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Je suis persuadée que, dans l’intimité, Eric Zemmour doit être un homme agréable.
Mais dans son rôle de chroniqueur de l’émission de Laurent Ruquier « On n’est pas couché », comme je l’ai déjà dit, il va trop loin.
Les invités me donnent la désagréable sensation d’être livrés aux lions, dans une arène placée sous l’oeil d’un large public.
Les plus fragiles en sortent brisés.
Et les lions, dans le cas présent, n’ont pas la sympathie des spectateurs.
Lorsque l’un des sacrifiés se rebiffe, je pense que très nombreux doivent être ceux qui jubilent devant leur écran.
Le 6 février dernier, ça a été le cas pour le réalisateur Patrice Leconte, souffletant son interlocuteur par les mots, avec une classe, mais une fermeté séduisantes.

Il était invité pour la pièce qu’il a adaptée au théâtre, tirée du livre d’Anna Gavalda: « Je l’aimais ».
Eric Zemmour s’est donc rendu au Théâtre de l’Atelier, à Paris, sachant qu’il n’aimerait pas puisqu’il a les livres d’Anna Gavalda en horreur.
Sans surprise, il n’a pas eu de mots assez durs pour massacrer le travail de Patrice Leconte qu’il avait pourtant adoré dans des films comme « Ridicule », a-t-il précisé.
Patrice Leconte semble être un homme doux, sensible, plein d’humour.
Il a écouté Zemmour jusqu’au bout, puis lui a raconté une fable, assurant qu’elle allait le faire sourire, celle du corbeau, du rossignol et du cochon.

Un corbeau et un rossignol sont tout deux convaincus de chanter mieux que l’autre.
Ils abordent un cochon qui passait par là, lui demandant de jouer le rôle de l’arbitre.
Le cochon les écoute à tour de rôle, et son verdict tombe: le meilleur chanteur est le corbeau.
Alors que le rossignol fond en larmes, il lui dit: « Je comprends, tu es triste d’avoir perdu ».
Et le rossignol lui répond: « Ne crois pas cela. Je suis triste d’avoir été jugé par un porc. »

Les quelques secondes qui ont suivi la chute de l’histoire ont dû paraître très, très longues à Zemmour.
Son visage est passé par une gamme d’expressions très intéressantes.
Puis il a réagi en s’offusquant de voir que Patrice Leconte ne supportait pas la critique et l’insultait.
Ce dernier a souri en faisant remarquer qu’il n’avait fait que raconter une fable…

Ce qui me surprend le plus, c’est que le chroniqueur semble s’émouvoir des réactions qu’il déclenche.
S’il est clair que ses « critiques » ne sont en fait qu’un spectacle destiné à booster l’audimat, il doit bien s’attendre à des réactions de la part de ses victimes voyant leur travail ainsi massacré.
C’est bien connu… Qui sème le vent…

Martine Bernier

 

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