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Or donc, comme dirait je ne sais plus qui, Thierry, qui se révèle être un ami aux multiples facettes, adore me taquiner.
L’un de ses chevaux de bataille favoris est le vin. Connaisseur, il sait les choisir, sait aussi les apprécier.
Et trouve parfaitement incohérente l’idée que l’on puisse écrire sur un sujet aussi respectable sans jamais en avoir bu.
Comme il me chatouillait sur le champagne, nectar parmi les nectars, j’ai décidé de lui dédier le dossier ci-dessous.
Deux mois avant Noël, il peut être d’actualité, et était paru dans un numéro spécial de l’hebdomadaire suisse Terre et Nature.
Pour le réaliser, Eric, à la photo, et moi à la plume nous étions déplacés à Reims où nous avions passé deux jours dans la maison Lanson il y a trois ou quatre ans, chaleureusement reçus par le représentant de la société.
J’avais eu la chance de me voir décerner un prix journalistique qui nous avait valu cette visite.
Difficile de la faire dans de meilleures conditions…

Pour Thierry, donc, incursion au coeur d’un breuvage que l’on peut apprendre à connaître sans forcément en boire…

CHAMPAGNE, « FETES » VOUS PLAISIR !

Hôte incontournable des tables de fêtes, le champagne possède une histoire, un mode de vinification et des rituels qui lui sont propres. Immersion dans un monde de bulles, et visite à l’une des plus anciennes maisons de champagne: la maison Lanson, à Reims.

À Reims, l’accès à la maison Lanson est barré par une grille, élégante mais solide. Rien de plus normal. Le bâtiment se doit d’être bien protégé, lui qui abrite un trésor. Dans ses caves creusées à l’horizontal dans la colline devant laquelle il a été construit, reposent des millions de flacons de champagne.
Dans cette atmosphère naturelle et constante de 11 degrés et d’un taux de 90 % d’hygrométrie, se prépare l’un des vins les plus porteurs de fantasmes. Un nectar dont, ici, tout le monde parle avec un enthousiasme compréhensible puisqu’il fait vivre les quelque 90 employés de la maison.
« Je pensais que, habitant la Champagne, et travaillant dans le champagne, on risquait de s’en lasser, confie Evelyne Goulet, responsable des relations publiques. Mais pas du tout! Chez Lanson, nous dégustons quotidiennement avec les visiteurs, et, le week-end, nous ouvrons du champagne pour recevoir la famille et les amis. Mais cela reste toujours un moment magique. Il est vraiment là pour fêter l’amitié, les bons moments, un voyage… Quand vous êtes dans un bel endroit, une flûte de champagne ajoute encore à la magie. C’est un produit merveilleux. On sait que le champagne est lié au succès, à un examen, à la fête, à une naissance, à la joie, aux fiançailles… Un jeune homme qui veut demander sa fiancée en mariage et qui va la chercher à la gare peut être certain que le moment sera encore plus extraordinaire avec une demi-bouteille de champagne et deux flûtes. Elle en parlera autant que de la bague qu’elle recevra! Le champagne permet de recréer des moments magiques dans le quotidien. C’est un luxe abordable. »

L’âme de la maison

La fidélité des employés de la maison Lanson est étonnante. Beaucoup d’entre eux avouent y travailler depuis vingt-cinq, voire trente ans et plus. « Nous sommes très flattés de travailler pour une maison et un produit aussi prestigieux, reconnaît Mme Goulet. Il y a un attachement de la part du personnel. La maison a une âme. Elle a changé de mains, mais les mêmes personnes sont restées. L’esprit Lanson a été maintenu. »

La route est longue, pour réaliser le précieux produit. Chaque étape de la préparation du champagne est sur exécutée avec minutie. Chez Lanson, lors des vendanges, effectuées à la main, le pressurage ne se fait pas dans la maison-mère, mais à proximité des lieux de récoltes dans des bâtiments appartenant à l’entreprise. Il repose là durant seize heures. Trois cépages sont utilisés pour la conception du champagne: le Chardonnay, le Pinot Noir, et le Pinot Meunier. Le champagne Lanson est fortement marqué par les Pinots noirs et pinot meunier. Les jus sont ensuite répartis dans des cuves de fermentation en inox, représentant un total de treize millions de bouteilles.
Quelques grandes maisons et vignerons indépendants élèvent leurs vins en barriques, conférant à leurs vins une touche boisée plus ou moins discrète. Ce type d’élevage sous bois tend à progresser.

