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Il arrive, lors de certains reportages, que l’on ait des surprises pour le moins inattendues.
Mercredi, le binôme que je forme avec Eric à la photo et moi à la plume avait rendez-vous en pleine montagne, à l’autre bout de la Suisse romande, non loin de la frontière française.
Sachant que je ne suis pas encore très vaillante, la personne qui nous recevait nous avait proposé de monter en voiture et de la laisser dans un pré.
Dans la conversation qui a suivi, alors qu’Eric commençait ses photos, mon interlocutrice m’a expliqué qu’en temps normal, les passants ne pouvaient venir qu’à pied en été.
Et que ceux qui, exceptionnellement, prenaient leur voiture, le faisaient « à leurs risques et péril ».
Je n’ai pas très bien compris ce qu’elle voulait dire, mais j’ai commencé l’interview, dehors, sous les derniers rayons de ce soleil d’automne.
Au bout d’une petite demi-heure, nous avons été interrompues par le compagnon de la maîtresse des lieux, qui est arrivé en courant alors qu’il s’apprêtait à quitter les lieux.

- Vite!! Les chevaux sont là!!!

Sa compagne m’a regardée et a réagi:

- Les chevaux? Houlà!! Il faut retirer votre voiture en vitesse!
- C’est Eric qui a les clés. Il y a un souci?
- C’est-à-dire que si vous la laissez là, ils vont la manger.
- La manger??? Ils sont autovores?
- Il n’aiment pas les voitures, alors ils les mangent.
- Ah bon?

Un peu sceptique, j’ai prévenu Eric qui est allé chercher sa Twingo pour la mettre à l’abri.
Peu après, je l’ai interrogé:
- Ils ont vraiment mangé la voiture?
- Disons que je suis arrivé à temps: ils entamaient l’essuie-glace arrière!

Lorsque l’interview a été terminée, nous avons repris la voiture.
Il y avait les traces de grands coups de langue sur la vitre.
Nous devions traverser un pâturage et…. les chevaux étaient toujours là.
J’ai enfin pu les voir.
Une quinzaine de magnifiques « Franches-Montagnes »
Rien n’est plus beau que de voir des chevaux en liberté.
Ils ont du caractère et cela se voit.
Leurs réactions sont très proches de celles des humains…
Nous avons quitté le pré au pas.

Ce jeudi, nous sommes retournés dans la même région, mais un peu plus bas, pour une seconde interview.
Anita, qui nous recevait au Mont des Cerfs, a le regard aussi bleu qu’un lac de montagne.
Elle a le coeur sur la main et réalise les croûtes au fromage les plus savoureuses qu’il m’ait été donné de goûter.
Dans la conversation, elle m’a expliqué qu’elle aime tellement les chevaux qu’elle en a une quinzaine chez elle, qu’elle lâche dans certains prés du coin.
Eric et moi nous nous sommes regardés.

- Les chevaux qui se trouvent sur la montagne voisine… ce sont les vôtres??
- Oui!!! Pourquoi?
- Ils n’ont pas du tout aimé la voiture d’Eric: nous sommes arrivés juste avant qu’ils ne commencent à la manger.

Anita m’a regardée, un petit sourire au fond des yeux:
- Ah non, c’est le contraire.
- Le contraire?
- Oui, ils les aiment tellement qu’ils ne peuvent s’empêcher de les croquer. Ils en raffolent!

Ah oui, vu comme ça…
Moralité, si vous voulez faire plaisir à un cheval de Franches-Montagnes, offrez-lui une Twingo en dessert.

Martine Bernier

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