octobre 2009
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Quand on écrit beaucoup, les phrases nous poursuivent longtemps. En interviews, souvent, je repense aux personnes que je rencontre bien après que je les aies quittées.
Comme je revis chaque soir les événements de ma journée.
Celle-ci a été remplie…
Beaucoup d’écrits… je mets en mots les interviews de ces derniers jours.
Je revois les visages, les regards, je réentends les phrases, je revis les moments d’émotions, les rires…
Je revois ce monsieur me parler de la mort de son père, décédé en 1971 dans un accident, dans la mine de sel.
Lui-même est proche de l’âge de la retraite, mais a toujours le regard voilé lorsqu’il aborde le sujet.
De ma réaction dépendait la suite de l’entretien. Je l’ai perçu clairement.
Je n’ai pas dû me forcer à l’empathie. Ce qui est passé entre nous a permis une suite de conversation en confiance…

Avec une connaissance géographiquement lointaine, je mesure la difficulté de se comprendre lorsque l’on ne dispose que du dialogue écrit.
Je vis tellement imprégnée de la subtilité de la langue que je pèse chaque mot que j’écris comme ceux que je reçois. Pas toujours simple…
Et pourtant, il reste. Etonnant…

En fin de journée, je sors ma chienne près de la rivière. Et là, moment superbe: une pluie de feuilles mortes se libère des arbres. Il y en a partout qui tombent doucement, très doucement…
L’espace de quelques secondes, c’est complètement magique. Si beau que même Scotty semble fascinée, elle qui aurait tendance à préférer s’intéresser aux sauterelles.
En écoutant le bruit de l’eau et en regardant ces feuilles voleter sur fond de paysage de montagne, je pense aux Hommes-Taupes.
Je ne pourrais pas faire ce qu’ils font. Je les trouve courageux ou différents.
Vivre sans voir le jour, dans la nuit, ce doit être très dur…
Mais je pense aussi à ceux qui vivent dans les secteurs de l’usine où il faut évaporer et épurer le sel.
Les conditions de travail ne sont pas faciles là non plus.
Aujourd’hui, je mets des visages sur ceux grâce auxquels il y a du sel sur les tables des familles du canton de Vaud.

Ce soir, j’attends la pluie. Je ne l’ai pas vue souvent depuis que je suis ici. En Bretagne non plus, d’ailleurs!
Là-bas, mon Triangle d’Or me dit qu’il fait mauvais. Ce qui équivaut pour moi à l’inverse puisque j’adore la pluie, le vent, l’orage.
Aurore craint que mon avion ne soit pris dans le gros temps. Je la rassure.
En principe, les pilotes ne partent pas avec dans l’idée d’être les GO (Gentils Organisateurs, Club Méditerranée dixit) d’un suicide collectif!
A moins de tomber sur un spécimen vraiment très dépressif.
Pluie ou pas pluie, je ne manquerai cet avion sous aucun prétexte.
Et si, par bonheur, le temps est « mauvais » dans ma Terre de Sel, je serai d’autant plus heureuse d’aller voir la mer de plus près avec l’ami de mon bon géant.

Demain, j’ai encore plusieurs portraits à écrire…
Et le soir, je crois que je vais vivre un intense moment d’émotion.
Mais c’est une autre histoire…

Martine Bernier

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