avril 2009
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Il devait être 13h30 quand on a frappé à la porte, hier.
J’ai ouvert et me suis trouvée devant trois de mes petits voisins: Théo, Clément et Johann.
Sourires de circonstance, un soupçon gênés de « déranger »:

« On ne savait pas quoi faire… Alors on est venu te voir car avec toi on sait qu’on ne s’ennuie pas! »

Que voulez- vous répondre à cela?
Nous avons été choisir un jeu dans le garage.
Ils ont opté pour le Monopoly. Mais pas n’importe lequel: le Monopoly Suisse!
Tandis que nous préparions le jeu, installés sur la table de la salle à manger avec une orgie de bonbons et de sirop, à la fraise Tagada   ils ont découvert le nom des villes, et… le fait que, les cartes « chance » et « chancellerie » étaient bilingues.
- Martine!!!! On parle Suisse sur les cartes!!!

Je jette un oeil:
- C’est de l’allemand. Le français est dessous, regarde…

Clément m’explique qu’il a réalisé un exposé sur la Suisse:, et ajoute:  »On y parle français et allemand ».
Je complète illico: « Oui, tu as raison. Mais aussi italien et romanche ».
Le sourcil de Théo se fixe en accent circonflexe: « Ils sont fous!? Quatre langues??».
Son soupir en dit long, mais comme il veut me prouver que lui aussi est très polyglotte, il compte jusqu’à trois en Espagnol et répète la même rengaine pendant un bon quart d’heure jusqu’à ce que nous criions grâce de concert.

Nous parlons ensuite des domaines helvétiques qui les intéressent le plus: « Le chocolat (« dis, c’est vrai que c’est le meilleur du monde? ») et les Riccola.
Avec une telle culture de l’endroit, ils irons loin dans la vie, je suis rassurée.

L’après-midi se passe.
Johann file au tennis avec ses sbires, ils reviennent ensuite finir la partie de Monopoly, puis Clément part « au foot ».
Pendant ce temps, je décide de monter mon nouveau jouet: une machine permettant de couper l’herbe des bordures.
Mon voisin (adulte!) Fred vole à mon secours et je me retrouve à jouer un remake de « Massacre à la tronçonneuse » à ma façon.
Feu mes pivoines ne s’en relèveront pas.
Enfin pas toutes…
En début de soirée, Johann me rejoint.
Toujours aussi adorable, il décide de me venir en aide: il ramasse des bouts de bois et manque de m’éborgner,  tasse l’herbe coupée, ratisse derrière moi…

Pendant que je parcours le jardin, Théo, qui vient de prendre son bain, arrive.
Il est à nouveau en pleine forme, joue au ballon, s’interrompt pour ramasser un peu d’herbe, me débarrasse d’une araignée au passage, saute avec Johann dans le champ d’à-côté par dessus le fil barbelé.

Je les regarde.
Ils me touchent, les bougres.
Leurs parents tout confus ont beau leur donner des consignes pour ne pas me déranger, moi, je suis heureuse de les voir.
Vers 20 heures, je décide d’arrêter l’opération jardin.
Leur récompense les ravit: ils ont droit à des bonbons spéciaux pour ceux qui me secondent dans les tâches telles que celles-ci.
Clément, qui nous a rejoints, semble déçu: il aurait bien manqué le foot pour participer aussi!
Je brûle de faire une entorse à mon nouveau règlement, mais cela n’aurait aucun sens par rapport à ceux qui ont oeuvré…
Moi qui étais une mère stricte, désireuse de donner à mes fils une enfance heureuse mais une éducation classique, je me retrouve dans le rôle de la voisine sortie tout droit de « Fifi Brindacier ».
En fait, j’aime ce rôle que je tiens auprès des enfants des autres.
Celui d’une drôle de nana vivant dans un monde qui les intrigue…

En partant, ils me rappelent, frimousses arborant des sourires faisant trois fois le tour de leurs oreilles: « Martiiiiine? A demain , hein!!!!  »

Martine Bernier

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