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Il y a les catastrophes dont nous ne sommes pas responsables, comme un rocher qui tombe.
Il a celles dont nous sommes indirectement la cause, comme toutes celles liées au réchauffement climatique.
Et puis… il y a les tragédies liées à l’activité de l’homme.
Elles ont toutes  marqué la chronique en leur temps.
Et la relecture des faits ranime l’ahurissement et l’effroi face à ce qui s’est passé.

La première de celles qui me frappent le plus a eu lieu le 15 janvier 1919, à Boston.
Ce  matin-là, il faisait inhabituellement doux et ensoleillé pour la saison.
Dans le quartier Nord de la ville, les ouvriers et les habitants, essentiellement des Irlandais et des Italiens, se trouvaient dans les rues.
Vers 9 heures, un grondement sourd  a été entendu.
Et, immédiatement après, l’énorme réservoir en fonte de la distillerie Purity Company a explosé sous l’effet de la trop haute température.
Cela a détruit l’usine, pensez-vous?
Pas seulement.
Imaginez un flot de mélasse sombre, d’une hauteur de deux étages, se déversant dans la rue commerciale, jusqu’aux quais, à  une vitesse telle que ni les piétons, ni les voitures à chevaux n’ont pu s’échapper.

Plus de sept millions de litres de cette matière gluante destinée à la fabrication du rhum a englouti des dizaines de passants.
Vingt et une personnes parmi lesquelles des enfants ont perdu la vie, alors que 150 autres étaient blessées.
Des chevaux morts sur le coup, d’autres tellement couverts de mélasse que la police a dû les abattre: les témoignages parlaient d’enfer.
Poussés par la curiosité morbide qui poussent certains à se rendre sur les lieux des catastrophes, des centaines de gensn’ont pu éviter de marcher dans l’épaisse couche de mélasse qui recouvrait  la chaussée, contribuant à répandre la matière visqueuse dans tout Boston dont l’atmosphère resta irrespirable pendant une semaine entière.
Les eaux du port sont restées troubles et brunâtres pendant des mois.

 Pour les habitants, le désastre de 1919 est gravé dans la mémoire de la ville comme étant une catastrophe hors du commun, dont le souvenir est toujours douloureux.

Martine Bernier
 

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