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Tout le monde vit la même chose: lorsque vous êtes confiés aux bons soins d’un spécialiste qui ne vous connaît pas encore, il vous fait refaire des analyses « fraîches » afin de mieux cerner votre cas.
Je n’ai pas échappé à la règle.
Mercredi matin, bien avant huit heures, j’ouvrais donc la porte du laboratoire où m’attendait une dame souriante, vêtue d’une blouse blanche, selon la tradition.
J’ai décliné mon identité, lui ai remis ce que je devais lui donner, et elle s’est levée:
– Je vous attendais. Nous allons passer dans la pièce d’à côté pour la prise de sang.

En retirant ma veste, j’ai annoncé:
– Je dois juste vous signaler que je ne suis pas très facile à piquer.
Elle m’a adressé un nouveau sourire, tout en préparant son matériel:
– Pas de souci, vous allez voir! Je prépare toujours bien mes prises de sang, ce qui me permet de ne jamais devoir repiquer ou de devoir « grailler » dans les veines.

En voilà une bonne nouvelle!
L’expérience m’a appris que cela se passait rarement aussi bien, mais… faisons-lui confiance.
Elle m’installe examine un bras, et pousse un petit « hum » explicite, repose mon bras, contemple l’autre, le tapote et me lance un regard perplexe:
– Vous n’avez pas de veine! Je veux dire pas de veines apparentes! Où vous pique-t-on d’habitude?
– Dans les mains, en général. Sinon, au-dessus du coude.
– Oui… le problème c’est que j’ai besoin de cinq gros flacons et que ce ne sera pas possible dans les mains… ni dans le coude. Et puis c’est douloureux dans les mains, non?
– Disons que j’ai déjà vécu des choses plus confortables.
– Et dans les bras? Personne n’y arrive jamais?
– Si, si. J’ai eu une ou deux fois de bonnes surprises. De toutes façons, je sais que c’est difficile. Donc, rassurez-vous, je ne bouge pas une oreille!
– Bien bien… Nous allons essayer. Vous allez voir, ça va bien se passer.

Cela s’est si peu bien passé qu’au bout de vingt minutes et plusieurs tentatives infructueuses, mon interlocutrice a poussé un soupir:
– Mais enfin, qu’est-ce que c’est que ça?? Vous êtes une extra-terrestre! Je n’y arrive pas! Ca ne m’est jamais arrivé en trente ans!
– C’est ma stratégie anti-vampires. J’ai branché la protection et j’ai perdu le code pour la neutraliser.

Elle m’a regardé et a éclaté de rire:
– Et vous riez?? Encore heureux que vous avez de l’humour! Vous savez, je suis vraiment désolée, mais votre cas est un cas d’hôpital. Vous m’en voudriez beaucoup si je vous demandais de revenir vendredi matin, lorsque vous m’apporterez le reste des analyses? Je vais faire venir une infirmière spécialisée.

J’ai soupiré mentalement.
Ce vendredi s’annonce très rempli, mais… ai-je le choix?

– D’accord. Vers quelle heure voulez-vous que je passe?
– Avant 7h30. Nous allons vous prendre avant l’arrivée des autres patients, pour avoir assez de temps pour y arriver.

Chic.
Je sens que je vais adorer cela!
J’ai opiné, l’ai saluée et je m’apprêtais à partir lorsqu’elle m’a lancé:
– J’espère que vous ne me voyez pas comme un vampire!

J’ai souri.
Non, non: un vampire, j’en ai bien connu un.
Il vous vide de votre substance, vous vole votre vie, copie votre mode de fonctionnement pour améliorer son existence et vous jette quand il a tout pris.
Rien à voir avec elle.

Martine Bernier

Les Ombres reviennent à travers des messages toujours anonymes.
Votre épître sur « Les Bidochons se prennent pour les héros sauveurs du Maroc » n’a pas retenu mon attention jusqu’au bout.
Je suis toujours d’accord avec vous sur le fond: heureusement que le ridicule ne tue pas.
Cela dit, les Bidochons en question peuvent se vanter d’une chose: avec des amis comme vous, ils n’ont pas besoin d’ennemis, comme dit l’adage.

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