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Deux femmes m’ont marquées, ces derniers jours.

Deux histoires inattendues…

Vendredi, à l’hôpital, j’ai été installée dans une chambre du service d’oncologie en attendant l’opération.
J’ai passé deux heures seule, puis la porte s’est ouverte et une femme est entrée.                                     

Elle est venue vers moi, m’a serré la main, nous nous sommes présentées, et elle s’est dirigée vers le deuxième lit tout en parlant. Elle m’a expliqué qu’elle avait eu quatre cancers, que, pour avoir travaillé dans le domaine médical, elle prenait les choses en mains, venait régulièrement pour des examens… Elle a parlé jusqu’à ce que l’infirmière arrive pour lui faire ses analyses et lui donner son traitement. Elle lui a expliqué où la piquer, comment faire, a choisi l’aiguille… Restées seules, nous avons repris notre conversation. Elle était pleine d’énergie (« c’est la thyrroïde qui me joue des tours! J’ai trop d’énergie! ») me racontait ses balades en montagne, ses descentes en VTT.  Je l’écoutais, lui posais de temps en temps une question,  lui disais ce que je ressentais par rapport à elle, à son expérience.

Le temps a passé vite. Le moment est arrivé où le brancardier et l’infirmière sont venus me chercher pour partir en salle d’opération. Avant de partir, j’ai remercié ma compagne de chambre pour ce moment privilégié…

Quelques heures plus tard, lorsque je suis revenue, elle n’était plus là. Mais l’infirmière m’a dit qu’elle lui avait parlé de moi. Et elle m’avait laissé un message posé sur la table de chevet. Quelques mots et des fleurs dessinées.

Je ne la reverrai sans doute jamais… mais je ne l’oublierai jamais non plus.

……………….

Un jour, sur Facebook, je l’ai rencontrée. Au début, je n’ai rien dit. Je lisais ce qu’elle écrivait. Elle me touchait, me faisait sourire, son intelligence percutante me séduisait. Nous intervenions sur les mêmes fils de conversation. Puis un jour, nous sommes parties dans un délire commun, très drôle. Même humour, même folie douce. Nous avons joué à notre petit jeu pendant quelques jours. Puis j’ai posé une phrase sur mon « mur », expliquant que j’avais des soucis de santé et que j’allais devoir subir une opération, puis une autre, puis encore une autre. C’est là qu’elle a commencé à m’écrire différemment. Qu’elle a laissé un message très émouvant sur son « mur » à mon intention, et que nous avons échangé des courriers plus profonds.

Par petites touches, je la découvre.

Sister écrit merveilleusement, des histoires belles. Elle a vécu dans les îles, en garde une infinie nostalgie qui se lit au creux de ses phrases.  

Nous avons plusieurs points communs, dont un essentiel: nous cachons nos désespoirs derrière une légèreté teintée de dérision et d’humour disjoncté.

………….

Ce soir, un membre de mon Triangle d’Or, devenu Carré d’Or, m’a dit que l’on attend deux nouvelles grandes marées assorties d’une tempête sur la Façade Atlantique. De nombreux habitants ont quitté leurs maisons, inquiets à la pensée de ce qui s’est passé au cours de ces dernières semaines. Je pense à eux en espérant que ces tempêtes que j’aime tant ne feront pas de victimes et pas de nouveaux dégâts, que les digues tiendront…

Martine Bernier

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