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Charles-Maurice Talleyrand-Périgord s’est taillé une réputation d’opportuniste qui le poursuit encore, des siècles après sa mort.
Il faut reconnaître qu’il a fait fort…
Né en 1754, il est évêque d’Autun en 1788, élu député de son ordre aux états généraux l’année suivante, puis abandonne son évêché pour assumer la fonction de chef du clergé constitutionnel.
Condamné par le pape comme schismatique, l’homme devient ministre des Relations extérieures du Directoire le 16 juillet 1797, poursuit ensuite sa carrière de diplomate successivement avec Napoléon, Louis XVIII puis Louis-Philippe…
Et c’est aux Affaires étrangères qu’il fait fortune grâce à un système de commissions qu’astucieusement, il n’encaisse pas lui-même, dans toutes ses négociations.

Trois exemples sont significatifs de sa façon de procéder.

Trois mois après sa prise de fonction comme diplomate, à la fin de 1797, Talleyrand dévoile sa vénalité lors du traité de paix de Campoformio avec l’Autriche.
Il reçoit de celle-ci un million-or contre son accord de clauses secrètes… clauses qu’il s’empresse de revendre au représentant de la Prusse à Paris contre un autre million.
Bouh, le laid!

Le 3 mai 1803, ministre de Bonaparte, alors que le Premier Consul a un grand besoin d’argent pour forger son armée, il propose à l’envoyé américain venu négocier la Nouvelle Orléans que les Etats-Unis rachètent la Louisiane toute entière.
Sur cette vente de 15 millions de dollars, il touche une commission estimée au moins à 10% qu’il place à Londres.
Seul léger souci: l’argent est mis sous séquestre par les Anglais en 1804.
Qu’à cela ne tienne: il en retrouve la jouissance, pense-t-on, en 1830, quand Louis-Philippe le nomme ambassadeur à Londres.

Entre-temps, le 28 janvier 1809, Napoléon, qui ne mâchait pas ses mots, traite Talleyrand de « merde dans un bas de soie » parce qu’il a dissuadé le tsar de s’allier avec l’Empereur afin de préserver ‘équilibre des forces en Europe.
Dès le lendemain, l’Autriche, plus satisfaite de la manoeuvre que rancunière, inscrit Talleyrand sur sa liste des fonds secrets.

Talleyrand est mort le 17 mai 1838.
Il aurait encore négocié avec l’abbé Dupanloup, « ambassadeur du Christ », le reniement de son passé révolutionnaire et sa soumission à l’Eglise.
A se demander si, ensuite, il a encore trouvé le moyen de discuter avec St Pierre pour une place au paradis!

Martine Bernier

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