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Il n’était pas possible de manquer l’occasion: le grand week-end de l’Ascension est prétexte à un nouveau départ.
Et, par la même occasion, à la corvée valises…
Mon sac, mon ordi et mes dossiers, le matériel pour faire l’article que j’ai envie de réaliser sur place, le sac de Pomme…
Ne rien oublier.
Pomme, justement, a déjà compris.
Elle sait que nous partons, mais ignore si elle m’accompagne ou si elle part de son côté.
Elle me contemple, morose, l’oeil torve…

- Ne fais pas cette tête: tu viens avec nous!

Je parcours l’appartement, mon Mogwaï sur les talons, à la recherche de ses jouets préférés.
Impossible d’envisager l’emmener ailleurs quelques jours sans ses os, son mouton ou son Monsieur Poulet décapité.
A force de fouilles quasi archéologiques, je finis par les dénicher, l’un enfoui dans son panier, l’autre vautré sur la terrasse.
Je ramasse mon butin, le pose sur le sac de Pomme et vais réunir mes papiers pour mes écritures du week-end.
Dans le sac, ô combien précieux, se trouvent ses trésors: ses jouets favoris, son sac de croquette, sa brosse, ses friandises…
Quelques secondes plus tard, j’entends un bruit de frottement, suivi d’une galopade.
Pomme fait irruption dans mon bureau.
Elle pose ses pattes de devant sur moi et jappe fermement.
J’ai compris: il faut la suivre, elle veut me montrer quelque chose.
Dans le hall, elle fonce vers son sac d’où dépasse la patte de son mouton et me jette un regard indigné.

- Ah non, tu ne commences pas: si je te le donne, tu vas encore le perdre et nous ne serons pas prête quand Bruno arrivera.

Je veux faire demi-tour, mais Pomme ne l’entend pas de cette oreille.
Elle attrape la patte du jouet et tire de toutes ses forces, sans succès.
Je devrais compatir… mais la scène est si drôle que j’éclate de rire.
Cette fois, j’ai la conviction qu’elle fronce les sourcils: non seulement je lui confisque ses effets personnels, mais, en prime, je me moque??

- Viens, je te donne un os, tu veux? Et puis tu as tes autres jouets, regarde! Je te rends tout cela ce soir, une fois que nous serons arrivés.

Je retourne dans mon bureau.
Quelques instants plus tard, Pomme entre dans mon bureau, tenant entre ses dents quelque chose que je distingue mal.
Dans un premier temps, je n’y fais pas attention.
Mais sa position m’intrigue.
Elle se tient debout dans l’encadrement de la porte et ne bouge pas, comme si elle voulait attirer mon attention.
Je m’approche… et je réalise qu’elle est allée chercher dans MON sac, MON foulard.

- Pomme! donne-moi ça!

Elle file au salon avec son trophée, se retourne, me regarde bien dans les yeux et… lâche le foulard avant de courir vers moi, en riant.

Si elle avait pu parler, je suis sûre que, cette phrase, je l’aurais entendue:
- Ah, alors, tu a compris? Tu trouves ça drôle que l’on te chipe tes affaires? Mmmm?

Cinq minutes plus tard, je mets le point final à un article tout en écoutant mon Mogwaï galoper dans l’appartement.
Elle joue.
Brave chien…
Je vais poser un sac dans le hall et je la vois.
Comme à chaque fois qu’elle se sait prise en faute, elle effectue un arrêt sur image.
Patte de devant droite en l’air, oreilles en bataille, elle me regarde en tenant dans sa gueule…. le mouton qu’elle a réussi à extraire de sa cachette.

Veni vidi vici.
Je m’incline.

Martine Bernier

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