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Oui, je sais, j’en ai déjà parlé une fois. Et bien je recommence. Parce que je l’ai réécouté et que mille choses me sont revenues à la mémoire…

J’étais encore une enfant quand j’ai commencé à écouter Hugues Aufray.
C’était le temps des feux de bois, les premières années d’une enfant fragile sans son père, le temps des doutes, des espoirs et des peurs, des grandes amitiés adolescentes si belles, si fortes, parfois si douloureuses, des premiers amours timides…

Et lui, il était là, en filigrane, toujours.
Je connaissais tout son répertoire par coeur. Aux scouts, il était chanté à gorges déployées par des meutes de jeunes loups inspirés, massacrant aussi bien « Nuits et Brouillards » de Ferrat que « Pauvre Ruteboeuf » que Hugues avait repris, me faisant découvrir au passage ce qui deviendrait une passion par la suite: la poésie.
J’allais laver les voitures, le week-end, pour me faire de l’argent de poche, et je filais acheter ses disques que j »écoutais en boucle, ainsi que pas mal d’autres, c’est vrai. Mais lui… c’était lui.
Il me rassurait et m’emmenait dans ses voyages musicaux.

J’ai grandi.
J’ai appris ses chansons à mes enfants et à tous ceux à qui j’ai appris la guitare. Ils sont nombreux…
Quand il a adapté les textes de Dylan en français et qu’il a commencé à les chanter, j’ai été séduite à vie.

Et puis un jour, je suis devenue journaliste.
J’ai rencontré beaucoup de gens célèbres. J’ai expérimenté le risque d’être déçue lorsque la réalité rejoint le rêve.
C’est pour cela que je n’ai jamais proposé un sujet sur lui. J’avais tellement peur qu’il ne soit pas tel que je l’imaginais.

Mais c’était décidément trop bête, il fallait que je dépasse ma crainte. J’allais passer sinon à côté de quelque chose d’important pour moi…
Et de toute façon, je serais fixée très vite. Peut-être allait-il refuser de me parler?
Il ne l’a pas fait.
Il n’a plus rien à prouver depuis longtemps, il n’attendait rien de moi, n’avait pas besoin de moi pour le faire avancer.
Et pourtant, il a été adorable.

Notre première interview, nous l’avons faite par téléphone. Lui en France, moi en Suisse.
J’avais les larmes aux yeux, le coeur qui battait comme un fou…. mais il ne le saura jamais!
Le courant est tellement bien passé qu’il m’a proposé d’aller l’écouter en concert en Suisse, et de le rencontrer ensuite.
Ce soir-là, j’étais censée rester de « piquet » sur ma région pour le journal pour lequel je travaillais.
J’ai pris le risque. Le concert avait lieu très loin de là. Eric et moi y sommes allés quand même.
Sous chapiteau, un public complètement acquis, fou de bonheur…
Et puis, après, la rencontre. La première… un charme fou, une gentillesse exquise, un naturel désarmant…
C’est l’un des hommes les plus beaux qu’il m’ait été donné de rencontrer. Il semble habité par une éternelle jeunesse. Un physique un peu sauvage d’animal fier et indomptable.
Il vous entoure de ses ailes et tout est bien.
Ca a été un très beau moment.

Plus tard, je lui ai proposé de lui consacrer un nouvel article, pour un journal plus important cette fois, et il m’a invité à venir chez lui, près de Paris.
Eric et moi avons pris la route. Et nous avons trouvé le moyen d’être en retard, pris dans les embouteillages parisiens!
En retard à l’un des plus beaux rendez-vous de ma vie!!

Imaginez-vous… Vous avez depuis toujours une tendresse et une admiration d’enfant pour un artiste, et vous vous retrouvez assis à côté de lui, dans son salon.
Je vivais un moment tellement magique, tellement exceptionnel, que j’ai dû faire un effort surhumain pour me rappeler que j’étais là pour travailler.
Je buvais ses paroles, j’imprimais chaque instant dans ma mémoire.
Il a cette petite flamme dans les yeux qui pétille dès qu’il parle de quelque chose qui le touche.
Il m’a attendrie, amusée, touchée…

Il m’a raconté les drames de sa vie, ses joies…
J’ai vécu un moment de pur bonheur.
J’ai été sidérée lorsqu’il nous a raccompagnés sur la route pour nous indiquer le chemin du retour. En nous désignant au passage la maison de son voisin, son ami Johnny.
Non, je n’ai pas été déçue par lui…
Hugues Aufray est un homme bien. Aussi beau dedans que dehors. Il a eu 80 ans cette année et… c’est sidérant.
Il a une élégance naturelle que je n’ai jamais rencontrée chez personne avant lui.
Un infini respect de l’autre qu’il écoute avec un regard d’enfant…

Nous nous sommes revus sur un plateau de TV, il y a trois ans, je crois. Il m’a reconnue, est venu m’embrasser.
Il reste dans mon coeur.

Martine Bernier

PS: le même jour, près de Paris, nous rencontrions Yann Arthus-Bertrand, un autre fabuleux bonhomme, pour lequel Eric, en bon photographe qu’il est, éprouve une admiration sincère. Cette fois, c’était lui qui était un enfant sur son nuage. Une journée inoubliable… Mais c’est une autre histoire…

http://www.youtube.com/watch?v=zWWqonUIif0&NR=1
http://www.youtube.com/watch?v=SP93v6MY9xw
http://www.youtube.com/watch?v=uoPvJkejwK8http://www.youtube.com/watch?v=f13nIaRJfUU

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