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Je l’appelle Madame, et elle mérite ce vocable.
Dès l’instant où je l’ai rencontrée, j’ai eu de l’admiration et de la tendresse pour Thérèse.
Cela ne s’explique pas.
Je reconnais en elle un être de cran.
Cette femme volontaire et courageuse est une leader, a eu une carrière riche, dans le monde de la confection, au cours de laquelle elle a énormément travaillé, et où elle a eu d’importantes  responsabilités.
Elle pourrait être ma mère, a donc été l’une des premières femmes à s’épanouir dans le monde du travail, à assumer des responsabilités importantes tout en élévant ses trois enfants, avec son époux.
Et ce à une époque où les femmes vivaient plutôt au foyer, dans l’ombre de leur mari, parce que, bien souvent, elles n’avaient pas le choix de faire autrement.

Je l’ai rencontrée ce samedi où elle m’a accueillie dans sa maison.
Dès le premier instant, j’ai su que même si elle n’avait pas été la maman de l’homme qui m’accompagne, je l’aurais aimée.
Je me trouvais face à une femme belle, intelligente, curieuse de tout.
A l’âge où beaucoup se laissent vivre en profitant d’une retraite méritée, Thérèse a appris à maîtriser l’informatique, à naviguer sur Internet, inépuisable source de savoir.
Elle continue à créer, à coudre, à s’intéresser à mille choses.
Lorsqu’elle m’a proposé de m’entraîner dans son jardin, j’ai vécu un moment d’enchantement, comme je peux en vivre lorsque je pars en reportage dans un endroit insolite.
Ce jardin est un monde de senteurs, de couleurs, où une multitude d’espèces de plantes se cotoient.
Elle connaît chacune d’entre elles par son nom complet, y compris par son terme latin.
Sous les feuillages où derrière une fleur se cachent des abris à insectes, des mangeoires à oiseaux, des arbres à papillons, des objets que l’on ne s’attend pas à croiser…
L’endroit est odorant, beau, inattendu…
Je souris encore de l’expression amusée de notre guide découvrant une courgette poussant sur un sapin…
Discret et d’une gentillesse extrême, le mari de Thérèse, Raymond, la seconde en se chargeant de mille tâches parmi lesquelles l’arrosage de cette végétation luxuriante.
Raymond est essentiel à la vie de Thérès, comme je pense qu’elle l’est à la sienne.
Dans ce jardin , les visiteurs se sentent l’âme d’Alice au Pays des Merveilles.

Dans cette maison chaleureuse où ils m’ont accueillie avec une bonté et un naturel qui m’ont profondément émue, je me suis senti bien…
Thérèse me fascine.
Elle a la force de ces femmes qui ont du caractère, la passion de ceux qui ne gaspillent pas leur vie.
Généreuse, elle a été et reste, je crois, exigeante avec elle même et sans doute avec les autres.
Mais elle pose sur sa famille et ceux qui l’entourent un regard attentif, aime faire partager ses intérêts.  
Je comprends que son fils soit fier d’avoir une mère comme elle…

Martine Bernier

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