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Lorsqu’une journée très chargée se présente à moi, j’ai pris pour habitude de faire un point matinal, en compagnie de Pomme, avant de me lancer à l’assaut.
Je lui expose mon plan d’attaque, et elle opine, excitée de se savoir étroitement mêlée aux activités du jour.
C’était le cas, ce matin.

- Bon, Pomme. Il est six heures, nous sortons. Tu ne traînes pas, d’accord? Car ensuite, pas question de me gâcher le moment que je passe avec Celui qui m’accompagne avant qu’il ne parte au travail. Ensuite, j’ai quelques coups de téléphone à donner. Si tu pouvais éviter d’aboyer sur les chats du quartier pendant que je parle, ce serait chic. Après, nous attaquons l’appartement, puis j’écris. Et là, j’en ai pour la journée… D’accord?

Elle me contemple de son regard profond, assise en face de moi.
Sage comme une image, elle s’est laissée faire tandis que je lui mettais sa laisse, a rempli sa mission matinale à la perfection lors de sa première sortie.
Sage aussi pendant que je parlais sur Skype.
Tout commençait bien.
C’est après que cela s’est gâté…

Premier coup de téléphone.
Pas un bruit.
Deuxième appel, le plus important professionnellement et amicalement parlant.
Manque de chance, un passant en profite pour traverser le pré derrière la maison.
Mon Mogwaï furieux se précipite à la porte-fenêtre de la cuisine et invective l’intrus bruyamment.
Je fais mine de l’ignorer, lorsque, de l’autre côté du fil, mon interlocuteur me demande:
- C’est ton chien qui crie comme ça??
- Heu… oui. Mon fauve de 5 kg et des poussières.
Je lui aurais bien dit que « non, c’est un voisin », mais il ne m’aurait pas crue.

Lorsque ma conversation s’est terminée, j’ai jeté un regard furieux à Pomme et me suis dirigée vers la salle de bain que j’ai commencé à nettoyer.
Trois minutes plus tard, elle est arrivée en courant, a fait un remarquable dérapage contrôlé qu’elle a terminé sur le tapis de bain envoyé promener au passage, a pris le pull que je m’apprêtais à laver et a filé au galop dans son panier en traînant son trophée.
Pomme est serviable.
Très.
Trop.
Lorsqu’elle décide de participer aux tâches ménagères, il n’est plus question de tranquillité.
Elle se pend par la mâchoire à la serpillère pendant que je tente de nettoyer le carrelage, attrape tout ce qu’elle trouve et va « ranger » dans son panier, fonce boire un peu d’eau en aspergeant tout la cuisine dans son excitation, sème derrière elle les croquettes qu’elle mâchouille distraitement, saute contre moi pour me faire partager sa liesse, fait dix fois le tour de l’appartement en courant, oreilles au vent, en jappant, sème ses jouets sur tout le parcours…
Bref: lorsqu’elle décide de m’aider, mieux vaut prendre un jour de congé pour venir à bout de la tâche.
Quand enfin je suis arrivée à finir ce que j’avais prévu de faire, je l’ai prévenue.

- Pomme, maintenant ça suffit! Tu te calmes! Toi tu prends ton os, et moi j’écris. D’accord?

Je me suis installée à mon bureau.
Deux secondes plus tard, une boule de poils me sautait sur les genoux, me léchait le nez, et sautait sur mon bureau.

- Ah non! Je t’ai dit que j’ai du travail! file!

Elle s’est couchée devant mon clavier, s’est étirée de tout son long et s’est positionnée sur le dos, les pattes en l’air, pour bien me faire comprendre qu’elle souhaitait un moment câlin.
Car, depuis quelque temps, elle s’est mis dans la tête qu’elle allait AUSSI m’aider à écrire.
Je l’ai dorlotée un moment puis l’ai regardée.
Elle riait de toutes ses dents.
Elle a raison: elle a gagné.
Et finalement… j’adore perdre.

Martine Bernier

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