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Ne le répétez pas à Kim qui, à 4 ans, risquerait de s’en offusquer, mais, cette année, exceptionnellement, le Père Noël, qui est vraiment débordé, m’a demandé s’il pouvait déposer les cadeaux chez moi un peu en avance.
Je n’allais évidemment pas refuser.
Comme ils sont trop nombreux pour entrer dans un placard, Celui qui m’accompagne et moi les avons installés dans notre chambre, à même le sol, dans le plus grand secret.

Les premiers jours, Pomme n’a pas eu l’air de s’y intéresser.
Une ou deux fois, il m’a semblé entendre des bruits bizarres, la nuit, mais rien de bien inquiétant.
Jusqu’à hier soir.
Je venais de me coucher avec un bon bouquin, et elle avait fait de même dans son panier (sans bouquin: elle vient de finir les oeuvres complètes de Lao Tseu), la tête tournée vers les paquets colorés qu’elle regardait rêveusement.
Je l’ai vue se hisser, millimètre par millimètre, vers le cadeau le plus proche, en me lançant de petits regards en coin.
J’ai fait mine de ne rien remarquer…
Lorsqu’elle est arrivée au but, elle a pris délicatement entre ses dents l’un des tortillons de rubans décorant le paquet.
Ces tortillons, nous… pardon: le Père Noël et son lutin d’1,90 m (oui, il a bien grandi ces derniers mois) se sont appliqués à les réaliser dans les règles de l’art.
Je n’allais pas laisser ces oeuvres se faire massacrer!

- Pomme? Non!

Elle m’a regardée, a lâché le ruban instantanément, a posé sa tête sur ses pattes en poussant un soupir à fendre l’âme.

Dans la nuit, j’ai entendu le même cri très caractéristique du ruban torturé.

- Pomme! Non!

Re soupir suivi du silence.

Ce matin, vendredi, jour devenu joyeux dans ma vie: il signe le retour de Celui qui m’accompagne.
En faisant le lit, j’ai vu arriver Pomme, qui a commencé un manège hilarant.
Elle est venue me lécher la main en signe d’allégeance, puis est repartie vers la porte.
Au moment de quitter la chambre, en passant, l’air inncocent, je l’ai vue prendre le bout d’un ruban et l’entraîner avec elle en direction de la sortie.

- Pomme, enfin! Non!

Une patte en l’air, elle m’a regardée sans lâcher le tortillon.
Si elle avait pu parler, je pense que j’aurais eu droit à un discours sur cette empêcheuse de jouer en rond que je suis.
Pomme a du caractère.
Elle veut bien obéir, mais a besoin d’être bien sûre que c’est nécessaire.
Et là, elle ne comprenait pas où se situait la nécessité d’abandonner son nouveau jeu.

- Bon, j’ai compris. Viens!

Je suis allée dans l’atelier du Père Noël, ai pris un long ruban, l’ai lissé pour le transformer en immense tortillon et le lui ai donné.
Ravie, elle a galopé un bon moment avec ce jouet improvisé, le lançant, le rattrapant au vol, s’emmêlant les pattes en jappant.
Puis, soudain, elle a disparu.
Mon intuition était juste: je l’ai retrouvée dans la chambre.
Assise devant les paquets, elle n’essayait pas de les toucher.
Elle les regardait, simplement, son tortillon dans la bouche.

Et vous me demandez pourquoi ce chien me fait fondre?

Martine Bernier

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