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Il est arrivé vendredi soir, lors du retour hebdomadaire de Celui qui m’accompagne.
Je ne l’ai d’abord pas remarqué.
Alors que je travaillais, j’ai levé les yeux et je l’ai vu.
Il était posé là, sur l’un des rayonnages de la bibliothèque qui me fait face lorsque j’écris.
Un képi militaire.
L’un des objets dont j’aurais pu jurer, voici quelques mois encore, que je n’en verrais jamais dans mon bureau!
Comme quoi…

- Tu l’as porté?
- Oui, bien sûr, très souvent.
- A quelles occasions?
- Le plus souvent lors de prises d’armes.

Il n’a pas donné beaucoup de détails.
J’ai laissé le képi en face de moi et je me suis contentée de lui jeter un coup d’oeil de temps en temps.

Ce lundi j’avais énormément de travail.
Mais en fin d’après-midi, je me suis décidée.
Je me suis approchée de l’objet en question, l’ai pris et l’ai dépoussiéré.
Puis je l’ai posé à côté de moi, sur mon bureau.

Ce couvre-chef (« couvre-chef »… voilà un mot qui n’a pas usurpé son sens, tiens!) m’intrigue.
Je n’avais jamais approché de près le moindre de ses congénères.
Une visière rigide noire, un bandeau de feutrine velouté, foncé lui aussi, avec, sur le devant, une sorte d’insigne d’argent brodé, difficile à décrire, ressemblant à un flambeau, sans doute significatif de l’arme dans laquelle le propriétaire du képi a servi.
Le « turban », qui est la partie supérieure, est rouge, orné de galons argentés cousus en forme de croix stylisée.

Quand j’ai eu fini de faire connaissance avec ce curieux objet, je l’ai reposé à sa place.
Le soir, lorsque nous nous sommes retrouvés sur Skype, j’ai confié à Celui qui m’accompagne que je m’étais intéressée à son drôle de chapeau.

- Je devine que chaque détail représente quelque chose, mais je ne comprends pas tout. Notamment l’insigne qu’il y a sur le devant.
- C’est la flamme. Le reste représente le grade du propriétaire et l’Arme dans laquelle il sert ou a servi.

Ce képi l’a suivi durant des années, dans son autre vie.
Je sais qu’il y tient.
Le fait qu’il l’ait déposé là, devant moi, est un geste attendrissant.
Il se sent chez lui.
Il est chez lui.

Martine Bernier

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