février 2011
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Archives mensuelles : février 2011

C’est un excellent film que celui-ci, signé Tom Hooper…
« Le discours d’un roi » raconte une histoire vraie.
Celle du père de l’actuelle reine Elisabeth, contraint de devenir roi lorsque son frère a abdiqué, à l’aube de la deuxième guerre mondiale.
Celui qui deviendra le roi Georges VI, victime d’un problème d’élocution, se retrouve confronté à ses pires angoisses.
Parler en public relève pour lui du tour de force, de l’épreuve insurmontable.
Pour l’aider, son épouse fait appel à tous les spécialistes.
Aucun n’arrive à apporter une solution valable, jusqu’au jour où ils rencontrent un thérapeute du langage qui deviendra ami du roi.

Georges VI était un homme discret.
Remarquable, Colin Firth interprète avec beaucoup de finesse ce personnage dont il nous fait partager la souffrance et le courage.
Il nous plonge au coeur de l’histoire d’un homme dont le destin n’était pas de régner.
Il lui a fallu beaucoup de force pour s’adapter à ce changement radical et exigeant.
Lionel Logue, son professeur excentrique, est magistralement joué par Geoffrey Rush, superbe d’empathie et de fantaisie.
Dans ce film annoncé comme grand favori aux Oscars, il n’y a aucun tape à l’oeil.
Même Churchill est parfait, sans aucune trace de caricature.

La cérémonie des Oscars, justement, se déroulait quelques heures après l’écriture de ces lignes.
Apparemment, je ne suis pas la seule à avoir adoré le film qui a été le grand vainqueur de la cérémonie.
Colin Firth a obtenu l’Oscar du Meilleur Acteur.
Le film a reçu également les Oscar du Meilleur Film, Meilleur Scénario et du Meilleur Réalisateur.

Martine Bernier

Il avait un charme fou, de l’esprit, du raffinement…
Les cheveux long, élégant, un chrysanthème à la boutonnière, il sortait de l’ordinaire par son apparence comme par son intelligence.
C’était un écrivain original, au look de dandy, mais capable de se battre physiquement lorsqu’il le fallait.
Né en Irlande, pays qu’il a quitté suite à un chagrin d’amour, il s’est installé en Angleterre où sa personnalité rayonnante n’a pas tardé à séduire.
Marié à Constance Lloyd dont il a eu deux fils, il a cependant affiché au grand jour son homosexualité, pivot de sa réputation sulfureuse.
Sa vie qualifiée de dissolue lui vaudra des procès et des déboires traumatisants.
Le fameux scandale Queensberry, baptisé du patronyme du Marquis du même nom qui l’avait sommé de ne plus fréquenter son fils, valu à l’artiste un procès retentissant qui se soldera par un séjour en prison.
Pourtant, en brillant orateur, Oscar Wilde avait réussi à mettre les rieurs de son côté.
Rien n’y a fait: il a écopé de deux ans de travaux forcés, la peine maximale à une époque où l’homosexualité était interdite.
L’expérience fut une souffrance pour l’écrivain qui n’arriva plus à écrire autre chose que de la correspondance pendant des mois.

A 46 ans, il mourut d’une méningite, à Paris.
Enterré à Bagneux, son corps a été finalement transporté au Père Lachaise où sa tombe reste l’une des plus fleuries et des plus visitées.
Mais pourquoi, me direz-vous?

Son esprit, son courage, sa fantaisie, son charisme…
Lorsqu’il fut rédacteur en chef du magazine « The Woman’s World », il prit la défense de la cause féministe.
Personnage haut en couleur, il ne pouvait s’empêcher de faire des traits d’esprit qui sont relatés aujourd’hui encore.
L’histoire veut, par exemple, que, lors d’un voyage aux Etats-unis, il aurait lancé au douanier: « Rien d’autre à déclarer que mon génie! »
Même si beaucoup de ses pièces de théâtre ont été interdites, il est devenu un écrivain a succès grâce à son fameux « Portrait de Dorian Gray ».

Je relis souvent les citations qui lui sont attribuées, pour le plaisir de retrouver son humour, son ironie, sa profondeur.
Parmi elles:
«Vivre est ce qu’il y a de plus beau au monde, la plupart de gens existent, c’est tout.»
«Il est deux choses des plus émouvantes dans la vie: la laideur qui se sait, et la beauté qui s’ignore.»
«Chaque fois que les cannibales sont sur le point de mourir de faim, Dieu, dans son infinie bonté, leur envoie un missionnaire bien grassouillet.»

L’humour et l’intelligence d’Oscar Wilde étaient et sont toujours reconnus.
Pourtant, après le procès qui valu une peine de prison à son mari, son épouse changea le nom de ses enfants en « Holland ».
Seul petit-fils d’Oscar Wilde, Merlin Holland explique que son grand-père était un personnage dont il ne fallait pas parler, lors des réunions familiales.
Ce qui ne l’a pas empêché de consacrer des livres à son illustre aïeul…

Martine Bernier

Modigliani, tout le monde le connaît.
Né en 1884, en Italie dans une famille de marchands juifs, il a suivi l’école des Beaux-Arts de Livourne d’abord, puis celle de Florence, après une interruption d’un an due à une maladie.
En 1906, il s’installe à Paris, fréquente notamment Pablo Picasso, Jean Cocteau et Max Jacob et présente un travail dans lequel se retrouve l’influence de Toulouse-Lautrec, des peintres fauves et de Paul Cézanne.
Mais lui aime particulièrement le portrait et le nu féminin.
Ses créations vont lui permettre de développer un style très personnel.
La peinture s’était enrichi d’un nouveau talent.
Jusqu’au jour où une rencontre avec Constantin Brancusi, l’incita à se consacrer à la sculpture.

 

En 1912, il présenta pour la première fois ses sculptures, pour la plupart inspirées à la fois de l’art Africain et de la sculpture grecque.

Regardez…
A gauche, la célèbre « Tête de Femme » qu’il a sculptée est un chef-d’oeuvre.
Pour ma part, c’est au Louvre que j’ai compris vraiment où il puisait les racines de son art.
Et particulièrement devant la « Tête des Cyclades » (à droite), ce visage plat ne comportant qu’un nez.
Un visage lisse, pur, d’une sobriété absolue, mais si beau.
Il fait irrésistiblement penser à l’oeuvre de Modigliani, tout certaines têtes de femmes tirées de l’art africain.

Au début du mois de janvier 1920, l’artiste voit sa santé se détériorer.
L’un de ses amis, le peintre Manuel Ortiz, s’inquiète de son absence et le retrouve chez lui, dans un état désespéré, tenant la main de sa compagne Jeanne enceinte de près de neuf mois.
Le médecin ne pourra rien faire: son patient meurt d’une méningite tuberculeuse le 24 janvier.
Incapable de supporter ce drame, sa compagne se donne la mort deux jours après, en se défenestrant.
Amadeo Modigliani est enterré au Père Lachaise.
Comète dans le ciel artistique, il a laissé des oeuvres majeures…

Martine Bernier