novembre 2010
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Lorsque Celui qui m’accompagne me quitte après le week-end, Pomme, mon bichon le vit très mal.
L’adorable Mogwaï redevient Gremlins pour deux jours pleins, voire trois, comme cette semaine.
C’est le temps qu’il lui faut pour retrouver sa sérénité.

Tout commence lorsque le réveil sonne à 3 heures du matin.
Là, elle sait que le mauvais moment est arrivé.
Elle assiste à son départ et, comme moi, vient écraser son nez contre la vitre pour lui dire au-revoir une dernière fois.
Les heures qui suivent sont toujours les mêmes.
Fatiguée, elle traîne sa mélancolie dans l’appartement durant quelques heures, puis commence à me faire comprendre que je dois jouer auprès d’elle mon rôle et celui de l’homme avec lequel elle a une relation si particulière.
Seulement voilà…
Remplacer un géant de près de deux mètres à l’énergie inépuisable et aux réactions masculines… j’en suis incapable.
Leurs galopades, leurs chamailleries, leurs aboiements (oui, j’ai bien dit « leurs »!), leurs balades au cours desquelles il la laisse évoluer librement, les « tortures » qu’il lui fait subir et qui semblent la faire rire aux éclats, font partie de leur monde.
Avec moi, le dialogue est différent.
Il lui faut donc du temps pour retrouver le rythme, pour se laisser aller à notre relation tendresse-douceur.
Si ces jours s’écoulaient sans autre réaction que les énormes soupirs qu’elle pousse lorsqu’elle se sent mal, ce serait supportable.
Mais non.
Elle régresse, fait toutes les bêtises que l’on tolère d’un chiot mais certainement plus d’une Pomme adolescente d’un an.
Lorsqu’elle voit que je suis fâchée, elle file se blottir dans son panier, le museau enfouit entre ses pattes étendues devant elle.
Comme ce fut le cas ce matin.

- Flûte, Pomme! File dans ton panier, je ne veux plus te voir! Et laisse-moi travailler!

Cinq minutes plus tard, une ombre noire se faufile près de moi.
Elle se dresse sur ses pattes de derrière, pose sa patte avant sur mon bras, gratte doucement ma manche.
Je la regarde.
Dès qu’elle réussit à capter mon regard, elle ne le lâche plus.
Elle garde sa patte en l’air et me scrute.
Je la caresse, soutient moi aussi ce regard foncé qui semble inquiet, sourit de son air sérieux et concentré:

- Toi, vraiment… Je sais bien que tu t’ennuies de Lui. Moi aussi. Mais ce n’est pas une raison pour m’empoisonner la vie…

La réconciliation scellée, elle file joyeusement chercher un jouet et me l’apporte.
La vie reprend.
Jusqu’à demain, vendredi, où je sais qu’un autre scénario va se répéter.
Une bonne heure avant que n’arrive Celui qui m’accompagne, elle va foncer à la fenêtre, renifler, tourner dans tous les coins, attendre devant la porte, retourner à la fenêtre…
Comme si elle percevait le moment où il passe la frontière.

Quand je pense que certains appellent les animaux « des bêtes »…

Martine Bernier

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