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Archives mensuelles : janvier 2011

Ce dimanche matin, Celui qui m’accompagne avait un rendez-vous.
Comme je me déplace encore difficilement après mon expérience de la semaine dernière, il ne savait pas si j’aurais le courage de l’accompagner, dans le froid de surcroît.
C’est bien mal me connaître.
Quelques instants plus tard, nous sillonnions les routes de sa Franche-Comté, par une température largement sous zéro.
A priori, rien de palpitant.
Je n’aime plus l’hiver depuis longtemps, y compris en peinture… bien que je sache que beaucoup de peintres raffolent des nuances de couleurs que la saison leur permet.
En sortant, j’ai dû me rendre à l’évidence.
Un dimanche plutôt brumeux, un jour gris à souhait: ce n’était pas aujourd’hui que j’allais faire le plein d’images à faire rêver.
Je me trompais.
Lorsque nous sommes entrés dans la forêt, j’ai réalisé, malgré ma désormais légendaire myopie, que chaque arbre, chaque buisson était recouvert de givre.
L’épine la plus banale prenait des allures précieuses de dame de la haute société délicatement poudrée.
Des oeuvres d’art naturelles, semblant sorties des mains d’un orfèvre de génie.
Pour ne pas être en reste, l’herbe de certaines prairies arborait une couleur virant au bleu sous l’effet du gel.
Une beauté glacée, inattendue…
Une fois le rendez-vous terminé, un repas dans un restaurant chaleureux nous a redonné l’envie de prolonger l’excursion.
Et là encore, une nouvelle surprise m’attendait.
Le site désert d’anciennes forges dont les bâtiments datent du 19e siècle nous donnaient l’impression d’avoir changé d’époque, d’arpenter un décor de film…
Une immense villa, insolite par ses couleurs et son architecture dans cet environnement, demeure d’hier que l’on imaginerait facilement sur une colline de Toscane.
Plus loin, Celui qui m’accompagne a arrêté la voiture et m’a aidée à descendre une cinquantaine de mètres en contrebas de la route.
Il voulait me montrer une série de cascades.
Une atmosphère féerique, rien que pour nous.
D’autres moments forts ont jalonné cette journée surprennante par son contenu, auquel je ne m’attendais absolument pas.
Ce lundi soir, nous reprenons la route de la Suisse avant qu’il ne reparte seul jusqu’à la fin de la semaine.
Mais j’ai compris une chose, au cours de ces derniers jours.
Ses racines sont plantées dans sa terre de Franche-Comté.
Nous y reviendrons régulièrement, même lorsqu’il m’aura définitivement rejointe dans mes helvétiques contrées.
Il tient à son pays comme je tiens à l’Atlantique.

Martine Bernier

Je fais partie de ceux qui se sentent plus à l’aise dans les endroits un peu sauvages, dans les villes de dimensions humaines plutôt que dans les grandes métropoles ou dans les lieux où la foule se presse.
J’aime les villes où les gens se sourient encore, se regardent, se saluent parfois, se parlent en se croisant.
C’est dire si j’ai eu un choc lorsque j’ai appris, voici quelques jours, que la Chine avait décidé de créer une mégapole de 42 millions d’habitants en reliant neuf villes déjà existantes dans le sud du pays.
C’est pharaonique, dit-on…
J’imagine, oui.
Cette ville sera aussi grande que le territoire des Pays-bas: 41 000 m2.
220 milliards d’euros vont être consacrés à financer les infrastructures nécessaires pour équiper cette chose plus que tentaculaire en eau, énergie, télécommunications etc.
Les responsables du projet affirment que le problème écologique sera également étudié.
Ah.
Mais une ville de cette envergure… pour quoi faire, exactement?
Pour créer la plus grande zone urbaine au monde, nous dit-on.
Oui, oui… n’empêche que la région est déjà très affectée par de gros problèmes de pollution que cette ville immense ne devrait pas arranger.
Et comment se sentiront les habitants d’un lieu aussi immense?
Comment vit-on dans un tel endroit?
Ne devient-on pas fou à force de vivre dans une ville dont on a l’impression que l’on ne pourra jamais sortir tant elle est immense?
La région porte pourtant un nom à faire rêver le reste de la planète: le delta de la rivière des Perles….
Ce qui fait moins rêver, c’est que là où une partie du monde tente de préserver l’avenir de cette Terre qui nous a été prêtée, d’autres partent sur une voie différente.
Effrayante.

Martine Bernier

C’était en novembre dernier, souvenez-vous.
L’un des bâtiments mythiques du site de Pompéi, la maison des gladiateurs, s’était effondré, plongeant le monde dans la consternation.

Manque de fonds pour entretenir les lieux, coupes budgétaires dragstiques, bureaucratie italienne très compliquée, tout avait été mis en cause.
Quand un budget attribué à la culture passe, dans un pays, de 7 milliards d’euros en 2008 à 5 milliards d’euros en 2010 (soit 0,21% du budget national italien), il est clair que les musées en souffrent.
Les spécialistes redoutent que d’autres sotes soient mis en péril par manque de moyens.
Mais, à Pompéi, on s’étonne.
Aucun investissement n’a été effectué pour prévenir les effondrements, souligne Jean-Michel Tobelem, directeur de l’Insitut d’étude et de conseil Option Culture, dans une interview accordée à l’excellent Arts Magazine.
Mais, en revanche, le même Pompéi pour lequel tremblent les experts s’est doté d’animations audiovisuelles flambant neuves.
Cherchez l’erreur…

Martine Bernier