Où tu iras, je serai…

Cette manie que j’ai de vouloir voir, visiter, découvrir, apprendre encore et toujours, a repris de plus belle depuis que les médecins m’ont annoncé que la dernière opération avait réussi.
Depuis, je suis plutôt sage: analyses médicales régulières, et une foule de choses à respecter pour que la situation ne recommence pas à se dégrader.
Ou en tout cas pas tout de suite.
Certains jours, tout est bien.
D’autres jours, comme en ce moment, les résultats ne sont pas très concluants.
C’est sans doute ce qui me donne plus que jamais l’envie de ne pas gaspiller une miette de temps.
J’ai de plus en plus de répulsion pour le temps perdu.
Pour ce que j’appelle « la misérable vie TV-tisane », pour les heures inutiles passées à regarder un écran passivement, à ne pas vivre vraiment.

Lorsque j’avoue à Celui qui m’accompagne que j’ai envie de me relancer dans des aventures nouvelles, que la vie me semblerait terne si je ne le faisais pas, il fixe sur moi son regard étrangement beau, qui ne ressemble à aucun autre.
Il m’interroge sur mes envies.
Calme, il écoute mes réponses.
Puis c’est moi qui l’interroge:

– Tu supporteras?
– Oui.
– Sûr?

Il avance sa main, recouvre la mienne, me sourit.
J’attends ce qu’il va dire.
Sa phrase arrive, sur un ton posé, son regard planté dans le mien:

– Où tu iras, je serai.

C’est simple.
Et… je sais que c’est vrai.
Lui ne ment pas.

Martine Bernier

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