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Archives mensuelles : mars 2009

Lorsque je suis arrivée dans mon nouveau lieu de vie, j’ai fait rapidement la connaissance de mes voisins les plus proches.
Et particulièrement de leurs enfants.
A eux deux, les deux couples en ont quatre: Johann et sa grande soeur, la ravissante Aurore. De l’autre, Théo, le plus petit qui doit avoir 6 ou 7 ans, et Clément, d’une dizaine d’années, deux garçonnets dont je ne suis séparée que par un muret.

A ces trois petits garçons viennent s’ajouter leurs copains, avec lesquels ils aiment jouer au foot et discuter longuement, assis devant la maison.

Théo a une bouille bien éveillée. De temps en temps, il laisse une pomme de pin ou un joli caillou sur le petit mur qui entoure ma maison, vient grignoter un biscuit (il aime les « Petits Princes ») devant chez moi, l’air nonchalant, en attendant que je sorte pour se précipiter à ma rencontre. Plus jeune que le reste de la bande, il les suit partout, développe un caractère affirmé, histoire de montrer qu’il existe lui aussi.

Un jour de la semaine dernière, je leur ai montré, à lui et à Johann, les trésors de l’une de mes boîtes: une armée de petits trolls aux cheveux colorés, que l’on fixe au bout d’un crayon ou sur la porte des frigos, selon les cas. Je leur en ai donné en précisant qu’ils pouvaient revenir en chercher quand ils le voulaient.

Hier soir, alors que j’emmenais Scotty (le chien qui n’a toujours pas compris qu’il était un chien) respirer une dernière fois le doux parfum des pissenlits et des pâquerettes du jardin (oui, je sais, elles ne sentent pas, ces fleurs-là. Seulement c’est MOA qui écrit! Donc, elles ont un doux parfum), Théo m’a interpellée:

- Martiiiiiiiiiiine!!!

J’étais secrètement contente: ils commencent à utiliser mon prénom, ils se sentent bien avec moi. Avec son frère, ils m’ont regardée, de l’autre côté du mur qui leur arrive, selon la taille, aux épaules ou au front. Ils portaient chacun une robe de chambre par dessus leurs vêtements. Un look tout à fait fashion!
Je me suis approchée, les ai salués, et le benjamin, toujours aussi gouailleur, m’a demandé, sans détours: « Dis, on peut venir chez toi chercher des trolls? »
J’ai accepté: « Oui, on peut venir chez moi! » et ils ont escaladé le mur pour passer dans mon jardin, en un clin d’oeil. Les voir galoper dans l’herbe en direction des baies vitrées me ravit.
Nous sommes entrés dans le bureau où Théo a ouvert le petit tiroir du minuscule meuble dans lequel je pose mes cadeaux à leur intention.
Chacun en a pris deux. Clément était un peu plus timide: ce n’était que la deuxième fois qu’il faisait irruption dans la maison.
Or, tous sont très bien élevés par des parents attentifs qui leur ont laissé pour consigne de ne pas m’envahir!

Nous avons échangé quelques mots, puis ils ont filé comme des lapins en direction du mur qu’ils ont enjambé en un autre clin d’oeil. Ni vu ni connu, leurs parents n’ont pas remarqué leur disparition momentanée!

Ces gamins, pour moi, c’est le Club des Cinq ou le Clan des Sept, au choix. Ils ont l’insouciance de leur âge, ne sont même pas bruyants, et apportent dans le quartier un petit air de vacances permanent dès qu’ils sont dans les parages.

J’ai envie d’installer un barbecue dans le jardin et de convier les autres habitants des alentours.  Mes voisines m’ont avertie: « nous, nous sommes les voisins du bout de l’allée, nous formons une communauté à part », que je suis très honorée d’avoir intégrée! Mais découvrir ce qui se passe au-delà de la frontière de la deuxième maison est bien aussi. Pour le moment, à part eux et le propriétaire de Benko, le labrador chocolat qui hante mon jardin dès qu’il arrive à échapper à la vigilance de ses maîtres, je n’ai pas encore rencontré les autres habitants de l’allée.

En attendant, je vous laisse: je vais mettre des bonbons dans le tiroir aux trolls….

Martine Bernier

Ce matin, dans l’actualité, j’avais le choix entre un massacre dans une maison de retraite, aux Etats-Unis, et la dernière lubie de bergers anglais. Sachant que la première nouvelle n’allait pas contribuer à remonter le moral de la planète, et que tous les médias du monde allaient s’emparer goulûment de l’annonce de ce nouveau drame meurtrier, j’ai préféré les moutons.

