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Archives mensuelles : août 2011

Il y a la TV poubelle, celle dont on parle le plus, déprimante à force de misère intellectuelle.
Il y a aussi la TV des feuilletons et des séries, distrayante, qui « tue le temps »… comme si le temps n’est pas assez rare.
Il y a la TV des ménagères de moins de cinquante ans dont on se dit, en voyant les programmes, qu’elles semblent avoir un QI de poisson rouge.
Il y a la TV des navets et Dieu sait s’il y en a.
Et puis il y a l’autre, celle qui apprend, qui rend curieux, qui passionne.

Hier, complètement par hasard, je découvre après avoir suivi les infos de France 2, que l’émission « Secrets d’Histoire » va être consacrée à.. Monet!
Pour ceux qui prendraient Ecriplume en cours de vie, il n’est peut-être pas inutile de signaler que je voue à Claude Monet et à son oeuvre une admiration sans borne.
Je me suis donc embarquée, avec Celui qui m’accompagne, dans ce voyage au coeur de la vie du Maître… en me demandant cependant ce qu’il venait faire là, sachant que les précédents volets de l’émission étaient jusqu’ici consacrés à des têtes couronnées.
Mais soit… dans son domaine, Monet est roi.

Cent minutes tout juste en immersion dans la vie du peintre, ses toiles, ses amours, sa famille, son amitié avec Clémenceau, sa maison de Giverny, ses jardins… le tout en compagnie de son biographe, d’un historien d’art, d’une descendante du marchand d’art qui a fait sa gloire et de  l’un des descendants d’Alice, sa deuxième épouse.

Cent minutes passionnantes, remarquablement bien construites, entrecoupées par le jeu de comédiens mettant en scène Monet intime.
Stéphane Bern et son équipe ont une fois de plus réalisé un travail magnifique.
Vu le nombre d’ouvrages et d’émissions que j’ai ingurgités sur le sujet, je n’ai rien appris de plus en suivant l’émission.
Mais j’en ai adoré le ton, l’ambiance, tout ce qui a permis aux spectateurs de découvrir ce génie de la peinture dans son intimité.
Là, voyez-vous, j’aime la TV.

Martine Bernier

Lorsque vous êtes l’heureux compagnon (non, pas « propriétaire », je n’aime pas le mot!) d’un bichon havanais, comme de tout autre chien à poils longs, d’ailleurs, vous devez passer  par une étape incontournable: la séance de brossage.

Pomme est jolie, et elle le sait.
Avec son nez retroussé, ses yeux vif, sa bouille joyeuse et son pelage luisant, elle a un charme fou.
Mais comme elle n’a rien d’un chien de salon, qu’elle adore se vautrer dans les feuilles mortes, fureter dans les buissons et dans l’herbette, elle a tendance, après chaque sortie, à ressembler à un hérisson hirsute.

Alors que nous sommes en déplacement chez Celui qui m’accompagne, elle pensait visiblement être à l’abri des séances de brossage bi hebdomadaires.
Raté.
Ce matin, très dépitée, elle m’a vue sortir d’un sac son peigne, sa brosse-spéciale-chien-à-poils-long, sa paire de ciseaux et… son sachet de récompenses.
Contrairement à beaucoup de ses congénères, Pomme ne fuit pas lorsqu’elle voit que je m’équipe pour m’occuper d’elle.
Assise sur un canapé, je l’ai appelée.
Elle a aussitôt sauté auprès de moi, et s’est tenue debout sur ses pattes arrières, prenant appui sur mon épaule.
Sa frimousse était à cinq centimètres de mon visage.
Ce genre de rencontre se termine toujours de la même façon.
Je lui parle, elle m’écoute, puis…. coup de langue sur ma joue et baiser sur sa truffe.

- Bon, passons aux choses sérieuses. J’ai vu un ou deux vilains noeuds qui ne vont pas nous résister longtemps, tu vas voir.

Aussitôt, elle se couche à côté de moi et entreprend de jouer avec un coussin jusqu’à le faire tomber du canapé.
Penaude, elle se penche pour le regarder, oreilles pendantes.
- Ne détourne pas la conversation: je dois te coiffer.

Pendant une vingtaine de minutes, je la brosse, m’attaque aux noeuds, en coupe certains, la cajole…
De son côté, elle se prête au jeu, mordillant la brosse lorsqu’elle en a assez.
Lorsque je pose les instruments de torture sur la table basse, mon Mogwaï reprend sa position initiale, debout contre mon épaule.
Elle veut clairement me faire passer un message.
- Oui? Tu es satisfaite de mes services?
Comme elle trépigne d’impatience, je la caresse:
- Tu peux aller jouer…
Indignée, elle recule la tête et pousse un jappement impérieux.
- Comment, wouaf?? Oh, pardon….

Crime de lèse-majesté, j’ai oublié la récompense, une pastille au yogourth.
Mon oubli réparé, elle saute du canapé, me regarde ranger, puis va se percher sur le coussin qu’elle avait chassé.
Elle glisse un regard dans ma direction, s’étire de tout son long et fait semblant de dormir.
Madame est satisfaite.

Martine Bernier

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Fidèle au poste, je l’attendais avec une délicieuse impatiente, croissante.
J’avais commandé son dernier livre plus d’un mois avant qu’il ne sorte, sans même savoir de quoi il parlerait.
Qu’importe: ici, on ne lit pas un simple livre.
On lit Amélie.
Amélie Nothomb.

Lorsque l’ouvrage est arrivé, je l’ai lu, voracement.
Et comme à chaque fois, j’ai été ensorcelée.
L’histoire, vous pouvez la lire un peu partout sur Internet:
Christina et Norman prennent sous leur aile Joe, un jeune ado de 15 ans qui souhaite apprendre l’illusionnisme avec celui qui est maître en la matière, Norman.
Norman accepte de le prendre comme apprenti?
Et très vite, il devient son « fils ».
Un inévitable triangle amoureux se crée entre les protagonistes .
Joe vit à outrance un complexe d’Œdipe tardif..
Ajoutez à cela un fond de magie, de poker, de tricherie, l’ambiance des années hippies de la fête de Burning Man, un dénouement étonnant… tout y est.

Ce qui se décrit moins, c’est le talent d’Amélie Nothomb pour aborder ses personnages complexes, leurs relations, leurs pensées…
Elle écrit avec minutie, précision, sans mots inutiles, toujours avec ce style qui lui est propre, fait évoluer les personnages dans des univers insolites.
En clair: j’aime… encore et toujours.

Martine Bernier