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Vous êtes-vous déjà demandé quelle était la pièce de votre appartement, maison, ou igloo que vous fréquentez le plus à longueur d’année?
Certains répondront: la chambre à coucher.
D’autres le salon.
D’autres encore la cuisine.

Pour moi, rien de tout cela.
Même en comptant les nuits, la chambre est souvent désertée au gré de mes insomnies.
Le salon ne me voit que lorsque je ne suis pas seule.
Quant à la cuisine, n’en parlons pas…

La pièce que je fréquente le plus, mon antre, mon refuge, mon sanctuaire, c’est… mon bureau.
C’est fou ce que cette pièce vit, vibre.
Comme j’ai la chance d’exercer une profession qui me permet de travailler à domicile, j’y passe le plus clair de mon temps.
Mes ordinateurs, mes bouquins de travail, mes archives, le résultat de mes recherches sur certains sujets précis sont ici, avec les objets qui me rassurent et le panier de Pomme.
Comme elle ne respecte rien, elle y laisse traîner ses jouets et saute régulièrement sur mes genoux pour venir voir se que je fais et quêter un câlin.

Mon bureau…
C’est le lieu que j’emménage toujours en premier, celui que j’investis le plus.
Celui que je retrouve très tôt le matin, que je quitte presque à regret le soir, que je retrouve parfois la nuit lorsque j’ai envie de terminer un texte quand le monde dort.
Il se modèle au gré de mon emploi du temps, de mon humeur, des urgences d’écriture.
Et là, en ce moment, j’avoue que lui et moi ne nous entendons pas très bien depuis quelques jours.
Mon bureau ressemble en ce moment à la salle d’archives de Gaston Lagaffe.
Il me faudra bientôt une lampe frontale pour oser y rentrer.
J’exagère, oui, mais à peine.
Depuis quelques semaines, j’ai tellement de travail, d’articles, de livres à écrire, d’autres à présenter, de guides à reprendre, que tout autour de moi s’amoncellent des piles et des piles de livres, de documentations, de documents multiples.
Au-milieu de ce qui ressemble de plus en plus à la chaîne himalayenne d’où je m’attends à chaque instant à voir émerger un yack, je m’efforce de maintenir un petit mètre carré de zone semi désertique pour pouvoir écrire.
A chaque article terminé, j’évacue les documents qui s’y rapportent… et qui sont aussitôt remplacés par une nouvelle pile.

Dans quelques jours, je pars pour Florence.
Ce mois d’octobre est extrêmement riche, et le sera plus encore dès le 15.
Si je n’arrive pas à réduire ces hauts sommets et à ramener mon environnement à des dimensions acceptables, je crains de partir avec une valise pesant 20 tonnes, histoire de passer mes nuits florentines à m’avancer dans mon travail.
En attendant, je retourne à mon clavier en souriant.
Car en face de moi, au sommet d’une pile qui, elle ne m’appartient pas, se trouvent des objets qui me rappellent la virile mais douce présence de celui qui aime fréquenter mon repaire.

Martine Bernier

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