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J’ai toujours trouvé très drôle le bureau de Gaston Lagaffe, encombré de mille objets qui n’ont rien à y faire, et aménagé pour qu’il puisse se plonger dans des siestes discrètes.
Le mien vit en fonction des « coups de feu » de mon emploi du temps.
Je viens d’envoyer un numéro de mon journal à l’imprimerie, et j’attaque le numéro suivant.
Les notes reprennent donc possession des lieux…

Si je n’ai pas besoin de lampe frontale pour affronter mes archives, j’avoue que mon bureau me ressemble.
L’un de mes amis me disait, dernièrement, que c’est l’un des endroits les plus insolites qu’il connaisse.

J’ai besoin de m’y sentir bien, sans quoi je ne peux pas travailler.
Les murs sont donc cernés de bibliothèques aux rayonnages chargés de livres.
Des livres de travail, mais aussi pas mal d’autres, qui n’ont pas trouvé leur place ailleurs.
D’autres piles de bouquins, en attente d’être présentés, patientent dans un coin.
En règle générale, ils n’attendent jamais longtemps, je les dévore plus ou moins rapidement.

En ce moment, alors que j’ai commencé l’écriture d’un ouvrage et que deux autres sont en cours de préparation, la surface du bureau est encombrée de documents et de cahiers de notes, toujours à spirale.
D’autres abritent mes prochains articles, glanés au fil des jours.

Et puis, il y a les objets qui  trônent  et me rassurent au quotidien.
Et là encore, c’est un inventaire à la Prévert comme je les aime tant…
Deux grandes plantes vertes « antipolluantes », censées s’approprier les ondes de mes écrans, trois ordinateurs, un plat en céramique rempli des pierres semi-précieuses qui vivent avec moi, des huiles essentielles et leur brûleur, de gros pots à stylos rigolos, une boîte de médicaments que je devrais prendre tous les jours et que je ne prends jamais, (si ce n’est quand je m’effondre en pestant contre mon manque d’assiduité à les avaler), des coffrets en bois sculptés (parce que j’adore les coffrets en bois sculptés!), un Poulpican, un agenda Monet que je n’utilise que pour le regarder, des cartes postales représentant les oeuvres de Signac, un carnet d’adresse à la reliure somptueuse, un flacon de parfum Hermès, (ce « Jardin sur le Nil » que je porte depuis des années), mes deux téléphones portables, des statues pseudo égyptiennes, le petit bateau qui me rappelle que j’ai un Triangle d’Or, un agenda de ministre où je note tout et sur lequel j’ai écrit: « ne pas oublier d’ouvrir!!! », une boîte de mouchoirs en papier avec les anges de la Chapelle Sixtine, du courrier en attente, des catalogues de livres que je dois demander en service de presse, mon éternelle bouteille d’eau (que je suis censée boire à deux exemplaires par jour et qui tient trois jours à elle seule), mon lutin-scribe à lunettes et aux oreilles pointues qui, armé de sa plume d’oiseau violette, trace une histoire de la Bretagne sur son écritoire… Il m’a été offert par un couple d’amis à Noël et je m’identifie totalement à lui!

Contrairement à Gaston Lagaffe, je n’ai pas de mouette rieuse ou de chat à moitié fou dans la pièce.
J’ai un chien Mogwaï, en revanche, qui court et joue toute la journée autour de moi.

Quand je n’arrive plus à trouver un mot, que j’ai un coup de blues, un trou de mémoire ou d’inspiration, je laisse mon regard s’évader sur les murs. Je me plonge dans les photos de mer de Philippe Plisson, qui me parle de la Bretagne et de l’océan. Je regarde le pont japonais de Monet, par dessus ses nymphéas. Plus loin, je m’attarde sur la statue du Roi Arthur, dont j’étudie la légende depuis si longtemps.

Martine Bernier

Et tandis que j’écrivais dans mon bureau foure-tout, le compteur d’Ecriplume a discrètement franchi le cap des 19000 visites….

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