D’une fermentation à l’autre

Chaque village, chaque lieu-dit, chaque cépage est bien séparé afin de préserver les goûts et les arômes propres à chacun. Sous l’action des levures, la fermentation dite alcoolique démarre et le sucre se transforme en alcool et en gaz carbonique. Lorsque les levures désactivées sont tombées dans le fond des cuves, les ouvriers procèdent au soutirage afin de séparer le vin de la lie. Dès décembre, les dégustations commencent en vue des assemblages destinés à l’élaboration des différentes cuvées. À ce stade, le chef de cave choisit de provoquer ou pas une fermentation dite malolactique. Chez Lanson, cette méthode n’est pas pratiquée. Commence ensuite la phase délicate des assemblages au cours de laquelle les cuvées sont conçues, composées de vins issus de différents crus, de différents villages, de différentes années.

Le principe majeur de l’élaboration du champagne peut enfin débuter. Le vin est mis en bouteilles, et une première liqueur, la liqueur de tirage, mélange de sucre et de levures, est ajoutée. Chaque bouteille est fermée par un bouchon creux en plastique et une capsule métallique puis stockée en cave de vieillissement. La seconde fermentation alcoolique peut débuter, l’opération est plus communément appelée « prise de mousse ».

Le délicat remuage

Sept kilomètres de galeries et trois étages de caves modernes accueillent le vin pour une longue période de vieillissement. Dans la nuit de ces souterrains, le vin évolue.
« Au 18e siècle, on vendait le champagne avec son dépôt, car on ne savait pas le retirer, explique Evelyne Goulet. Le fond des verres était alors creux et descendait jusqu’au pied où se déposait ce dépôt. Aujourd’hui, ce dépôt, composé des levures désactivées, se retire juste avant que le vin ne soit vendu. On ne peut pas les entraîner directement dans le bouchon, parce qu’elles adhèrent sur le verre et parce que, si on agite la bouteille, ces particules très légères se mélangent au vin et restent en suspension. On les appelle des voltigeurs. Elles se collent entre elles lorsqu’elles se retrouvent. Donc, plus il y aura de mouvements réguliers et précis, plus les voltigeurs s’agglutinent et se colmatent, et plus il sera facile de les entraîner dans le bouchon. C’est le but de l’opération dite du remuage. Pour le remuage manuel, des supports ont été conçus de façon astucieuse: chaque orifice accueillant une bouteille permet de la tourner de 19 façons différentes. Les remueurs remuent environ 50’000 bouteilles par jour, soit 3 bouteilles à la seconde, dans des conditions difficiles de froid, d’humidité. Depuis 25 ans, il existe des machines, les giropalettes qui tournent les bouteilles en caisse. Manuellement, nous étions limités dans le positionnement des bouteilles. Avec les giropalettes, nous avons 99 positions par programme. La bouteille termine tête en bas. Lanson s’est équipé en 1988 seulement de ce système de remuage automatique. Nos magnums de Noble Cuvée sont encore remués à la main car les bouteilles ont une forme particulière. »

Les dangers des caves

Le travail des ouvriers cavistes présentait des risques, comme en témoigne la présence d’une statue de la Vierge Marie, posée dans une niche, au-dessus d’une galerie. Les ouvriers travaillaient sous sa protection. À l’époque, les bouteilles explosaient facilement, provoquant beaucoup de blessures dans les caves tels que des tendons coupés, ou des yeux touchés. Le vin repose tout d’abord sur son dépôt. En Champagne, si le vin a vécu quinze mois dans les caves, il est permis de le vendre un mois après le remuage. Lanson préfère, de son côté, le conserver plus longtemps, pour lui permettre de vieillir et de se bonifier paisiblement.
Lorsque le dépôt est concentré au niveau du goulot de la bouteille, à l’intérieur du bouchon en plastique, le col de chaque bouteille est plongé dans un bain à -28 °c. Le glaçon ainsi formé est alors expulsé. Une seconde liqueur, la liqueur d’expédition composée de sucre et de vins, est injectée dans la bouteille. Enfin, un bouchon définitif en liège est placé, maintenu par un muselet en acier, cerclage de métal consolidant l’arrimage du bouchon.

