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Hier soir, au cours d’une émission consacrée à Georges Brassens, qui aurait eu 90 ans cette année, le jeune présentateur demandait à un invité comment il expliquait que l’artiste faisait à ce point partie de l’ADN des Français.
Jolie et juste phrase…
Je ne vais pas vous raconter sa vie: d’excellents livres et de magnifiques émissions s’en sont chargés.
Je suis comme la plupart d’entre nous: une inconditionnelle de l’homme comme de l’artiste.
Comme je lui suis toujours de Jacques Brel.

Brassens, je ne sais même plus comment je l’ai découvert.
Je crois qu’il a toujours été là, je l’ai toujours entendu, écouté.
J’ai dû être nourrie à ses chansons.

J’ai deux anecdotes à son sujet, dont une qui m’amuse encore aujourd’hui.

J’avais 8 ans quand mon père, qui rêvait de savoir jouer de la guitare et qui avait détecté en moi une bonne oreille musicale, m’a inscrite à un cours.
Je crois y avoir été trois fois.
Ma petite guitare avec ses cordes en acier me déchiquetait les doigts.
J’ai appris une gamme et les premières notes de « L’Eau Vive ».
Puis j’ai montré mes mains à mon père et je lui ai expliqué, avec mes mots, que je n’avais plus envie d’aller à ces cours, car la guitare faisait trop mal.
L’année suivante, mon père était mort, et je me retrouvais avec un sentiment de culpabilité.
Je ne lui avais pas fait ce plaisir…

Un an plus tard encore, j’avais un accident et je me cassais un poignet et quelques doigts de la main gauche.
La rééducation ne me rendait pas ma force.
Un jour, en écoutant « L’Auvergnat », j’ai eu envie d’accompagner Georges Brassens, pour le plaisir et pour me prouver que je pouvais « récupérer » ma main.
Au fils des semaines, j’ai hérité d’une vieille guitare dont des amis se débarrassaient, j’y ai mis des cordes en nylon, ayant retenu que les cordes étaient respectivement des mi -la-ré-sol-si-mi, je l’ai accordée sur celle de Brassens en écoutant en boucle ses chansons, et j’ai cherché pendant des heures la position des doigts, avec comme seule aide une feuille où j’avais recopié les accords basiques.
Bien plus tard, quand on me posait la question, j’expliquais que j’avais appris à jouer avec Brassens, ce que je dis toujours aujourd’hui.
Je ne pouvais pas rêver meilleur professeur!

Des années plus tard, alors que j’abordais la trentaine, j’ai fait la rencontre du chanteur Bruno Brel, neveu du Grand Jacques.
J’avais été le voir en concert, avais été bouleversée par sa voix, son talent et sa ressemblance avec son oncle, et j’avais fait sa connaissance.
Nous sommes devenus amis, et il est venu plusieurs fois, avec ses musiciens ou non, passer quelques jours chez moi.
Nous parlions, je l’écoutais chanter des nuits entières.
Je me suis occupée de la sono de deux de ses concerts, bref, nous passions de bons moments.
un soir, il m’a raconté son amitié avec Brassens et m’a tendu sa guitare en me disant: « C’est son luthier qui me l’a faite. Il l’a essayée, et l’a trouvée excellente. »
Il m’a confié la guitare que Brassen avait tenue entre les mains.
J’ai joué quelques notes.
Elle était douce et moelleuse, donnait des notes pures, solides.
Un moment d’émotion intense pour moi.

Quand Brassens est parti, en 1981, à l’âge de 60 ans, j’ai pleuré, comme des milliers de gens.
Et puis j’ai réalisé qu’il ne partirait jamais complètement.
Il nous a laissé un bel héritage et le souvenir d’un être lumineux.

Martine Bernier

Dominique Rougier dit :

Merci pour ce témoignage. Tout jeune adolescent j’ai eu l’occasion d’aller l’écouter quand il s’était produit dans ma ville. Je n’étais pas encore accro comme peu de temps après,et je n’ai pas accompagné mes frères,me disant que j’aurai le temps,plus tard. Mais le plus tard n’est jamais venu ,je m’en veux encore…

Karina Devriendt dit :

Je me rapelle quand tu chantais « le facteur » et une chanson qui disait plus au moins « la haut dans la vallée.. » et qui parlait de la vie d’une personne. C’est incroyable, mais je te vois et j’écoute ta voix et ta guitare même maintenant, sans effort. Un beau souvenir d’une amitié très spéciale.

ecriplume dit :

Je m’en souviens aussi. J’aimais et j’aime toujours Moustaki. La chanson dont tu parles était peut-être l’Eden Blues… C’était une époque de nonchalance et de légèreté. Nos 20 ans, Karine, quand les petits Suisses s’étonnaient de voir une Flamande et une Francophone s’entendre comme larronnes en foire! :)

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