septembre 2011
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Archives mensuelles : septembre 2011

Pour le cas où j’aurais oublié que nous sommes vendredi, Pomme se charge de me le rappeler, chaque semaine.
Notez… c’est un peu ma faute.
Dès que j’ouvre les yeux et que je lui dis bonjour, je rajoute: « Il revient aujourd’hui! »
Pomme sait donc que nous entrons dans le jour du Grand Retour.

La matinée se passe plus ou moins normalement.
A ceci près que, dès que nous sortons, elle fonce comme un bolide là où devrait être garée la voiture de Celui qui m’accompagne.
Puis elle va inspecter minutieusement le garage pour le cas où il y serait caché, et revient, la mine déconfite.

C’est en début d’après-midi que son comportement change vraiment.
Elle ne quitte plus la terrasse, se hissant sur ses pattes arrières pour tenter de distinguer la route, fait les cent pas, que dis-je: les 100’000 pas en aller-retour lui permettant de surveiller les points stratégiques de la maison.
A la moindre portière qui claque ou voiture qui passe, elle aboie, court vers la porte, puis vers moi.
Si je lui dis qu’il est trop tôt, elle me pousse à aller dans la cuisine vérifier, par la fenêtre, qu’Il n’est pas encore là.
Son manège dure jusqu’à ce que l’arrivée de Celui que j’attends, ou plutôt que NOUS attendons, vienne la délivrer de son attente.

Etrangement, par recoupements, j’ai réalisé, avec le temps, qu’elle commence à devenir surexcitée environ deux heures avant qu’il n’arrive.
Or, il lui faut à peu près deux heures pour me rejoindre.
Coïncidence?
Peut-être, même si je sais que des études ont démontré que certains chiens commençaient à se réjouir au moment même où leur maître prenait le chemin du retour après une absence.
L’attitude de mon Mogwaï m’intrigue.
Elle semble reliée à nous par un fil subtil…
L’attachement est un mystère.

Martine Bernier

Th*** dit :

Les animaux ont un instinct que nous humain ne comprendront jamais (tendance innée déterminant des comportements spécifiques) Bon week-end.Bisous à vous deux,calins à Pomme

Connaissez-vous la petite histoire qui se cache derrière
En 2002, la ville de Paris a lancé son opération Paris-Plages qui transforme les quais de la Seine en bord de mer durant un mois.
La plage à portée de ceux qui ne partent pas en vacances…
La même année, la mairie de Paris déposait l’appellation Paris-Plages, histoire de pouvoir l’utiliser commercialement.
Seulement voilà…
Depuis 1882, il existait une station balnéaire dans le Pas-de-Calais appelée Le Touquet-Paris-Plage.
Elle utilisait joyeusement la marque Paris-Plage à des fins commerciales, ce qui ne faisait pas plaisir du tout à Paris.
Entre gens de bonne compagnie, le procès a pu être évité de justesse…
Un accord à l’amiable a été conclu: la ville du Touquet continuerait à employer le terme « Paris-Plage » (sans s) dans sa politique de communications.
Mais Paris et uniquement Paris utiliserait la marque commercialement.
Non mais!!

Quel est ce petit coin de pays qui vient se mesurer à la grande capitale, mmmm?
Ils ont osé… j’adore.

Martine Bernier

Lorsque je suis arrivée dans son village, station de montagne, Jean-François avait déjà cinquante ans bien tassés.
Moi, je n’en avais pas vingt, je commençais à peine à choisir mon destin.
C’était un homme jovial, trapu, large d’épaules, pas très grand mais costaud.
Il riait très fort.
Et pourtant, il avait un regard terriblement triste, comme perdu, que son sourire permanent n’arrivait pas à faire oublier.

Très vite, nous sommes devenus amis.
Marié, sans enfants, Jean-François me disait que j’étais « la gamine qu’il aurait aimé avoir ».
En riant, je lui répondais: « Tu n’aurais pas préféré un garçon? »
Ce à quoi il répondait: « Non, jamais! »

Il était soigné pour une dépression dont je ne connaissais pas l’origine.
Ce qui n’a pas empêché qu’un jour, en arrivant sur mon lieu de travail, une connaissance commune m’a dit que l’épouse de mon ami était arrivée juste à temps pour lui sauver la vie.
Il s’était pendu dans la grange.
Et, m’a-t-on dit, ce n’était pas la première fois.
Pendant plusieurs semaines, je ne l’ai pas vu.
Il avait été hospitalisé dans une maison de repos.
Je lui ai téléphoné plusieurs fois.
Je lui disais que je l’attendais.

Un jour, j’ai entendu son grand rire, je me suis retournée: il était là.
Nous avons été nous asseoir dans un coin, et, cette fois, je lui ai posé la question que j’évitais jusque-là.
« Dis-moi… pourquoi as-tu fait cela? Pourquoi es-tu si triste? »
Il m’a regardée longuement, ses yeux se sont remplis de larmes, et il m’a répondu:
« Parce que j’ai tué mon frère… »

Et il m’a raconté, en pleurant.
Il n’avait pas dix ans.
Deux frangins entre lesquels il y avait une petite rivalité de petits hommes.
Deux gosses qui aimaient jouer aux chevaliers, à la guerre.
Sauf que ce jour-là, la guerre a mal tourné.

Ce n’était pas voulu, un accident stupide.
Un geste malencontreux, avec leurs armes de petits garçons.
Et l’un des deux ne s’est pas relevé.

Depuis, Jean-François traînait comme autant de boulets son chagrin, sa culpabilité, la douleur de sa mère, la souffrance de son père.
Quarante ans après, il pleurait toujours, regrettait amèrement.

« Comment veux-tu que je vive avec ça… J’ai tué mon frère. »

Que vouliez-vous répondre à cela?
Tous les mots qui peuvent maigrement consoler lui avaient déjà été dits depuis des années.
Je les ai répétés, je lui ai pris la main, l’ai serrée très fort.
Nous avons parlé longuement, souvent.
Puis la vie m’a emportée ailleurs.
Je ne sais pas ce qu’il est devenu…
C’était il y a déjà longtemps.

En écoutant les informations, hier, et en découvrant le drame vécu dans cette école où une fillette a perdu la vie lors d’une bousculade, j’ai pensé à Jean-François et au petit garçon sans histoire qui a donné le coup de pied fatal.
Un accident… et une souffrance immense.

Martine Bernier