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Tous ceux qui se sont un peu intéressés à la vie de Descartes savent qu’il est mort d’une pneumonie, en février 1650, à Stockholm, au palais royal de Suède.
Enfin… telle est la version officielle.
Theodor Ebert, professeur de philosophie à l’université d’Erlangen (Allemagne), soutient une thèse différente.
Selon lui, le brillant mathématicien, philosophe et physicien français aurait été assassiné.
Cette thèse, il l’a présentée dans un livre, qui n’a pas encore été traduit en français: « Der rätselhafte Tod des René Descartes » (traduisez par: « La mort mystérieuse de René Descartes »).

Ce n’est pas la première fois que l’éventualité d’un crime est soulevée, ce qui ne plaît pas aux spécialistes du génial créateur du « Discours de la Méthode ».
Pour eux, c’est la vie et l’oeuvre de Descartes qui sont dignes d’intérêt, pas les circonstances de sa mort.

Cela dit, Theodor Ebert n’est pas un plaisantin.
Ceux qui ont lu son livre estiment qu’il est « austère et très documenté, et qu’il a reconstitué la vie de Descartes durant cet hiver suédois de manière très précise ».
Il en serait venu à la conclusion suivante: François Viogué, prêtre catholique et aumônier de l’ambassade de France à Stockholm aurait donné à Descartes une hostie empoisonnée à l’arsenic, histoire de l’aider à passer plus rapidement de vie à trépas.

Pourquoi?
Parce que le penseur français fascinait la jeune reine de Suède, Christine.
Luthérienne, elle était sur le point de se convertir au catholicisme avant l’arrivée de Descartes en Suède.
Viogué encourageait sur place cette conversion qu’attendait Rome avec impatience, lorsque que le Français, qui mettait en doute le dogme catholique, est arrivé à la Cour, sur la demande de la Reine avec laquelle il correspondait depuis trois ans.
Chaque matin à 5 heures, sur ordre de la souveraine, il lui donnait des cours au château.
Un supplice pour le lève-tard qu’il était… et pour ceux qui s’interrogeaient derrière la porte: mais que racontait-il à la reine???
Pour l’aumônier, ces longs conciliabules risquaient de semer le doute dans l’esprit de Christine.

Hasard ou non, le 1er février 1650, le philosophe est pris de fièvre et doit s’aliter.
Son agonie durera onze jours.
Au huitième jour, Descartes réclame un mélange de vin et de tabac, remède connu alors pour lutter contre les méfaits de l’arsenic.
Theodor Ebert pense qu’il avait compris ce qui lui arrivait…
Après le décès du philosophe, le professeur de grec de la reine, Adrien Baillet, écrira dans son journal que « cette mort est bien mystérieuse ».
Le médecin qui l’a soigné a lui aussi tenu des notes troublantes, consignant notamment tous les symptômes « bien différents de ceux d’une pneumonie ».
Parmi eux, un élément surprenant: le sang du patient était jaune…

Viogué, qui a assisté au décès de son compatriote, lui a refusé les Saints-Sacrements.
Et même après sa mort, Descartes n’a pas eu droit au repos.
Enterré à Stockholm, son corps a été réclamé par la France en 1666.
Pendant huit mois, sa dépouille a voyagé… dans une malle.
Durant le trajet, un doigt et un os pla369-t ont été dérobé.
Puis son crâne a été volé, vendu et racheté avant de se retrouver au Musée de l’Homme en 1933… sans aucune garantie que ce soit vraiment celui du Grand Homme.

Une vie brillante… une fin terrible.

Martine Bernier

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