L’Alchimiste de Lanson

Les vendanges 2005 sont à peine terminées que, déjà, le breuvage en formation subit ses premières analyses. Des échantillons de Chardonnay et de cépages rouges (Pinot Noir, Pinot Meunier) ainsi que l’assemblage des deux pinots ont déjà été dégustés. Parfums d’agrumes, de banane, de fruits rouges… Jean-Paul Gandon, chef de cave chez Lanson depuis 32 ans, est satisfait de cette prise de contact. Épicurien jusqu’au bout des ongles, cet amoureux des roses, du vin et des repas raffinés est investi d’une mission primordiale. C’est à lui que le champagne Lanson doit sa personnalité. Entouré d’un panel de dégustateurs compétents, il a notamment la responsabilité de la cave, de l’assemblage qui permettra, chaque année, de reproduire le brut dit « sans année ». Ce vin, qui est le plus représentatif de la maison, représente 80 % de la production. Il est élaboré à l’aide des vendanges de réserves stockées chaque année, dont les assemblages permettent de reproduire le goût et le style Lanson prisés par la clientèle.
« La dégustation reste très physique, explique M. Gardon. Comme tout exercice physique, il faut s’entraîner en dégustant souvent. En ce qui concerne les assemblages, il faut les faire dès la fin de la fermentation alcoolique. Je dirais que le plus intéressant au début, est de goûter le raisin. Cette année, je l’ai trouvé très goûteux, savoureux. La chair n’avait pas seulement le goût sucré, mais autre chose, de plus intéressant. Avec ces échantillons de premiers vins, nous sommes dans la continuité. »

Dernières parures

Comme toutes les maisons de Champagne dignes de ce nom, Lanson soigne le moindre détail. L’élégance du produit doit se retrouver jusque dans la forme des flacons, le choix des capsules et la teinte des étiquettes. Si la majeure partie de l’habillage est réalisée mécaniquement, pour certains flacons de prestige, les étiquettes sont posées à la main, uniquement par des femmes. Lorsque les bouteilles, enfin terminées, quittent les bâtiments dans leurs palettes, elles reviennent à leur point de départ, pour être expédiées vers leurs différentes destination. Elles partent de l’endroit exact où, plusieurs années auparavant, le précieux nectar qu’elles contiennent arrivait pour la première fois, sous forme de jus de raisin.

LA PARTICULARITE DE LANSON

La maison Lanson a la particularité d’être une des rares maisons de champagne à ne pas provoquer la fermentation malo-lactique. Ce phénomène se déclenchait autrefois spontanément. Après la fermentation alcoolique, le vin pouvait à nouveau dégager du gaz carbonique sans produire d’alcool. Dans un cellier, ce phénomène était redouté par les vignerons. Ils l’appelaient « la maladie du vin » car il en détériorait le goût.
Tandis que, dans les années 1970, les maisons de Champagne, jusqu’alors familiales, commencent à changer de mains, l’arrivée des scientifiques permet de voir apparaître de nouvelles connaissances.
Les spécialistes découvrent que cette maladie est en fait une dégradation de l’acidité. À une température dépassant 20 degrés, des bactéries contenues dans la lie modifient l’acidité du vin. L’acide malique (malus signifiant « pomme » en latin), apporte des qualités aromatiques et gustatives au vin. Dégradé par les bactéries, cet acide se détériore et devient lactique. Toutes les qualités de fruit s’échappent alors dans les bulles du gaz carbonique. Afin de lutter contre la maladie du vin, ils pratiquent la fermentation malolactique, qui se généralise en champagne. Lanson préfère ne pas l’utiliser, estimant qu’elle modifie le goût du vin.
Toutes les cuveries de l’entreprise sont climatisées pour éliminer les risques d’apparition de la bactérie. Parallèlement, les vins sont gardés plus longtemps en cave, soit deux ans de plus que la durée imposée par les prescriptions légales. L’acidité diminue ainsi avec le temps, mais les qualités essentielles du nectar sont préservées, permettant de proposer des vins de caractère, plus vifs, riches de toute la typicité du fruit.

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UN PASSE MOUVEMENTE

Maîtriser l’effervescence du champagne a été une tâche ardue dans laquelle les moines ont joué un rôle primordial.

