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C’est une chose délicate, un « nanniversaire ».

Enfant, on les attend avec impatience pour la fête et les cadeaux qui les accompagnent.
Adolescent, on les rêve porteurs d’une liberté et d’une autonomie nouvelles. Va-t-on enfin nous  reconnaître comme jeune adulte à prendre au sérieux? Va-t-on enfin pouvoir croquer la vie?
Et puis vient le jour où les années s’accumulent et où, pour certains, l’anniversaire devient dérangeant.
Je n’ai pas ce problème avec le temps qui passe.
J’y suis même assez indifférente.
Il est normal, lorsque l’on prend le bateau pour un long voyage, de profiter des escales et d’arriver un jour à destination…

Ce dimanche, j’ai donc eu un printemps de plus.
Je repense à celui de l’an dernier, un anniversaire symbolique, un chiffre rond, que j’avais vécu dans la tristesse  à cause d’un homme dont je ne voulais pas encore croire qu’il était petit.
Cette année, j’ai eu la chance infinie d’être très entourée et d’avoir un très bel anniversaire.
Mes Bretons (pas tous, mais les autres étaient dans mon coeur!), ma famille, mes amis, mes voisins, énormément de messages, d’appels, de témoignages de tendresse. Certains même qui m’ont surprise, en découvrant que des personnalités connues que j’ai rencontrées pensent à moi elles aussi.
Les miens…
Un clan qui s’élargit au fil du temps, qui s’enrichit.
Une déferlante d’affection bienfaisante, qui n’arrive pourtant pas à couvrir totalement la douleur qui est en moi depuis des mois.
Je ne fais jamais de bilan, de projets justifiés par une date anniversaire.
Je sais simplement que cette nouvelle année débutera par une nouvelle opération, peut-être deux, qu’il me faudra de la force. Mais les douleurs physiques, aussi dures soient-elles, ne sont rien à côté d’autres, plus perfides et beaucoup plus tenaces.

Je suis née durant le mois des jonquilles, le mois des premiers boutons de lilas, le mois où les fleurs de printemps viennent se moquer de l’hiver.
J’ai toujours trouvé que c’était l’un des plus beaux mois de l’année.
Je suis née un 11, et une de mes amies d’autrefois, lorsque j’étais jeune adolescente, était née un 12.
Je l’ai perdue de vue depuis longtemps, en changeant de pays, mais chaque année, je pense à elle.
Elle s’appelait Chantal De Winter, et quand ma fête se terminait, la sienne débutait.

A elle aussi, cette nuit, je souhaite virtuellement un bon « nanniversaire »

 Martine Bernier

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