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Lundi, ma voisine de pallier, une dame charmante et cultivée que je vois relativement peu car sa vie se partage entre Genève et le Valais, est venue m’apporter des fleurs et prendre de mes nouvelles.
Sa soeur est décédée voici quelques années d’un problème de santé apparenté à celui que je traverse en ce moment, ce qui la sensibilise à cet épisode délicat de ma vie.
C’est au cours de notre conversation qu’elle m’a appris que son mari était peintre.
J’ai toujours un moment de méfiance lorsque quelqu’un me confie ce genre de choses.
Tout le monde ou presque s’est essayé avec plus ou moins de succès à la peinture, ce qui ne veut pas dire qu’il est peintre pour autant.
Je suis devenue nettement plus attentive lorsqu’elle m’a expliqué qu’il avait beaucoup exposé, et notamment au Grand Palais, à Paris.
Là.. nous ne parlions plus d’un amateur.
Je l’ai interrogée pour en savoir un peu plus.

Il s’appelait René-Pierre Rosset.
Né dans une famille paysanne, il n’était pas destiné à embrasser une carrière artistique.
A 12 ans, il gardait les troupeaux.
Mais ce n’était pas son rêve.
Et c’est pour cela qu’il est parti.
Vendeur de journaux à 17 ans, il a réussi à entrer aux Beaux-Arts
Et là se passe un petit miracle.
Le grand peintre Maurice Utrillo se prend d’affection pour lui, lui enseigne les couleurs.
Et il va retrouver l’espoir, l’envie.
De retour en Suisse, il a travaillé, travaillé… et est devenu un peintre connu.

J’ai découvert trois de ses tableaux accrochés dans le salon de son épouse, et quelques autres reproduites dans un catalogue d’exposition.
Une sensationnelle vue de Genève, « Place du Bourg-de Four », des corps de femmes abandonnées, des paysages…
Ce matin, ma voisine, à laquelle je confiais l’émotion ressentie à la découverte de l’oeuvre de son mari, m’a dit qu’elle me montrerait sa collection.
J’attends ce moment avec impatience…

Martine Bernier

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