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Dans la nuit de dimanche à  lundi, Frédéric Mitterand a dérapé sur une plaque de verglas en scooter et s’est fracturé la clavicule.
Une fois soigné, il a repris son travail. Il a d’ailleurs du mérite: tous ceux qui l’ont vécu savent qu’une telle fracture est très douloureuse.
Comme il est ministre, notre accidenté a eu droit aux honneurs de la presse, relatant l’incident.
Normal, il s’agit d’un personnage public.
La presse classique a fait son travail correctement. C’est-à -dire en se contentant de préciser ce que je viens d’indiquer ci-dessus.

Sur Internet, c’est autre chose.
La grande question de base étant: « Mais que faisait-il donc dehors par ce froid, en pleine nuit… c’est louche. »

Hum.

Pour en venir à  écrire ce genre de chose, j’imagine donc que les auteurs de ce genre d’insinuations se couchent tous les soirs avec les poules et ne ressortent jamais de chez eux, ne vont jamais ni au spectacle, ni au cinéma, ni au restaurant, ni chez des amis etc.
J’ignorais que pour devenir un bon ministre de la culture, en France, il fallait endosser une robe de bure et mener une vie monacale.

Depuis qu’il est au gouvernement, Frédéric Mitterand a été au centre de polémiques, s’est fait lapider verbalement pour des interventions maladroites, a été montré du doigt pour les confidences intimes qu’il a livrées dans un livre, et ne peut plus glisser en scooter sans qu’un journal ne titre « F. M. a encore dérapé. »

Je porte sur lui un regard un peu différent.
J’ai lu les deux livres qu’il a écrits sur sa vie, dont le fameux « La Mauvaise Vie ».
Il prenait un risque en les écrivant. Le risque de se jeter en pâture. Mais une fois encore, un livre se lit de plusieurs façons, en fonction de l’état d’esprit du lecteur.
Ce que j’en ai retenu, c’est la sensibilité extrême de cet homme, la complexité de sa vie, de sa personnalité, la finesse et l’élégance de son écriture, l’étendue de sa culture.
Le poste de directeur de la Villa Médicis, l’une des plus prestigieuses institutions culturelles françaises, qu’il a occupé avant de devenir ministre, est sans doute une référence en la matière.

J’aime bien le fait qu’il roule en scooter dans Paris, sans voiture de fonction, chauffeur et garde du corps.
Je crois qu’il ne doit pas être facile de porter le nom et de vivre dans la peau de Frédéric Mitterand.

Qu’il soit épinglé dans le cadre de ses fonctions lorsqu’il s’exprime de façon maladroite, soit. C’est la règle du jeu de la politique.
Que sa vie privée soit décortiquée, épiée, discutée… non.

Martine Bernier

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