La vigne existe en Champagne depuis des siècles. « On a retrouvé de la vigne fossilisée, relève Jacques Dabère, direction d’exportation Lanson Europe. Pendant l’occupation romaine, les Romains en ont arraché. Ainsi, non seulement les soldats buvaient moins et étaient plus performants, mais la population était également obligée de commander son vin à Rome! Par la suite, dans la région, les paysans ont continué à faire du vin. Mais l’activité principale a longtemps été la laine et les légumes. Le vin, lui, était destiné à la consommation locale. »
Pourquoi aussi peu d’engouement pour le vin de Champagne? Parce que celui-ci possédait un défaut redoutable. La première fermentation avait lieu en plein air, permettant au gaz carbonique de s’échapper. Mais, en travaillant, le vin produisait une seconde fermentation au printemps, cette fois en bouteille. Cette effervescence était considérée comme un défaut technique de taille puisque ni les flacons, ni les tonneaux de l’époque ne résistaient à ce phénomène. « Ce sont les moines qui ont trouvé la solution, explique Jacques Dabère. Ces gros propriétaires terriens, dont les monastères représentaient des centres de savoir, ont travaillé sur la maîtrise de cette seconde fermentation sauvage. Ils ont découvert que l’astuce, pour la contrôler, résidait dans l’assemblage. Assembler des raisins venus de différents points de la région a permis d’obtenir une fermentation moins violente. Ils l’ont apaisée. »

Champagne sanglant

Considéré comme une curiosité, ce vin effervescent voit son image se construire au fil des siècles. Sa rareté en fait le préféré des rois de France dont la plupart sont sacrés à Reims. Au début du 18e siècle, la maîtrise de la deuxième fermentation permet au breuvage d’amorcer un virage important. Mais ce n’est qu’au 20ème siècle que le Champagne tel qu’il est connu aujourd’hui gagne ses lettres de noblesse. Les vignerons fournissent alors leur vin à des négociants. Et la toute-puissance du négoce provoque une situation tendue.
« Au début des années 1920 ont eu lieu des émeutes graves à cause de cette situation, déplore Jacques Dabère. L’armée est intervenue, et il y a eu des morts. Finalement, en 1923, un accord a été signé définissant l’aire d’appellation Champagne. Il a marqué le début d’une véritable reconnaissance. À partir de là, le champagne a permis aux gens de gagner leur vie. »
Depuis, le produit n’a plus arrêté de prospérer. De 15 millions de bouteilles vendues en 1900, le champagne est passé à 40 millions peu avant la Deuxième Guerre Mondiale, à 50 millions entre 1960 et 1970, et à 300 millions de nos jours, toutes maisons confondues. Dans ce marché juteux, la maison Lanson vend aujourd’hui 7 millions de bouteilles par an.
« L’image du champagne n’est pas celle d’un vin ou d’un alcool, termine Jacques Dabère. C’est un produit à part entière, qui symbolise un moment d’exception, la volonté de se faire plaisir, et une certaine culture. « 

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DEBOUCHER ET SERVIR

Une bouteille de champagne ne s’ouvre pas comme une bouteille de vin traditionnelle. L’effervescence du vin peut réserver de mauvaises surprises si certaines précautions ne sont pas prises. La première étant, bien sûr, de ne pas secouer la bouteille. Une fois que vous avez ôté le muselet, gardez la main sur le bouchon et évitez de le diriger vers une personne ou des objets précieux. La bouteille contient une pression de 4 à 6 bars, comparable au double de celle qui se trouve dans un robinet. La meilleure façon d’éviter un accident est de pencher votre bouteille à 45 degrés afin d’augmenter la zone de dégazage. Maintenez fermement le bouchon, et tournez la bouteille afin que le bouchon se décolle sans se fendiller. Une fois décollé, il sortira de lui-même du goulot.

Le champagne doit être respecté jusqu’à la dernière seconde. Si vous souhaitez proposer un brut sans année, servez-le à une température de neuf degrés afin qu’il soit consommé à 10 degrés. Si vous lui préférez un vin plus mature, celui-ci doit être servi à la température de la cave dans laquelle il était entreposé. Maintenez-le dans une ambiance comprise entre 11 et 13 degrés.
Pour rafraîchir votre champagne, vous pouvez poser votre bouteille dans un seau rempli d’eau et de glaçons. Il lui faudra une quinzaine de minutes pour se trouver à bonne température. Vous pouvez également coucher la bouteille dans la partie inférieure de votre réfrigérateur où elle atteindra sa température optimale en trois quarts d’heure, à condition bien sur qu’elle soit issue d’une cave fraîche. Attention: ne buvez jamais un champagne glacé, cela perturberait la perception de ses arômes.

