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William Turner (1775 — 1851) est sans doute le plus prolifique des peintres anglais.
Exposée jusqu’au 24 mai au Grand-Palais, à Paris, l’oeuvre de ce grand voyageur, remarquable paysagiste, prouve qu’il fut un quasi reporter avant l’heure.
Il a parcouru l’Europe croquant tout ce qui lui semblait intéressant et éditant un annuaire composé d’oeuvres littéraires et artistiques.
On considère comme un monument de la peinture son fameux tableau « La Bataille de Trafalgar » que l’artiste a revisitée avec un talent incomparable.
Il en fallait pour reproduire le drame que fut ce choc entre la flotte de la Royal Navy et la flotte franco-espagnole.
Pour mémoire, 2’180 hommes ont perdu la vie, tués ou noyés au cours de ce combat (parmi lesquels 1200 marins français) qui a également fait 4760 blessés dont 3370 Français.
Le tableau que Turner a consacré à Trafalgar est une histoire extrêmement poignante.
Excellent paysagiste, il a aussi laissé des oeuvres teintées de romantisme, des ciels tourmentés, des mers agitées, des campagnes, les plus belles villes d’Europe…
Une oeuvre d’une richesse exceptionnelle dont les Anglais peuvent être fiers.

Ce qui ne les a pas empêchés de se retrouvés confrontés à un réel problème.
A sa mort, en 1851, Turner a légué l’entièreté de son oeuvre à l’Etat.
Un cadeau inestimable.
Seulement voilà…
Quand l’Angleterre a réalisé que le leg en question comportait pas moins de 32 000 tableaux, elle a été très ennuyée.
Que faire de cet encombrant cadeau?!
A l’époque, le pays n’avait pas de musée disponible, et les toiles de Turner, trop modernes, ne plaisaient pas vraiment.
Pendant dix ans, ces oeuvres ont donc dormi, attendant des jours meilleurs.
Ce n’est qu’au bout de tout ce temps que la première salle Turner a été inaugurée à la National Gallery et que les toiles ont enfin été accrochées.

Aujourd’hui, le travail de ce peintre avant-gardiste pour son époque fascine les Anglais. Cinq millions de personnes vont voir ses tableaux chaque année à la National Gallery.

Pour la petite histoire, après l’enterrement de l’artiste à la cathédrale Saint-Paul de Londres où il souhaitait reposer, son exécuteur testamentaire a découvrir avec horreur des milliers de dessins érotiques parmi ses toiles. Le pudibond personnage n’a rien trouvé de mieux à faire que de les détruire, en majeure partie…
Soupir…

Martine Bernier

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