juin 2009
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Pour les oiseaux des jardins, nos baies vitrées sont des pièges mortels. Je m’en suis aperçu au cours de ces derniers jours.
La semaine dernière, j’ai trouvé une mésange agonisante juste devant mes grandes fenêtres.
Un filet de sang rosé coulait de son bec, elle était couchée sur le dos, les yeux mi-clos.
Et moi, géante demesurée devant cet oiseau blessé, j’ai eu le coeur hâché menu.
Je l’ai posé le plus doucement possible dans un papier de ménage doux, et j’ai été le mettre à l’ombre.
Le soir, quand mon fils, Yann, a été voir, l’oiseau avait disparu. Emporté, sans doute par un prédateur quelconque.
Je m’en suis voulu de ne pas y avoir pensé.

Hier, je travaillais quand j’ai entendu un bruit qui m’a glacé le sang.
J’ai regardé vers la fenêtre à côté de moi. Il pleuvait à verse.
Une autre mésange avait heurté la baie vitrée. Elle a essayé de voleter un instant, la patte tordue, et s’est affalée sur le sol.
Elle est tombée sur le dos et a fait un effort surhumain pour se retourner sur le ventre.
Pendant une ou deux minutes, une autre mésange est restée à côté d’elle puis elle s’est envolée.
La loi de la nature est dure…
J’ai attendu qu’elle soit partie pour intervenir.
Je sais qu’il faut éviter de toucher les oiseaux blessés si l’on ne sait pas exactement que faire pour les soigner.
Je l’ai protégé de la pluie en poussant la table de jardin au-dessus de lui, et je suis allée chercher un carton pour lui construire un abri pour le mettre à l’abri du vent.
Puis j’ai installé une minuscule soucoupe remplie d’eau, et des graines tout près de son bec.
Ensuite, j’ai mis mes mains autour d’elle, toujours sans la toucher, par réflexe sans doute.

Deux fois, je suis allée redresser le carton qui la protégeait du vent.
La deuxième fois, alors que la matinée était très avancée, je lui ai parlé.
C’était étrange de regarder cet être minuscule poser ses yeux sur moi. Des yeux pas plus grand que des têtes d’épingle.
Et là… elle s’est redressée et s’est envolée.

Cela m’a fait un plaisir fou…

Martine Bernier

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