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Le bruit n’est pas une fatalité. Les nuisances sonores peuvent être atténuées grâce à des travaux dans la maison, ou l’extérieur.

Chacun d’entre nous aspire légitimement, en rentrant chez lui, à un minimum de tranquillité. Mais beaucoup subissent des nuisances sonores, au point de souffrir de stress ou de problèmes physiques.
Les bruits sont classés en deux catégories: ceux qui viennent de l’extérieur et ceux qui sont issus de l’intérieur. Les valeurs limites des bruits extérieurs font l’objet d’une ordonnance fédérale (Ordonnance sur la Protection contre le Bruit), tandis que d’autres, comme les installations sportives ou les places de jeux, ne sont pas directement réglementés. Lorsque les émissions de bruits extérieurs dépassent la norme tolérée, il devient nécessaire de prendre des mesures d’assainissement et d’isolation acoustique. Mieux encore: lorsque l’on dépasse les valeurs d’alarme, les responsables des lieux se trouvent dans l’obligation d’assainir immédiatement en prenant d’abord des mesures de limitation des émissions, puis au niveaude la propagation, et enfin en intervenant sur les bâtiments eux-mêmes.

À Lausanne, le bureau d’ingénieur Gilbert Monay, est l’un des plus importants de Suisse dans le domaine de l’acoustique. Le maître des lieux y travaille avec plusieurs collaborateurs, dont le Dr Victor Desarnaulds, acousticien, diplômé de la Société Suisse d’Accoustique. Cité en référence dans de nombreux ouvrages et revues scientifiques internationales, il a fait de la lutte contre le bruit une véritable vocation.
« Légalement, explique-t-il, c’est au propriétaire de l’installation de l’assainir ou aux responsables de la source de bruit d’intervenir en fonction de l’importance du dépassement des valeurs limites d’immission, du nombre de personne touchées et du rapport coût-utilité . Si vous voulez bâtir dans une zone bruyante, vous devez vous protéger contre le bruit au moment où les valeurs limites d’immissions sont dépassées. Mais si vous emménagez dans un immeuble où le bruit est difficilement supportable, vous pouvez commander une étude pour contrôler les valeurs d’immission. En fonction des résultats, vous pouvez écrire à votre canton ou votre commune pour lui demander d’intervenir. Les demandes sont étudiées au cas par cas. En principe, les travaux d’assainissement de la zone sont subventionnés par la Confédération. Certains propriétaires, qui ne sont pas d’accord d’attendre, font construire à leurs frais des murs de protection, par exemple, avec l’accord des voisins. Ils se font rembourser ensuite. »

Dans votre propre maison, si les bruits extérieurs vous gênent, vous pouvez avoir recours à des solutions pratiques. Fermer les balcons, si vous en possédez devant votre chambre ou votre salon, pour les transformer en loggias non chauffées diminue considérablement les nuisances sonores. « Vous pouvez également faire installer des fenêtres fixes avec ventilation extérieure, précise Gilbert Monay. Il existe des dispositifs que l’on peut adjoindre aux fenêtres, mais, dans ce cas, il faut une ventilation suffisante pour les pièces, sans quoi vous aurez des problèmes de condensation et d’hygiène de l’air . Pour isoler du bruit, une fenêtre doit disposer de très bons joints. Mais, dans les bâtiments anciens, l’aération se fait justement par les joints. Il faut donc trouver un équilibre entre l’économie d’énergie, la qualité de l’air et la protection des nuisances sonores. »
Si vous avez la chance de prévoir la construction de votre propre demeure, demandez à votre architecte d’être très attentif à la disposition des pièces. Le hall, la cuisine ou la salle de bains ne souffriront pas d’être situés du côté de la route, mais les chambres, elles, seront mieux protégées à l’opposé de la maison. Si votre maison doit être mitoyenne, veillez à ce qu’un mur double vous sépare de vos voisins, construit de telle façon que les transmissions latérales par la façade ou la toiture soient correctement interrompues. Pour les murs comme pour les planchers, c’est la masse de l’objet qui vous protégera du bruit (en particulier aux basses fréquences). Plus il sera épais, mieux il vous isolera. Une structure double bien désolidarisée améliore notablement l’isolation. Ainsi, une chape flottante bien isolée sur la dalle permet une isolation optimale. Pour compléter l’efficacité des planchers, il faut être attentif au choix des revêtements de sol, sachant que, par exemple, la moquette diminue notablement les bruits de chocs (bruits de pas ou déplacement de meubles), si la structure est lourde (par ex. béton).
Si vous souhaitez que votre future demeure soit conçue pour être bien protégée des nuisances sonores, vous pouvez demander une étude acoustique à un bureau d’ingénieurs spécialisé. Ces mandats concernent notamment les bâtiments en PPE (Propriété par Etage) pour lesquels les ingénieurs établissent des cahiers des charges pour chaque corps de métier concerné. Chaque détail est ainsi étudié, et surveillé, si nécessaire, en cours de construction. Pour l’intérieur d’un logement ou d’une école, aucune obligation légale n’est imposée, mais des recommandations sont faites.

Dans un appartement en ville, le niveau du bruit moyen extérieur diurne toléré par l’ordonnance fédérale est de 65 décibels. L’exigence minimale en matière d’isolation à l’intérieur des bâtiments est de 52 décibels pour les bruits aériens et 55 dB pour les bruits de chocs. Ces valeurs correspondent à protection de la santé, mais pas à une garantie de confort pour la majorité de la population. C’est l’une des raisons pour lesquelles une commission, dont fait partie Victor Desarnaulds, travaille depuis cinq ans à l’élaboration de la nouvelle norme SIA 181 (Protection contre le bruit dans le bâtiment). Leur travail touche à sa fin, et cette norme, plus stricte et plus complète que la précédente, devrait être mise en vigueur d’ici le début de l’année 2005. Tout en tenant compte du fait que, plus la norme est exigente, plus les coûts renchérissent…

Martine Bernier

Encadré

À quoi correspondent les décibels?

Sur une échelle allant de 5 (seuil d’audibilité) à 135 décibels (seuil de douleur), où se situent les bruits de notre quotidien? La réponse est parfois surprenante:

– 25 décibels: chambre à coucher durant la nuit.
– 35 décibels: salle de lecture d’une bibliothèque.
– 45 décibels: salle de séjour en zone de banlieue.
– 55 décibels: bureau commercial typique.
– 65 décibels: conversation normale.
– 75 décibels: trafic moyen à un carrefour.
– 85 décibels: à l’intérieur d’un autobus.
– 95 décibels: à l’intérieur d’un train métro.
– 105 décibels: chaudronnerie.
– 115 décibels: corne de voiture bruyante.
– 125 décibels: marteau piqueur.

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