberghen ne le rejette pas pour autant. « Tous les pigments colorés sont mélangés dans le noir. C’est la couleur de la matière, elle a tous les potentiels. Une personne qui s’habille en noir absorbe la lumière, choisi la nuance de la solidité. »
Parmi les tests qu’il effectue sur ses clients et élèves, le chromothérapeute estime que 80 % des résultats sont stables. « Le goût d’une personne pour une couleur varie rarement. Il ne change généralement qu’aux grandes étapes de la vie, comme à l’adolescence, par exemple. Il existe donc peut de chance pour que l’on se lasse d’une couleur, pour peu qu’elle ait été choisie avec soin. En tenant compte du fait que chaque personne a une relation personnelle avec les couleurs, et que les besoins de l’un ne seront pas ceux de l’autre. »

Martine Bernier

Pour plus d’information: www.color-institute.com