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J’ai deux fils: Sébastien, l’aîné, et Yann. Tous deux sont adultes, séparés par 18 mois. Presque jumeaux, et pourtant si différents…

Yann est venu passer quelques jours auprès de moi le mois dernier. Dès qu’il a vu que j’allais mal, il a pris un avion pour être là. Hier, c’est Sébastien qui est arrivé. Pour peu de temps puisqu’il repart jeudi matin. Mais il a fait comme Eric: il a choisi de faire la route, même pour peu de temps; pour que nous puissions passer un peu de temps en tête-à-tête.

Quand nos progénitures deviennent adultes, la relation est passionnante.

Je les regarde, et je suis heureuse de voir la relation qu’ils entretiennent, tous les deux, la personnalité qu’ils développent. Tous deux ont des passions, des centres d’intérêt, l’amour de la musique, qu’ils pratiquent chacun à des niveaux différents. Ils accordent une grande importance aux autres, se sentent comme des poissons dans l’eau avec eux, sont naturels. Une bonne dose d’humour, de la sensibilité, de la droiture, de la curiosité pour le monde, les gens, les choses: j’aime les hommes qu’ils sont devenus.

Comme j’étais très jeune lorsqu’ils sont nés, j’ai improvisé leur éducation au mieux de ce que je pouvais, mais en faisant des erreurs, c’est certain. J’ai voulu leur donner un maximum de joie et de possibilités de s’ouvrir au monde. Voulu aussi leur apprendre très vite à devenir autonomes, pour le cas où il m’arriverait quelque chose. J’ai voulu qu’ils comprennent que la vie doit être croquée, que tout mérite que l’on s’y intéresse. J’ai été une mère stricte, mais capable de moments de délire ou d’émotion partagés qui les faisaient rire. Je n’ai pas voulu les infantiliser, les rendre dépendants de moi. Rien de pire à mes yeux qu’une mère surprotrectrice, qui « ne se consacre qu’à ses enfants », et qui, pensant faire bien en leur « vouant sa vie », ne fait que les fragiliser et en faire des êtres vulnérables. Pour l’avoir subi étant enfant, je sais combien ces femmes, sans même s’en douter,  peuvent être des poids pour leurs enfants.

J’ai souvent eu peur de « ne pas faire bien ». Il n’y a qu’eux qui peuvent dire si ce fut le cas… Je crois qu’ils ont vécu une vie d’enfants et d’ados assez originale, car j’ai essayé de les mêler à mes rencontres, à mes aventures. Et j’ai tenté de les initier à une certaine philosophie, en fonction de leur âge, lorsqu’ils étaient très jeunes. Mais était-ce qu’il fallait faire?

J’ai souvent craint qu’ils ne m’en veuillent de mes absences, lorsque je partais en voyages humanitaires. Qu’ils regrettent qu’il y ait autant de gens autour de moi, autant d’enfants.  Qu’ils se sentent écrasés par  ce que je faisais. Aujourd’hui, je réalise que ce n’est pas le cas. Ils me disent et m’écrivent des choses qui me touchent énormément. J’espère que c’est ce qu’ils ressentent vraiment.

Je ne parle pas souvent de mes fils. Très pudique sur ce point, je préfère les regarder vivre. Mais je peux le dire, je suis heureuse de voir qu’ils ont développé un certain courage, et des qualités essentielles qui en font des hommes bien.

Martine Bernier

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