Enfin, ne servez pas votre champagne dans une coupe, mais dans une flûte galbée. Pour que celle-ci permette au vin de s’exprimer pleinement, elle doit idéalement avoir la forme d’une tulipe allongée. Et oubliez définitivement la légende expliquant qu’il suffit de d’introduire une petite cuillère à l’envers dans le goulot d’un flacon ouvert pour qu’il se conserve au réfrigérateur…

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LES DIFFERENTS CHAMPAGNES

Pour être satisfait de votre champagne, il faut apprendre à le choisir. Jeune ou vieux, brut ou millésimé: comment s’y retrouver?

Tous les vins de Champagne s’épanouissent dans les caves de leurs élaborateurs, entre 15 mois et 3 ans minimums pour les millésimés, et beaucoup plus longtemps pour les cuvées spéciales. Le temps enrichit les arômes du vin.
– Entre 15 mois et 3 ans, ils sont considérés comme jeunes, et expriment des notes de fleurs blanches, d’agrumes, de fruits frais.
– De 3 à 5 ans, les champagnes sont matures. Les arômes dominants sont alors ceux de fleurs capiteuses, et de fruits mûrs et confits.
– Dès 5 ans, les vins sont dits « de plénitude » et expriment les fleurs séchées et les arômes grillés.

Chaque dénomination (champagne brut, millésimé, rosé, blanc de blancs, cuvée spéciale) propose un vin très différent correspondant à des choix de vinification précis lors des trois étapes clés de sa fabrication :

– L’assemblage va largement déterminer la typicité du vin et sa palette de saveurs. L’assemblage, en Champagne, se pratique à trois niveaux: l’assemblage de crus, l’assemblage de cépages, l’assemblage d’années.
– Le dosage permettra au vinificateur, 
à la fin du vieillissement, d’éliminer le dépôt et d’ajouter un mélange de sucre et de vin. Cette touche, différente selon les vins, va établir une échelle du moins au plus sucré, ultra brut, extra brut, extra dry, sec, demi-sec et doux.
– La maturation,

pour un champagne, peut aller de 15 mois à 5 ans et plus. Avec l’âge, les arômes évoluent, de notes simples à complexes, de notes superficielles à profondes, de notes nettes à fondues.

MILLESIME, CUVEE DE PRESTIGE… QU’EST-CE QUE C’EST?

– Millésimé: lorsque une vendange est remarquable, la décision peut être prise de réaliser un vin millésimé. Un Champagne millésimé sera donc toujours marqué par le caractère de son année.
– Non-millésimé: la tradition champenoise veut que l’on assemble des vins de plusieurs années. Chaque année, une partie de la vendange est mise en réserve, destinée à être utilisée dans les futurs assemblages. Avec ces vins de réserve, l’élaborateur parvient à perpétuer le goût et le style de son Champagne. L’assemblage dit « non-millésimé » est celui où s’exprime le style de chaque maison et de chaque producteur.
– Blancs de blancs : ces vins de Champagne issus uniquement de Chardonnay se caractérisent par leur finesse.
– Blancs de noirs : élaborés uniquement à base de Pinot noir et/ou de Pinot Meunier, ils donnent des vins plus charpentés.
– Les champagnes rosés sont le plus souvent obtenus en assemblant des vins blancs et rouges. Ils peuvent varier du rose tendre au rose profond et leurs goûts, du plus léger au plus charpenté.
– Les cuvées spéciales ou de prestige représentent les perles des maisons de Champagne. L’assemblage est alors un parti pris encore plus affirmé. Pour les réaliser sont utilisés des grands crus, des millésimés, des mono-cépages, des vins à longue maturation, etc.
– Le champagne se décline dans toute une palette de couleurs

allant de l’or pâle à l’or vert, du jaune or à l’ambré, du vieil or à l’or gris. Ces nuances correspondent aux choix d’assemblages et de maturation. Un vin léger est clair, un vin puissant plus foncé. Il prend de la couleur au fur et à mesure de sa maturation.