Donc, un groupe de bergers a transformé un troupeau en tableau vivant en équipant chaque animal d’ampoules électriques, lumineuses dans la nuit. Cela donne l’image d’un mouton géant et mobile, puis une reproduction de la Joconde.

Intriguée, j’ai eu envie de voir l’expérience, et j’ai visité le lien ci-dessous. Première constatation, ce ne sont pas les bergers qu’il faut féliciter pour leur « talent », mais leurs chiens. En effet, sans le travail des border collie, ces fabuleux chiens de troupeaux réputés pour figurer parmi les animaux les plus intelligents qui soient, ils ne seraient jamais arrivés à rien.

Deuxième constatation: les moutons n’aiment pas se transformer en modèles malgré eux si j’en crois leur comportement affolé. Vous allez me dire « c’est normal, ils ont toujours l’air affolés lorsqu’ils sont contraints de se déplacer. » C’est vrai. Il n’empêche que j’ai rarement vu l’égérie d’un peintre prendre la pose avec aussi peu d’enthousiasme.

Troisième constatation: j’espère que, lorsque les caprins ont enfin pu regagner leur bergerie dans la nuit, on a pensé à éteindre la lumière qu’ils avaient sur le dos. Si en plus les moutons devaient devenir insomniaques à cause de la fibre artistique des hommes… où allons nous! Il n’y a décidément pas moyen d’avoir la paix en ce monde. Même les brebis ne sont pas à l’abri… qui l’eut cru!

 

Martine Bernier

 

 

http://www.zigonet.com/mouton/des-moutons-lumineux-jouent-a-pong-et-se-prennent-pour-la-joconde_art4642.html

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Un jour, je suis tombée sur l’émission « Nouvelle Star », que je ne regardais jamais, en zappant, par hasard. Je suis tombée sur un garçon qui ressemblait tellement à mon fils aîné que, pendant quelques secondes, j’ai cru que c’était lui. Déguisé, mais lui. Un pull à rayures improbable, un sourire timide mais pétillant, une façon de se mouvoir particulière: le personnage m’a intriguée. Jusqu’au moment où il s’est mis à chanter. J’ai été envoûtée et, depuis cela n’a pas cessé. Comme des centaines de milliers de spectateurs, je venais de découvrir Christophe Willem.

Tout le monde connaît l’histoire. Une voix sublime, androgyne, un talent fou… et ce jeune homme a gagné l’émission, que je n’ai plus jamais regardée depuis, d’ailleurs. Il a sorti un disque, très attendu, très soigné, étonnant, a remporté un succès énorme et a pris la route pour se lancer dans une tournée délirante.

Je suis allée assister à deux de ses concerts. Et j’en suis sortie totalement séduite. Il y a la voix, oui, pure, juste, capable de tout, une musicalité prodigieuse, un talent à couper le souffle, un sens de l’interprétation magistral. Et puis il y a le reste, qui rend cet OVNI tellement attachant. Un bonheur de chanter manifeste, une immense générosité par rapport à son public, un naturel désarmant, un humour à fleur de peau, une personnalité charismatique en diable, une énergie phénoménale… Il est la joie de vivre incarnée. Et, en prime, est servi par une intelligence et un sens de la répartie qui lui permettent de tenir vaillamment l’épreuve des interviews.

Oui, j’avoue, je suis une inconditionnelle. Ses concerts sont des moments de délire pur. Je n’aime pas tout ce qu’il chante, non: j’aime la manière dont il le chante.

Son prochain disque sortira dans quelques semaines, et la machine marketting est en marche. L’une des chansons, « Berlin », est déjà diffusée sur les ondes. Une musique électro qui ne va pas forcément plaire, nous annonce-t-on en préambule. Et comme, sur le disque, sa voix ne permet plus, par moment, de savoir si c’est un homme ou une femme qui chante, il sait déjà que les sempiternelles questions sur son identité sexuelle vont reprendre. Comme ce fut le cas de Patrick Juvet alors qu’il cartonnait avec « Où sont les femmes »..

Personnellement, son identité sexuelle, je m’en moque pourvu qu’il soit heureux. En revanche, qu’est-ce j’adorerais l’écouter un jour dans un répertoire soul ou jazzy. Il peut tout chanter, l’a prouvé à maintes reprises. Et ceux qui l’ont entendu interpréter les chansons monumentales qu’il présentait au cours de l’émission qu’il a gagnée meurent d’envie de le réentendre dans ce genre de répertoire…

Mais bon, s’il veut nous emmener sur la route de l’électro nous l’y accompagnerons. Etouffer un tel phénomène serait criminel. Et puis, quand on aime, on s’adapte…

A propos: j’ai écouté « Berlin »… et j’ai aimé.

 

Martine Bernier