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Il y a pas mal d’années de cela, lorsque ma vie était plus axée sur la musique que sur l’écriture, quelqu’un m’a demandé si je serais d’accord de donner des leçons de guitare à sa fille.
Je l’apprenais déjà à mes fils: j’ai accepté.
C’était des cours sans prétention.
Mais peu à peu, de plus en plus d’enfants ont voulu explorer ce monde en ma compagnie.
J’enseignais les rudiments de la guitare d’accompagnement, nous jouions, nous chantions, riions beaucoup, discutions, organisions de grande fête.
Au début, une dizaine de personnes participaient au repas canadien et assistaient au feu de camp et aux prestations des enfants, chaque été, juste avant la rentrée des classes.
Sur la fin, nous étions une bonne cinquantaine.
Le temps passait, je voyais grandir mes élèves…

Un jour, après avoir eu un contact chaleureux avec ses parents, j’ai vu arriver un petit garçon haut comme trois pommes dans mon salon.
C’était Maxime.
Maxou pour les intimes.
Il était tout frêle, avait une guitare presque plus grande que lui.
D’immenses yeux foncés bordés de grands cils, un sourire un peu timide.
Maxime était l’enfant que tous les parents aimeraient avoir: posé et pourtant spontané, joyeux, créatif, intéressant, bien élevé, capable de tenir des conversations passionnantes.
Très vite, je me suis attachée à lui.
Il est devenu l’un de mes préférés, nous avions une belle complicité.
J’aimais le voir arriver, avec son sourire, ses joies et ses soucis d’écolier.
Parfois, il m’expliquait qu’il n’avait pas beaucoup entraîné les morceaux que je lui donnais, parce que cela lui faisait mal aux doigts, ou parce qu’il n’en avait simplement pas envie.
Pas grave: il m’aurait dit qu’il avait mangé sa guitare que je le lui aurait pardonné.
Je crois qu’il aimait bien notre heure hebdomadaire.
Il sortait du commun, n’aimait pas forcément ce que les autres aimaient.
Je me souviens que son animal préféré, à l’époque, était le lamantin!
Il était sensible, inattendu, charmant.
Sa petite soeur, avec laquelle il s’entendait merveilleusement, était aussi jolie que lui, aussi attachante.

Lorsque j’ai quitté la région avec ma famille, j’ai eu beaucoup de peine en quittant ce petit bonhomme et certains de mes autres élèves.
Les années ont passé.

Ce matin, je réalise qu’une demande de contact assortie d’un message m’attend sur Facebook.
Vingt ans après, Maxime m’avait retrouvée.
Il m’a écrit un long message m’expliquant sa vie actuelle, riche et hors des frontières de la Suisse.
J’ai regardé ses photos.
Il est devenu un beau jeune homme fin, n’a perdu ni la flamme joyeuse qu’il avait dans le regard, ni ce sourire, ni ce charme qui le rend toujours infiniment sympathique.

Je lui ai répondu, bien sûr, ravie de le retrouver.
Et j’attends avec impatience le prochain message signé « Maxou ».

Martine Bernier

Th*** dit :

Après tant d’années celà fait plaisir.

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