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Archives quotidiennes : 16 février 2009

L’un des éléments de l’attirail féminin qui semble le plus fasciner les hommes porte un nom de trois lettres: le sac.
Les miens, pour mériter de faire leur apparition au Panthéon des sacs de ma vie, doivent répondre à quelques critères essentiels.
Ils doivent être munis d’une bandoulière, être légers, remplis de poches et de compartiments, si possible pas trop laids, et, surtout, être grands… aussi grands que possible.

Tout homme  semble intrigué par cet objet indéfinissable.
Il faut dire que les sacs qui partagent mon existence semblent être tout droit sorti d’un film d’Indiana Jones.
Couleur indéfinissable naviguant entre caramel et rouille, look de besace d’aventurier, le sac qui m’accompagne en ce moment  est rempli de multiples objets absolument e-ssen-tiels à ma survie!
Et, vu son poids, donne l’illusion, à chaque fois que je pars avec lui, que je m’apprête à affronter un trekking de trois semaines dans la jungle amazonienne.

Les hommes semblent souvent habités par la perplexité la plus intense lorsqu’ils s’attardent sur ces tas informes et mystérieux qui pendouillent à nos épaules et que nous emmenons partout avec nous.
Eux n’ont besoin que d’une poche de pantalon et d’un étui à téléphone pour être prêts à affronter leur quotidien.
Et s’interrogent visiblement sur le contenu de nos précieux paquets.

Mais qu’y a-t-il donc dans le sac des femmes!?
Impossible de dévoiler ici ce secret bien gardé par des générations féminines depuis la création du premier sac à main (ou à épaule, en l’occurence!).
Toujours est-il que si, autour de moi, quelqu’un souffre de mal de tête, a besoin d’un mouchoir, de monnaie, d’un stylo, d’un carnet. d’une lampe de poche, d’un couteau suisse, d’une plante d’appartement ou d’un balai (non, je m’égare.. je vous laisse deviner à partir d’où!) etc, je peux toujours voler à son secours.

L’homme  est très bien élevé. Ou très prudent.
S’il pose parfois sur l’objet un regard vaguement amusé, il sait qu’il risque gros à se moquer de lui.
Il est deux sujets sur lesquels je suis chatouilleuse: mon chien et mon sac!
On ne se moque ni de l’un, ni de l’autre, fouchtra!
Même (ou surtout) s’ils sont aussi atypiques l’un que l’autre…
Bien sûr, mes sacs ressemblent un peu à celui duquel Mary Poppins sortait les objets les plus insensés.
Mais même si  leur contenu est digne d’un inventaire à la Prévert, il a son importance.
Car à quoi ressembleraient les poches de nos hommes si les femmes ne cachaient dans leurs sacs tous ces menus objets qui garantissent leur confort à l’extérieur?
Mmmm?
Songez-y, ô Hommes, avant de vous gausser…
Sans nous, vous risqueriez de prendre l’aspect de kangourous ventripotents.
Ce qui serait infiniment dommage.

Martine Bernier

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HUMOUR ET TENDRESSE D’UN COUPLE MERE-FILS

La BD redécouvre la tendresse avec la naissance d’un petit personnage attachant: Pico Bogue. Sa particulatité? Il est né de l’imagination d’une mère, Dominique Roques, 60 ans, et de son fils, Alexis Dormal, 31 ans. L’une écrit, l’autre dessine, racontant leur vie de famille. C’est bourré d’humour, attendrissant, tonique… Chaque parent et chaque enfant peut se retrouver dans cet album réconfortant qui fleure bon, à chaque page, la formidable complicité existant entre ce couple mère-fils. Une BD délicieuse, destinée autant aux enfants qu’aux adultes, qui, une fois lue, laisse derrière elle un sillage de bien-être.
Rencontre avec deux Belges pour lesquels la douceur a encore un sens.

Les mésaventures de Pico sont-elles autobiographiques?
D.R: Il s’agit de nous dans la mesure où nous avons tous les personnages en chacun de nous. Tous les événements décrits ne nous sont pas arrivés, mais, oui… “nous sommes cela”!

- Et Pico, ce petit bonhomme drôle, à l’esprit de répartie saisissant et à la chevelure en bataille, c’était donc Alexis? 
D.R: Oui! Quand il était petit, il était ainsi, mais la société a modifié son caractère. Pour les cheveux, c’est moi qui les lui coupait, ce qui explique le résultat! Et puis, ce petit renflement que vous voyez au-dessus de la bouche de Pico, il l’avait lui aussi…

- Comment est né Pico? 
A.D: Maman m’a un jour montré ce qu’elle écrivait. J’ai découvert les personnages et j’ai pris les histoires de plein fouet. Ma mère a toujours eu un style d’écriture qui n’appartient qu’à elle. J’ai donc essayé de construire des personnages qui répondaient à l’humanité et à l’humour de ses textes. Pour cela, je me suis éloigné du réalisme, j’ai introduit la folie des cheveux, le petit côté sage du visage, la douceur du geste, mais aussi la vivacité du mouvement. Nous avons mis deux ans pour finaliser l’album.

- Alexis, comment voyez-vous votre mère? 
J’ai eu, avec mon frère, une enfance très heureuse. Maman a toujours été très proche de nous, nous parlions beaucoup. J’ai toujours considéré son esprit comme une oasis dans un monde où même les enfants jouent aux adultes. Un monde qui me donne l’impression qu’il faut se déshumaniser le plus possible pour pouvoir exister. Notre mère nous apportait tout le contraire…

- Et vous, Dominique, quel regard portez-vous sur votre fils?
D.R: Il est diplômé d’une école de cinéma, mais a bifurqué. Dans cet univers où l’on brasse beaucoup d’argent, il faut être doté d’un brin de méchanceté pour se faire sa place… et il est incapable de l’avoir. Il a ensuite suivi une école de dessin. A cette époque, je me faisais du souci pour lui: percer dans la bande dessinée n’est pas simple. Mais il a du talent, et une belle sensibilité…

- La famille de Pico se compose également de son papa et de sa petite soeur, “Ana Ana”. Alors que, dans la vie, vous avez un frère. Pourquoi avoir introduit ce personnage?
A.D: Cette petite soeur est née de l’envie qu’en avait Dominique! Elle est le symbole d’un certain féminisme. Elle est plus fonceuse que Pico, plus vive, mais elle a aussi un côté très touchant, très tendre.

- D’ailleurs, la relation entre le frère et la soeur est très belle, à la fois complice mais réaliste! Pico ressent parfois une pointe d’agacement pour cette petite tornade blonde… La relation ressemble à celle que vous aviez avec votre frère? 
A-.D: Oui ! Maman a travaillé pour que Jérôme et moi ne nous chamaillions pas. Cela nous a permis de développer une belle relation. Il est d’ailleurs aujourd’hui notre premier critique!

- Ce premier album est un bijou de fraîcheur, d’humour et de poésie. Quel a été votre objectif en le réalisant?
D.R: Nous ne voulions surtout pas donner de leçons ni tomber dans la mièvrerie. Mais raconter la vie de famille sur un mode à la fois amusant et proche de la réalité.
A.D: On ne se souvient pas exactement comment cela se passait, dans l’enfance… Mais on se rappelle de certaines souvenirs, de l’atmosphère. Je crois que, ce petit garçon, je le suis toujours. Et j’aime savoir que ce livre peut être lu autant par les ados que par leurs parents, et créer une complicité.

Martine Bernier

Pico Bogue: “La Vie et Moi”, Dominique Roques et Alexis Dormal, Ed. Dargaud.
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