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En terminant une interview, ce mercredi, chez un vigneron valaisan, la conversation s’est prolongée, comme c’est souvent le cas, prenant un tour plus intime.
Et c’est là qu’il m’a raconté l’histoire du village de son père, Randonnaz.
Randonnaz était un petit village de montagne prospère, en Valais, sur les hauts de Fully.
Les familles y vivaient heureuses jusqu’au jour où ont été terminé les travaux de correction du Rhône.
Les marécages ont été assainis et le village de Fully, entre autres, est né.
Il devenait plus intéressant financièrement de vivre en plaine plutôt qu’à la montagne où le travail se faisait rare.

Lorsque le père de mon interlocuteur vivait à Randonnaz, il ne restait plus que huit familles à y habiter.
Un jour, le village a été vendu à la Bourgoisie, qui a pris la décision de le transformer en prairie pour que le bétail puisse y paître en été.
Dans la région, ce genre d’endroit si précieux pour les agriculteurs sont rares en raison de la configuration des lieux.
En 1930, les habitants de Randonnaz ont migré vers la plaine et le village a été rayé de la carte.
Entièrement rasé, il est devenu un alpage.
Il paraît qu’il n’y reste qu’un moulin et un oratoire où sont notés les noms des anciens habitants.
Aujourd’hui, le père du vigneron qui m’a expliqué ce pan d’histoire a 90 ans.
Quand il remonte vers le village de son enfance, il n’arrive plus à situer l’emplacement de sa maison avec exactitude.
Ne reste de l’endroit que le témoignage de ceux qui l’ont connu, qui y ont vécu et qui le regrettent encore.

Randonnaz n’est pas devenu un village fantôme.
Il est retourné à la nature, emportant les souvenirs de ses anciens habitants auxquels il ne reste qu’une grande nostalgie.

Martine Bernier

http://www.revistaair.org/AIR21Randonnaz.htm

Dominique Rougier dit :

J’ai vu ainsi disparaître la maison et le terrain de mon enfance jusqu’à mes vingt ans. C’était en ville,à Pontoise .Aujourd’hui il y a des immeubles ,avec des gens qui vivent dans des espaces où ils font eux-mêmes leurs futurs souvenirs,j’évite d’y passer ,car c’est un sentiment étrange ,elle est là ,mais dans mes pensées uniquement. Ma consolation ce sont les photos .Depuis près de deux siècles nous avons la chances de garder ces témoignages…:)

ecriplume dit :

Le sentiment que tu ressens aujourd’hui est sans doute identique à celui de tous ceux qui voient disparaître leur maison d’une façon ou d’une autre. Une partie de nos vies, de nos passé qui s’efface, c’est un vide qui se comble difficilement. Comme tu le dis si bien, heureusement que les photos sont là…

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