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Edgar Degas avait une passion: l’Opéra. Une passion telle qu’il a consacré 200 oeuvres au sujet. Tout le monde connaît ses danseuses, ses petits rats, ses tourbillons de tutus, ses grâces et ses mouvements dansants.

Et puis, il y a un tableau extraordinaire: l’Orchestre de l’Opéra… Un sujet et un style radicalement différents, mais un tableau restant parfaitement lié au thème qui fascinait cet artiste dont les psychiatres diraient qu’il était atteint de monomanie pour ne s’être consacré qu’à un seul sujet.

Un jour donc, Degas a décidé de peindre l’orchestre. Il y connaissait des musiciens.  Le bassonniste, Désiré Dihau, par exemple, qui était son ami. Oui, il connaissait bien ces hommes de notes. Et pourtant, son orchestre est parfaitement farfelu. Non seulement les artistes ne sont pas à leur place, mais, en prime, il s’est amusé à peindre des amis et connaissances n’ayant strictement rien à voir avec la formation. On reconnaît ainsi un médecin, un ami ténor espagnol, un compositeur… Quant au violoniste rêveur, il s’agit de son ami, le peintre Piot-Normand. Degas prenait ses croquis sur le vif et recréait les visages dans son atelier, à sa guise. Et il s’amusait, le bougre!

L’ensemble, revisité par la malice du peintre de l’Opéra a donné… un chef-d’oeuvre. Il y a placé des plans superposés, n’hésite pas à « décapiter » les danseuses pour mettre l’orchestre en valeur. Novateur pour l’époque…

Degas avait beaucoup de points communs avec Manet. C’était un peintre des visages. Les paysages ne l’intéressaient pas. Mais le mouvement… le mouvement… Il a mis son talent à son service. Et il nous séduit toujours aujourd’hui.

Et puis… il y a eu le drame.

Beethoven est devenu sourd. Degas (1834-1917), lui, a connu le pire pour un peintre: une maladie des yeux a dégénéré jusqu’à la cécité totale. Une tragédie pour cet être au caractère difficile et solitaire qui a dû arrêter de peindre en 1911. Mais avant d’en arriver à cette extrémité, il a adapté son travail, renonçant à l’huile, demandant trop de finesse, pour se rabattre sur le pastel.

Pauvre Degas…

Martine Bernier

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