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 Il y a quatre ans, j’ai été désignée pour accompagner un groupe de lecteurs de notre hebdomadaire « Terre et Nature » pour les accompagner lors d’un voyage en Ouzbékistan et au Kirghizistan.


C’était un très beau cadeau que me faisait là mon rédacteur en chef.

J’aime voyager, je n’ai pas hésité longtemps à accepter, faisant abstraction du fait que je vivais des événements personnels extrêmement éprouvants.
 
J’ai eu la chance de partir avec un groupe agréable.

Sur la place, la chaleur extrême (le thermomètre oscillait entre 45 et 50 degrés) nous a valu quelques mésaventures, mais avec le recul, ce sont des images magiques de ces pays lointains qui se sont mises en place dans ma mémoire.

Samarkand… le nom fait rêver.
La magnificence des monuments aux mosaïques turquoises et blanches m’a séduite.

Si le climat Ouzbek était très chaud en ce début d’été et que la misère poussait les mendiants à être à la fois nombreux et envahissants, la gentillesse de la population et la beauté du patrimoine culturel et architectural   étaient les plus beaux atouts du pays.
 

Je n’ai pas été touchée par Tachkent, la capitale.

Mais le circuit nous a entraînés dans deux villes que je n’oublierai jamais.

À 230 kilomètres de Samarkand,  Boukhara est une ville très riche en  monuments historiques: la citadelle, le mausolée d’Ismaïl Samani, les minarets… 

Nous y avons passé des moments très doux.

Mais c’est à Khiva que j’ai eu le coup de foudre du voyage.

L’atmosphère y était pourtant assez lourde d’un passé souvent cruel.

Ce qui ne m’a pas empêchée d’être fortement impressionnée par ce que j’ai vu là-bas.

Il a fallu traverser le désert pendant toute une journée avant d’arriver aux portes de la ville.

Le vent soufflait sur ce désert sans dunes, poussant le sable jusqu’à recouvrir la route.

Khiva se trouve au sud-est du Turkménistan.

Une ville briguée par plusieurs vagues de conquérants au cours de l’Histoire: Perses, Grecs, Arabes, Mongols, Ouzbeks, tous l’ont convoitée.

Aujourd’hui, Khiva reste un trésor.

C’est ici que, selon la légende, Sem, le fils de Noé, creusa le puits Keivah.

Les artisans, la fabrique de tapis où nous avons vu de très jeunes femmes travailler au milieu de ces fils de soie multicolores, les monuments somptueux: tout était incroyablement dépaysant.

Dans cette région aride est né  l’un des plus grands érudits d’Ouzbékistan Al-Biruni (973 – 1048 ou 1052), qui fut mathématicien, philosophe, physicien, astrologue, historien, pharmacologue, grand voyageur et esprit de génie qui fit avancer  les sciences dans plusieurs domaines.

La nuit, lorsque mes compagnons se retiraient dans leurs chambres, j’allais souvent  m’asseoir dans les endroits d’où je pouvais voir dormir la ville, à l’ombre des  énormes minarets.

Cette culture si différente de la nôtre m’a interpellée.

Dans ces lieux où les hommes ont dû se battre contre la nature, mais aussi contre d’autres hommes pour survivre, l’histoire est marquée par l’extrême violence et le raffinement intellectuel.

Je ne retournerai pas en Ouzbékistan.

Mais je garde en moi l’éblouissant souvenir de leur maîtrise de certains arts.

Martine Bernier

 

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