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Archives quotidiennes : 29 février 2012

Saviez-vous qu’il existe deux Joconde?

Celle, bien sûr,  que tout le monde connaît, de Léonard de Vinci, et l’autre, de  Johannes Vermeer, ce maître hollandais oublié durant deux siècles.
Sa « Jeune fille à la perle », peinte en 1665 pense-t-on (il n’est pas daté), est surnommée « La Joconde du Nord ».
Et elle fascine autant que l’autre, en raison du mystère qui entoure son modèle. 
Car personne n’a jamais pu dire qui se cachait derrière ce visage pur et angélique. 

Très secret, Vermeer a peint de nombreux tableaux dont les modèles n’ont toujours pas été identifiés à ce jour.
Plus limpide est la trajectoire du tableau dont on sait qu’il a été acheté aux enchères en 1882, pour 230 florins, afin de rejoindre une collection publique.
En 1903,  la toile est léguée au Musée Mauritshuis de la Haye… et devient une star internationale.

Lorsque l’on regarde cette oeuvre, le regard est attiré par la perle. 
Cette perle… on ne voit qu’elle ou presque.
Posée au creux du cou, elle capte la lumière.
Il semblerait que ce soit l’une de ses lectures qui a inspiré à l’artiste l’idée de la perle.
Dans « L’Introduction à la vie dévote » (1608), de St François de Sales, un passage parle d’Isaac, qui, en gage de son amour, avait offert des perles à Rebecca.
Pour Vermeer, la perle devient le symbole de la chasteté, ce qui pousse les experts à penser que le tableau pourrait avoir été réalisé pour le mariage de la jeune fille.

Des lèvres nacrées entrouvertes comme si elle allait se mettre à parler, un teint de porcelaine, un fond noir qui fait encore ressortir la souplesse de la peau presque transparente, un regard qui vous fixe, les plis soyeux du foulard … mais aussi des détails inattendus comme cette perle surdimensionnée et le turban oriental, alors prisé en Europe du Nord: tout dans ce tableau est magnifiquement reproduit.

Passé maître dans l’art du clair-obscur, Vermeer y a atteint la perfection.
Le secret quant à l’identité de sa protégée, lui,  reste intact et continue à captiver.
En 2000, elle devient l’héroïne d’un livre américain signé Tracy Chevalier, qui la bombarde jeune servante protestante de 16 ans au service de Vermeer et de son épouse, couple de bourgeois catholiques de Delft. 
Possible mais pas sûr…

Lorsque Vermeer meurt, en 1675, laissant sa femme et ses enfants criblés de dettes, il laisse  ses tableaux dont quatre chef-d’oeuvres: « L’Atelier du peintre », « Vue de Delft’, « la Dentelière »  et  « La Jeune fille à la perle ».

Cette jeune fille sans identité,  sortie de l’ombre et fixée à tout jamais dans la lumineuse beauté de son adolescence….

Martine Bernier