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Parce qu’ils se mettraient en quatre pour me changer les idées, mes parents de coeur m’ont convaincue aujourd’hui de visiter le Musée de la Compagnie des Indes, à Port-Louis (Bretagne).

Ils savaient que je suis passionnée d’Histoire, que j’aurais certainement matière à un article. Mieux encore, j’ai trouvé sur place une source de documentation passionnante en prévision d’un livre sur lequel je travaille depuis quelques années.

Le musée, situé dans la citadelle,  est très bien conçu. Avec leur magnifiques maquettes de bateaux, les personnages, les estampes, cartes, porcelaines de Chine, cotonnades et autre mobilier indo-européen, les salles nous embarquent pour un voyage à travers l’histoire des grandes compagnies de commerce des XVIIe et XVIIIe siècles.

Le sujet est rendu fascinant pour chaque visiteur, quel que soit son âge. Des scènes de la vie quotidienne à bord de ces vaisseaux majestueux sont reproduites à l’aide de grands santons, dans des vitrines. Tout est pensé pour instruire, mais aussi distraire les hôtes des lieux.

L’histoire commence, en ce qui concerne la France, en  1664. Le Roi Louis XIV, sur le conseil de son ministre Colbert, crée la première Compagnie française des Indes. L’enjeu est de taille: établir des relations commerciales pour importer les fabuleuses richesses d’Asie, allant des soieries aux épices en passant par les cotonnades, les porcelaines, les pierres et le bois précieux. Les voyages sont longs et dangereux. Ils durent de 18 à 20 mois, au cours desquels équipage et passagers vivent dans un espace restreint. Dans cet espace confiné, les relations se tendent rapidement, la cohabitation est difficile.

Le régime alimentaire du bord est déséquilibré, les accidents fréquents, et 14% des hommes embarqués décèdent en cours de route. Mais le voyage vaut la peine pour ceux qui désirent faire fortune…

Jusqu’au 14 décembre, le musée accueille une exposition superbe: « Féerie indienne », présentant « les toiles peintes, des rivages de l’Inde au royaume de France ». Une merveille, fourmillant d’indications sidérantes. Ainsi, pendant 3/4 de siècle, pour protéger les tisserands français, l’Etat a prohibé les vêtements venus d’Asie, trop à la mode. Ceux qui avaient le malheur d’en porter, risquaient les galères. On ne plaisantait pas avec les fanfreluches!

Pour les amoureux d’histoire, de découvertes, de voyages, de maquettes, le musée mérite réellement le détour. De plus, il est  admirablement situé, sur la mer… évidemment!

Martine Bernier

Musée de la Compagnie des Indes, La Citadelle, Port-Louis.

http://muséee.lorient.fr

 

 

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