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 La semaine dernière, un article me menait à la télévision romande, où Eric et moi sommes restés plusieurs heures en compagnie du journaliste Jean-Philippe Rapp et d’un couple dont la famille joue depuis longtemps un rôle particulier dans la vie des spectateurs Romands: Jean-Claude et Doris Perrochon. Leur histoire est émouvante… Voici l’article tel que je leur ai consacré dans l’hebdomadaire  « Terre et Nature ».

Le 28 décembre prochain, la TSR proposera un film revenant sur la vie d’une famille d’agriculteurs vaudois partie s’établir au Canada en 1976. Suivie depuis 35 ans par Jean-Philippe Rapp et Jean-Claude Chanel, la famille est devenue proche des téléspectateurs Romands qui vont découvrir ce qu’elle est devenue…

Souvenez-vous… En 1976, pour la première fois, les téléspectateurs de la TSR découvraient le quotidien d’une famille d’agriculteurs de Cheseaux-sur-Lausanne (VD), la famille Perrochon. Après avoir longuement pesé le pour et le contre, le père, Claude, en était venu à la conclusion que le domaine familial n’était pas assez grand pour assurer l’avenir de son fils. Il avait donc pris la décision de vendre tous ses biens et d’aller s’installer au Canada avec son épouse Hidly et leurs quatre enfants, Jean-Claude, Elisabeth, Ruth et Mireille.

A la même époque, à la Télévision Suisse Romande, le journaliste Jean-Philippe Rapp et le réalisateur Jean-Claude Chanel décident de suivre l’une des nombreuses familles émigrant vers le Canada. La rencontre a lieu, le courant passe bien. Quelques mois plus tard, dans un premier film émouvant, les spectateurs découvrent cet homme de 45 ans et sa famille, assistent à la vente aux enchères de son domaine, au départ pour le Québec, à l’arrivée à Farhnam et à la découverte des nouvelles terres. Ce qui ne devait être qu’une émission  ponctuelle se mue en saga. Une histoire d’amitié naît entre les journalistes et la famille que le public a appris à aimer. A plusieurs reprises, le duo Rapp-Chanel revoit les Perrochon et deux autres films sont tournés.

Rencontre avec Jean-Claude

Trente-cinq ans après sa rencontre avec la famille vaudoise Jean-Philippe Rapp s’apprête à présenter le dernier volet de la saga, dans un documentaire tourné avec son compère Jean-Claude Chanel, malheureusement décédé en 2010. Pour l’occasion, Jean-Claude Perrochon a fait le voyage depuis le Québec avec son épouse Doris, pour être présents sur le plateau de la TSR le 28 décembre prochain.

Moustache imposante et accent chantant, il a hérité de l’humour et de la sagesse de son père. Il revient aujourd’hui avec émotion sur l’aventure vécue par sa famille: « Nos ancêtres étaient établis depuis 500 ans à Cheseaux. Partir a été très dur pour mes parents. Lorsque nous sommes arrivés à Farnham, le choc a été grand. Nous avons fait le tour de la propriété à pied, mon père et moi, et… nous n’en voyions pas le bout! »

De vrais Canadiens

Alors que son père a fortement ressenti la nostalgie de son pays natal, et la mélancolie des émigrés, Jean-Claude, lui, comme ses sœurs, a tout de suite aimé le Canada. « Mon père était très attaché à la Suisse. Il est resté très longtemps abonné à ce qui s’appelait à l’époque « Le Sillon Romand », ex Terre et Nature. Il a beaucoup souffert de ce déracinement. Mais, dans les dernières années de sa vie, alors qu’il était treize fois grand-père et qu’il a su que mon fils Joël reprendrait le flambeau du domaine, il a été heureux. Il a pu se dire qu’il avait réussi, que les nouvelles générations ont répondu à l’appel. Il a été celui qui a permis à la famille de partir, mais quand l’épreuve est arrivée, ça a été très dur pour lui. Et moi, je me suis raccroché à ses rêves pour qu’ils deviennent les miens. »

 

TROIS QUESTIONS A JEAN-PHILIPPE RAPP

-       En 1976, vous avez rencontré plusieurs familles paysannes en partance pour le Canada avant de choisir de suivre les Perrochon. Qu’avaient-ils de différent des autres?

-       Nous avions été très sensibles à l’humour de la famille. Et Claude, le père, exprimait ses sentiments, ce qu’il ressentait, de manière magnifique. Comme le fait son fils, aujourd’hui. Tous avaient une véritable philosophie familiale, doublée d’une grande foi en Dieu.

-       Comment expliquez-vous que, d’un reportage initial d’un peu moins de deux heures, vous vous soyez engagé, Jean-Claude Chanel et vous, dans une aventure de 35 ans?

C’est venu au fil du temps.  Une histoire d’amitié est née entre la famille Perrochon et nous, faite de respect et de confiance mutuels. Quand on tourne un film, il faut qu’il y ait une identification pour que cela fonctionne. Grâce à la personnalité des Perrochon, le public se reconnaissait en eux. Et, comme eux, à l’époque, nous avions rêvé le Québec. Il représentait une Terre Promise. Un reportage de 35 ans, c’est, je crois, une expérience unique. C’est leur histoire, mais aussi un peu la nôtre…

-       Y aura-t-il un jour une suite à la saga Perrochon?

Je ne pense pas, non. Vous avez vu la dernière image du film, où Hildi a enfin trouvé la force de rentrer dans ce qui fut sa maison, à Cheseaux, transformée depuis des années en hôtel. La boucle est bouclée, aujourd’hui, la famille a besoin que nous les laissions en paix…

 

 

Petit domaine devenu grand…

A Cheseaux, la famille possédait 7 hectares, mais en cultivait 13 en blé, pommes de terre, colza et fourrage, tout en s’occupant de huit vaches, une douzaine de génisses et deux ou trois cochons. Aujourd’hui, Jean-Claude est à la tête d’une ferme de 115 hectares, d’un troupeau de 130 bêtes  dont une soixantaine de vaches laitières, et cultive du maïs, du foin et des céréales. Le tout uniquement avec l’aide de son fils et d’un employé ami de la famille.

Martine Bernier

La Saga des Perrochon 28 décembre à 20h15 sur la TSR (Télévision Suisse Romande)

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