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Lorsque je suis repartie en Suisse  début mai, j’ai fait une rencontre ahurissante dans l’avion qui me menait à Paris.
Sur une rangée de trois sièges, je me suis retrouvée assise à côté d’un grand gaillard avec lequel le courant est très vite passé. Il m’a un peu parlé de lui, m’a expliqué qu’il partait pour affaires et vacances dans son pays natal, le Burkina Faso. Lorsqu’il m’a expliqué qu’il possédait une ferme en France, une autre au Burkina et une troisième en Roumanie, je n’ai pas pu m’empêcher de partir dans un de mes délires. Je lui ai dit, hilare: « Mmm…. pas pratique pour la traite du matin… ».
Et là, ô joie, Joseph (c’est son nom!) a renchéri, sur le même ton. Vingt secondes après, nous étions embarqués dans un fou rire qui a duré jusqu’à Roissy, alimenté par nos bêtises.
Je lui ai expliqué mon sens de l’orientation et ma panique à l’idée de me perdre dans Roissy alors que j’avais très peu de temps pour attraper mon deuxième avion. Il a aussitôt répliqué: « pas de souci, je te prends sur mon dos et on court jusqu’au terminal! ».
Après l’atterrissage, je l’ai donc contemplé d’un air goguenard, susurrant quelque chose comme: « Bon, Joseph? J’attends! »

Re fou rire sous l’oeil perplexe des passants.

Jamais vol ne m’a paru aussi court. Nous avons quand même eu le temps d’échanger nos coordonnées.
Il m’a mis un petit message depuis le Burkina, auquel j’ai répondu. Il m’y disait qu’il m’appellerait à son retour, et nous avions décidé qu’il passerait me dire bonjour.

Ce matin, le téléphone sonne:
– Allo, Madame? Je cherche ma voisine.
– Votre voisine?!
– Oui, Martine, vous connaissez?

En une fraction de seconde, j’ai réalisé qui m’appelait.
Et nous nous sommes ré embarqués dans nos rires comme si nous nous étions quittés la veille.

Jo va donc venir me voir, après avoir battu l’orge et le blé.

– Enfin, Joseph, tu n’as pas honte d’être aussi violent? Ils ne t’ont rien fait, ces malheureux…
– Oui, je sais, je vais arrêter. J’ai honte. D’autant qu’en Afrique, certaines familles s’appellent Blé!
– Arf… Note que tu ne les bats pas directement. Tu es le chef, donc tu te contentes de donner les ordres. A mon avis, tu dois encore pouvoir aller au paradis. Pour tes employés, par contre, je crains que ce soit compromis. J’espère au moins que tu les préviens du risque encouru avant des les embaucher…
– Même pas.. je m’en veux… Dis, pour venir te voir, mieux vaut prendre le train ou la voiture?
– Il n’y a pas de gare dans ma ville. Tu prends ton chameau et hop!
– Il y a des chameaux au Burkina, mais ils sont très chers! Pas dans mes moyens! Par contre, en France, j’ai deux ânes. Et en plus, ils sont noirs! Je vais venir avec eux: trois Noirs sur la route, je vais avoir la gendarmerie à mes trousses!
– Il a un GPS au moins, ton âne?
– Oui, oui, je lui en ai greffé un dans l’oreille!

J’attends donc la fin du battage pour voir arriver Jo. Auquel j’ai proposé de l’emmener chez Tante Marie où je sais que nos frasques ne seront pas verbalisées.
Evitons le Fouquet’s… Si mon comparse arrive en boubou et en babouches comme je lui proposais de le faire, cela risquerait de surprendre.
Et puis rien n’est prévu pour garer les ânes devant la porte.

Martine Bernier

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