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J’ai toujours eu avec Sherlock Holmes une relation un peu particulière.
J’avais aimé les livres que j’avais lus à la fin de l’enfance.
Mais en découvrant les personnages à la télévision, bien plus tard, j’avais été déçue.
Je les trouvais vieillots et dépourvus de charme.
Donc, exit Sherlock.
Jusqu’à l’an dernier où cette même télévision a donné naissance à un « Sherlock » totalement disjoncté
Le premier des nouveaux Sherlock , diffusé par la BBC depuis 2010 et interprété par Benedict Cumbertatch, m’a beaucoup amusée.
Il devenait un personnage transposé au XX1e siècle, un peu super héros  un peu fou.
C’était inattendu et plutôt drôle.

Hier, Celui qui m’accompagne a eu envie de voir « Sherlock Holmes 2: Jeu d’ombres ».
J’y suis allée pour lui faire plaisir et… j’ai passé un très bon moment.
Mieux vaut oublier les romans et le personnage de base: vous seriez déçus.
Robert Downey campe un Sherlock dandy dont l’acuité intellectuelle est toujours aussi redoutable, mais beaucoup plus typé que les premiers détectives joués.
Il est séduisant, drôle, vif, se moque d’à peu près tout, mais est  finalement bon ami malgré son égocentrisme démesuré.

Côté second rôle, je ne m’attendais pas à ce que Jude Law, adulé du public féminin, campe Docteur Watson aussi crédible.
Quant au froid, inquiétant et sanguinaire Moriarty, il prend vie sous les traits de Jared Harris.
Les effets spéciaux du film sont redoutablement efficace, particulièrement lors de la fuite dans la forêt où les arbres sont déchiquetés sur le passage des comédiens.
Bref, Sherlock et ses acolytes ont été revisités, dépoussiérés, adaptés au public d’aujourd’hui.
Résultat, le film est rythmé, savoureux.

Martine Bernier

 

Cela se passait dans la salle…

Il y avait du monde au cinéma, ce jour-là.
Des spectateurs de tous âges, heureux d’être là.
Et puis, il est arrivé, accompagné de son père, je pense.
Ils avaient un petit air de ressemblance au niveau du visage.
Il devait avoir dix ou onze ans, et se trouvait en fauteuil roulant.
Un fauteuil électrique, doté d’une tablette qu’il pouvait utiliser avec ses coudes.
Ses bras et ses mains étaient déformés, il contrôlait mal ses gestes.
Quant ils sont arrivés, ils ont un peu hésité.
Ils ne savaient visiblement pas où se mettre.
Un employé du cinéma est arrivé et a ôté les trois premiers sièges de la première rangée.
C’est là qu’il a pris place avec son fauteuil, son père à ses côtés.
Les escaliers qui mènent en haut de la salle lui en interdisent l’accès.
S’il veut aller au cinéma, il doit s’installer là, dans l’angle, tout en bas, le nez en l’air, sur l’écran.
La plus mauvaise place alors qu’il mériterait la meilleure.
Les gens, en entrant, se trouvaient face à lui.
Ils s’éloignaient très vite, sans le regarder, un peu gênés.
Pas un regard, pas un sourire.
Lui avait un visage d’enfant, candide.
A l’entracte, il avait l’air content.
Il taquinait son père en tentant de lui poser la main sur la tête.
Ces deux-là s’entendent bien.
A la fin du film, ils sont partis très vite.
Dehors, il faisait froid, pluvieux.
Tandis que nous nous éloignions, nous les avons vus.
Son père se dirigeait vers une sorte de camionnette rouge.
Une voiture équipée.
Et lui roulait, quelques mètres derrière lui.
Sherlock m’a amusée.
Mais dans la salle, cette vie fragile m’a bouleversée.

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