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Lorsque j’étais enfant, c’est-à-dire au temps où les ptérodactyles voletaient gracieusement dans nos cieux dégagés, mes parents nous emmenaient de temps en temps, mes frères et moi, dans un parc d’attraction, en Belgique où nous habitions à l’époque. Fascinée, j’y regardais les ballets des eaux dansantes et leurs jeux de lumière, je caressais les animaux, je riais devant les poubelles en forme de grands bonshommes qui avalaient nos papiers gras en remerciant poliment d’une voix caverneuse.
Mais surtout, surtout, il y avait LUI.
Lui, c’était un âne grandeur nature qui trônait dans le jardin du parc.
Tout le monde l’appelait Martin. Moi, je ne l’appelais pas: il ne s’était pas présenté.
Mon père glissait une pièce de monnaie dans une fente, et l’animal braillait de toutes ses forces, levait la queue et déféquait des pièces d’or.
En chocolat, mais bon, des pièces d’or quand même.

Dans ma  tête de petite nana de trois ou quatre ans, j’étais absolument convaincue que, pour gagner sa vie, il suffisait donc d’investir dans l’achat de l’une de ces braves bêtes, de la poser dans le jardin et de lui donner de temps en temps une piécette pour alimenter le trésor familial. J’étais dans un trip Fifi Brindacier où les ânes font des pièces d’or, où les hommes sont des chevaliers fiables et aimants incapables de trahison, où les enfants sont tous heureux et en bonne santé, où les humains et les animaux ne vieillissent pas et ne meurent jamais. J’ai eu l’occasion depuis de découvrir, surtout ces derniers mois, que regarder la vie par le filtre des yeux de l’enfance n’a strictement rien à voir avec la réalité d’adulte. Il m’arrive de me dire que je retournerais bien me réfugier dans la préhistoire…

Martine Bernier

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