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Archives quotidiennes : 21 octobre 2011

Depuis trois bons mois, je suis entrée dans une période de travail intensif.
Enormément d’articles, de mandats très différents les uns des autres.
Pomme, qui n’a pas les mêmes considérations que moi, n’apprécie pas du tout cet état de fait.
Même si je reste à son écoute, la sortant régulièrement, lui accordant du temps dès que je le peux, la dorlotant, elle erre comme une âme en peine dès que je me mets au clavier pour écrire.
Sans doute car elle sait que cela va durer longtemps, très longtemps.
Elle traîne alors son ennui dans ma bureau et à travers l’appartement, prends un jouet ou un os au passage, le délaisse au bout de cinq secondes.
Son humeur se devine à sa démarche.
Quand j’entends autour de moi le bruit de ses petits pas lents, je sais qu’elle n’est pas contente.
Elle « traîne les pieds » tristement.
Dès que je lui propose une activité ou un jouet, elle ressuscite et le pas redevient alerte, vif, joyeux.

Avant-hier, j’ai dû m’absenter pour les besoins d’un reportage.
Le retour, comme il se doit, a été salué par une explosion de joie de la part de mon Mogwaï.
Mais la journée n’était pas terminée: il fallait écrire.
Sa méthode est alors toujours la même.
Elle vient poser ses pattes sur ma cuisse, s’étire et attend que je la prenne sur mes genoux.
Je m’exécute, elle pose ses pattes avant sur mes épaules, me regarde droit dans les yeux, et m’écoute.
Car je lui parle, évidemment, tout en la caressant.
De temps en temps, elle me gratifie d’un généreux coup de langue sur la joue, comme pour approuver.
Puis je la repose par terre et je peux continuer à travailler.

Hier s’annonçait comme étant la journée la plus dure de la semaine.
De l’écriture aux aurores, un premier reportage le matin, une courte halte à midi et un autre reportage à l’autre bout de la Suisse romande.
Lors de notre conversation matinale, avec Pomme, alors que j’en étais à la partie écriture du reportage de la veille, je lui ai expliqué:
– Pas question de te laisser seule toute la journée, ne t’en fais pas. Je file au premier reportage et, à midi, nous passons te chercher, tu viens avec nous. Tu resteras dans la voiture pendant que je travaille, mais au moins tu ne seras pas seule. Ca te va?

L’après-midi, la voiture a donc été équipée avec son panier, son os.
Pour elle, l’important est d’être avec moi.
Elle adore voyager, aime regarder défiler les paysages.
La journée s’est écoulée sans heurt.
De retour chez nous, tard en fin de journée, elle a était fatiguée.
Je ne le lui ai pas encore dit, mais dès ce soir, elle aura droit à une semaine de bonheur.
Celui qui m’accompagne sera là sans discontinuer… et ma fillotte de Bretagne nous rejoindra dès demain matin.
J’ai comme l’impression que Pomme va recommencer à trottiner!

Martine Bernier

MHM dit :

Les animaux ressentent beaucoup de choses, ils ne leur manquent que la parole. Ils nous apportent beaucoup et nous donnent beaucoup d’amour.

Il y a pas mal d’années de cela, lorsque ma vie était plus axée sur la musique que sur l’écriture, quelqu’un m’a demandé si je serais d’accord de donner des leçons de guitare à sa fille.
Je l’apprenais déjà à mes fils: j’ai accepté.
C’était des cours sans prétention.
Mais peu à peu, de plus en plus d’enfants ont voulu explorer ce monde en ma compagnie.
J’enseignais les rudiments de la guitare d’accompagnement, nous jouions, nous chantions, riions beaucoup, discutions, organisions de grande fête.
Au début, une dizaine de personnes participaient au repas canadien et assistaient au feu de camp et aux prestations des enfants, chaque été, juste avant la rentrée des classes.
Sur la fin, nous étions une bonne cinquantaine.
Le temps passait, je voyais grandir mes élèves…

Un jour, après avoir eu un contact chaleureux avec ses parents, j’ai vu arriver un petit garçon haut comme trois pommes dans mon salon.
C’était Maxime.
Maxou pour les intimes.
Il était tout frêle, avait une guitare presque plus grande que lui.
D’immenses yeux foncés bordés de grands cils, un sourire un peu timide.
Maxime était l’enfant que tous les parents aimeraient avoir: posé et pourtant spontané, joyeux, créatif, intéressant, bien élevé, capable de tenir des conversations passionnantes.
Très vite, je me suis attachée à lui.
Il est devenu l’un de mes préférés, nous avions une belle complicité.
J’aimais le voir arriver, avec son sourire, ses joies et ses soucis d’écolier.
Parfois, il m’expliquait qu’il n’avait pas beaucoup entraîné les morceaux que je lui donnais, parce que cela lui faisait mal aux doigts, ou parce qu’il n’en avait simplement pas envie.
Pas grave: il m’aurait dit qu’il avait mangé sa guitare que je le lui aurait pardonné.
Je crois qu’il aimait bien notre heure hebdomadaire.
Il sortait du commun, n’aimait pas forcément ce que les autres aimaient.
Je me souviens que son animal préféré, à l’époque, était le lamantin!
Il était sensible, inattendu, charmant.
Sa petite soeur, avec laquelle il s’entendait merveilleusement, était aussi jolie que lui, aussi attachante.

Lorsque j’ai quitté la région avec ma famille, j’ai eu beaucoup de peine en quittant ce petit bonhomme et certains de mes autres élèves.
Les années ont passé.

Ce matin, je réalise qu’une demande de contact assortie d’un message m’attend sur Facebook.
Vingt ans après, Maxime m’avait retrouvée.
Il m’a écrit un long message m’expliquant sa vie actuelle, riche et hors des frontières de la Suisse.
J’ai regardé ses photos.
Il est devenu un beau jeune homme fin, n’a perdu ni la flamme joyeuse qu’il avait dans le regard, ni ce sourire, ni ce charme qui le rend toujours infiniment sympathique.

Je lui ai répondu, bien sûr, ravie de le retrouver.
Et j’attends avec impatience le prochain message signé « Maxou ».

Martine Bernier

Th*** dit :

Après tant d’années celà fait plaisir.