Quant au prix, un bon champagne peut se trouver dès 30 à 40 francs la bouteille, si vous prenez le temps de chercher, et de suivre les conseils de bons cavistes. Pour les épicuriens fortunés certaines grandes cuvées de prestige, issues de Maisons renommées, se vendent plus de 600 francs…

TROIS CEPAGES, TROIS CARACTERES
Trois cépages sont utilisés sur l’appellation : le Chardonnay, cépage blanc, apporte de la finesse, de l’élégance et de la fraîcheur au vin. Le Pinot noir, cépage noir aux arômes de fruits rouges, amène de la richesse et de la puissance. Le pinot Meunier, autre cépage noir, se caractérise par sa souplesse dans les assemblages, il apporte une touche fruitée et permet de lier les qualités dissemblables du Chardonnay et du Pinot noir.

VINS TRANQUILLES DE CHAMPAGNE
La Champagne viticole se divise en cinq régions ayant chacune un encépagement et des conditions naturelles propres : la Montagne de Reims, la Vallée de la Marne, la Côte des Blancs, la Côte de Sézanne et la vallée de l’Aube. Il existe trois appellations en Champagne: le Champagne, les Coteaux champenois, et le Rosé-des-riceys.
Tous les vins de Champagne ne sont pas pétillants. Il existe un petit volume de vins blancs et rouges dits « tranquilles », vinifiés sous l’appellation Coteaux Champenois. La qualité de ces vins est extrêmement variable, mais quelques producteurs de renom, sur les meilleurs terroirs, produisent des vins rouges d’excellente facture. Par ailleurs, au sud de l’appellation, un vin rosé issu de pinot noir, capable de vieillir 5 à 10 ans, est élaboré. Ce vin rare appelé Rosé-des-Riceys, est considéré comme étant l’un des meilleurs rosés de France. Doté d’un cahier des charges sévères, il n’est pas produit systématiquement chaque année. La vigne ne se conduit pas n’importe comment, en Champagne. Les règles de cultures et d’élaboration y sont strictes, depuis la conduite de la vigne jusqu’à la vendange, le pressurage, etc.

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BIEN LIRE UNE ETIQUETTE

L’étiquette apporte les indications suivantes:

– L’appellation Champagne.
– La marque ou le nom de l’élaborateur
– Le dosage : brut, sec, demi-sec…
– Les particularités : Blanc de Blancs, Blanc de Noirs, rosés, millésimé, cuvée spéciale.

La contre-étiquette, elle, donnera d’autres informations telles que les cépages entrant dans l’assemblage, la maturation, la description des arômes et des suggestions d’accords avec les mets.
Trois types de maisons se partagent le marché: les maisons de négoce, les Caves Coopératives et les récoltants indépendants. L’étiquette de champagne porte souvent, en petits caractères, un code généralement composé de deux lettres. Il indique qui a mis le vin en bouteille.
Ainsi :
– N-M veut dire Négociant Manipulateur (qui achète le raisin et le vinifie dans ses caves)
– R-M: Récoltant-Manipulant (vigneron vinifiant sa propre récolte dans ses caves)
– RC: Récoltant-Coopérateur (vigneron membre d’une coopérative dont il vend le vin sous son nom)
– CM: Coopérative de Manipulation (coopérative qui produit et élève son vin dans ses caves à partir du raisin de ses membres)
– SR: Société de Récoltants (association de vignerons indépendants qui produit le champagne à partir de la récolte de ses membres)
– ND: Négociant Distributeur (négociant qui achète du champagne en bouteille et y appose ses propres étiquettes)
– R: Récoltant (vigneron qui fait vinifier ses raisins par un négociant manipulant et récupère son champagne en bouteille)
– MA: Marque d’Acheteur (désigne une marque produite sur commande pour un acheteur, sous sa propre étiquette).

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LES FLACONS

Des repas en tête-à-tête aux grandes fêtes entre amis, le champagne peut être proposé dans des flacons de différentes contenances:

Quart: 18,75 cl
Demie: 37,5 cl
Bouteille: 75 cl
Magnum: 1,5 litre (2 bouteilles)
Jeroboam: 3 litres (4 bouteilles)
Réhoboam 4,5 litres (6 bouteilles)
Mathusalem: 6 litres (8 bouteilles)
Salmanazar 9 litres (12 bouteilles)
Balthazar: 12 litres (16 bouteilles)
Nabuchodonosor 15 litres (20 bouteilles)
Et plus rarement, on rencontre encore:
Salomon 18 litres (24 bouteilles)
Primat 27 litres (36 bouteilles) mais non homologué officiellement

Martine Bernier

PS: Alors, Thierry? Ton verdict?

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