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Dans l’actualité, on reparle de Ronnie et Donnie Galyon, les jumeaux siamois les plus âgés du monde.
Ces deux frères sont nés attachés par le sternum et l’aine, en 1951.
Leurs chances de survie ne dépassaient pourtant pas une nuit, avait prédit les médecins. Et pourtant…
A bientôt 58 ans, ils sont aujourd’hui les frères siamois les plus âgés du monde
Ronnie et Donnie ne savent ni lire ni écrire.
Comment ont-il gagné leur vie jusqu’ici?
De l’une des manières les plus tristes qui soient…
Leur père les a présentés dans des foires durant leur enfance, et ils ont continué à le faire.
De temps en temps, ils passent à la télévision, refusant d’être opérés pour être séparés.
Vous pouvez chercher partout sur le Net, vous n’apprendrez rien de plus sur eux, si ce n’est que les médecins les préparent à une mort prochaine en raison de leur arthrite et d’une scoliose aggravée par leur surpoids.

Devant ce genre de sujet, je ressens toujours un très grand malaise.
Ces hommes et ces femmes qui ont eu la terrible malchance de naître différents, très handicapés, ou dans des circonstances extraordinaires, comment vivent-ils le fait d’être considérés comme des phénomènes?
J’ai lu notamment les biographies des soeurs Dionne, ces quintuplées qui furent longtemps « la seconde attraction touristique du Canada après les chutes du Niagara ».
Lu également celle de la famille Ovitz, une famille juive dont le père, Shimshon, était « lilliputien », et qui a eu dix enfants, dont sept de petite taille.

Tous ont essayé de vivre en développant leur personnalité, leurs talents. Les enfants Ovitz étaient ainsi tous acteurs, musiciens et chanteurs.
Mais tous ou presque ont eu à souffrir de la manipulation de ceux qui en avaient la charge et qui, pour profiter de leurs particularités, les ont exhibés aux yeux des foules, pour de mauvaises raisons.

Déjà enfant, lorsque je lisais qu’il existait autrefois des lieux où l’on montrait la « femme tronc », la « femme à barbe » ou « le bébé à deux têtes », j’avais honte.
Je n’arrive pas à accepter cette curiosité malsaine qui pousse trop de gens à contempler sans pudeur et sans respect ce qui les intrigue.
Sans tenir compte du fait que ce sont des êtres humains comme eux qu’ils contemplent de cette façon…

Mais eux, que l’on regarde comme s’ils étaient monstrueux, comment le vivent-il? Comment trouvent-ils la force d’être observés, jetés en pâture?
Comment supportent-ils à la fois leurs différences, la lourdeur de leurs problèmes de santé et cette impression continuelle d’être des mutants?
Comment fait-on pour être humilié de manière inconsciente constamment?

Les frères siamois n’ont visiblement pas eu accès à la culture la plus basique.
Depuis le temps qu’ils s’entendent dire qu’ils sont en sursis, comment le vivent-ils?
Comment ont-ils fait pour se supporter 24 heures sur 24, privés de la liberté la plus élémentaire: la solitude…

Sous l’article qui passe en ce moment sur Internet se trouve un lien sur lequel sont présentées des photos d’eux, depuis leur enfance jusqu’à aujourd’hui.
Je ne dois pas être mieux que la plupart d’entre nous, puisque j’ai cliqué…

M.B.

http://www.zigonet.com/jumeaux/a-57-ans-il-sont-les-jumeaux-siamois-les-plus-vieux-du-monde_art4465.html

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