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La nuit était tombée, hier soir, lorsque j’ai sorti Pomme pour l’une de ses dernières excursions de la journée.
Dans l’obscurité privée de lune, je n’aime pas me rendre dans la région du torrent, qui n’est évidemment pas éclairée.
Avec en plus la présence de la montagne, que je ressens toujours comme menaçante, la nuit, je ne me sens pas à l’aise.
Mais ce que Pomme veut…
Direction donc son pré favori.
A peine y étions-nous depuis quelques minutes que notre attention a été attirée par des lueurs, de l’autre côté de la rivière, sur la rive française.
Venant probablement du chemin longeant les bouquets d’arbres (que certains appellent pompeusement « la forêt »), c’était la lueur d »une lampe torche.
La lumière s’est éteinte au petit pont marquant la frontière et surveillé par une caméra.
Je regardais la scène en imaginant des contrebandiers, des fuyards et en me montant un scénario digne du meilleur film de fiction.
Pomme, qui regardait la scène, elle aussi, a poussé un petit gloussement.
Je l’ai regardée et je suis revenue à la réalité.
De l’autre côté de la rive, quelqu’un promenait sans doute son chien à la lueur d’une torche, tout simplement…

De retour à l’appartement, j’ai vu que j’avais reçu un appel en absence, venu de quelqu’un que je ne manquerais pour rien au monde.
Je l’ai rappelé. D’où il m’appelait, il faisait encore jour.

Un mail m’arrive traitant d’un nouvel épisode des Bidochons.
A la montagne, cette fois.
Je n’ai jamais aimé cette BD.

Dans deux jours, mes tendres Bretons seront là.
Chaque jour, Yoann me retrouve sur msn comme le fait sa grande soeur.
Il me dit son bonheur, son impatience à l’idée de venir.
Et je ris de le voir me poser mille questions naïves et drôles.

Je sais qu’ils seront avec moi lorsque je devrai me rendre à l’hôpital le 16, pour rencontrer mon chirurgien et savoir à quelle sauce je serai mangée dans les jours à venir.
Cela me réconforte…
Pour les recevoir, Eric, mon ange gardien, m’aide de mille façons.
En ce moment, vu les soucis qui sont les miens physiquement, je ne sais pas comment je ferais sans lui.

Cette semaine, deux hommes à la fois lointains et proches manquent à mon ciel.
L’un s’est envolé vers l’Asie hier soir, pour une mission que j’espère sans danger.
L’autre me doit un repas au Negresco. Sa conversation me manque.

Au-milieu d’un quotidien rendu assez difficile depuis que ma santé me joue des tours, je travaille.
Beaucoup.
Mon éditeur a raccourci de plusieurs mois le délai de sortie de notre prochain livre.
C’est d’un côté une énorme contrainte, et de l’autre un splendide défi.
Je comprends ses arguments… il me reste à ne pas le décevoir.

La journée commence… je reprends la plume!
J’ai une chance merveilleuse de pouvoir en vivre…

Martine Bernier

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